Titre Original : Supergirl
2026 – Etats Unis
Genre : Super Héros
Durée : 1h48
Réalisation : Craig Gillespie
Musique : Claudia Sarne
Scénario : Ana Nogueira
Avec Milly Alcock, Eve Ridley, Matthias Schoenaerts, Diarmaid Murtagh, Jason Momoa, David Corenswet, Ferdinand Kingsley et Emily Piggford
Synopsis : Lorsqu’un adversaire aussi impitoyable qu’inattendu menace son monde, Kara Zor-El, alias Supergirl, fait équipe à contrecœur avec un improbable compagnon et s’engage dans un périple intergalactique en quête de vengeance et de justice.
Est-ce que relancer le DCU si peu de temps après la mort du DCEU était une bonne idée ? on peut bien se poser la question. Déjà car le DCEU, dès le début, était bancal, malgré un Man of Steel très sympathique, et surtout, probablement l’un des meilleurs films de cet univers étendu. La suite n’aura amené que petites et grandes déceptions, jusqu’à des dernières années catastrophiques. De 2020 à 2023, ce fut bien compliqué. Déjà car pas mal de films étaient mauvais (Wonder Woman 1984, The Flash), et surtout car… pourquoi le public se serait déplacé pour un univers déjà annoncé comme repartant de zéro à peine un an et demi après ? Mais surtout depuis 2025, il y a le tout nouveau DCU, chapeauté par James Gunn et Peter Safran. Et pourquoi pas dans le fond, Gunn étant, stylistiquement et même scénaristiquement à des années lumières de ce que fait Zack Snyder. L’un aime les filtres gris, les ralentis à outrance, la sur-stylisation, l’autre préfère les couleurs pétantes, les bandes sons cool années 80 et l’humour. D’où une guerre de fanboys en 2025 lors de la sortie du premier film du DCU, Superman. Guerre purement inutile dans le fond, puisque le Superman de Gunn n’efface pas le Man of Steel de Snyder. Et surtout, et bien moi, j’ai bien aimé les deux films, chacun avec de gros défauts, quelques lourdeurs, mais résolument des blockbusters sympathiques et faits avec sérieux. Au box-office par contre, ce fut plus compliqué, car Superman avait coûté 225 millions (auxquels on peut ajouter facile 100 millions pour la promo), et n’a rapporté « que » 618 millions dans le monde. Alors oui, après sa sortie cinéma, avec la VOD, les ventes des droits, tout ça tout ça, Superman n’a pas été un flop, mais il est loin d’avoir été un grand succès. Tous les regards étaient donc tournés vers la suite de l’univers étendu qui devait toujours faire ces preuves. Et le suivant sur la liste était Supergirl. Pourquoi pas. Un choix comme un autre, une manière aussi de faire oublier la précédente adaptation de 1984, et aussi une solution pour ne pas toujours reprendre les mêmes super héros, encore et encore. L’annonce du réalisateur Craig Gillespie à la barre, lui a qui on devait Cruella, I Tonya, The Finest Hours ou encore, à une lointaine époque, le remake de Fright Night, avec feu Anton Yelchin, était une bonne idée.
Sauf qu’entre cette annonce et les promesses, il y a eu quelques soucis, avec une production apparemment assez compliquée, l’existence de deux montages prouvant qu’entre James Gunn producteur et Craig Gillespie réalisateur, ça n’a pas toujours dû être simple, et surtout, un flop gigantesque au box-office malgré un budget un poil inférieur à la norme du genre, 170 millions… mais donc oui, un retour de seulement 126 millions au box-office. Alors, je ne partais pas avec de gros préjugés sur le film, qu’importe la débilité de la promo (Milly Alcock parlant du personnage comme d’une icône de la culture queer et LGBT, cool, mais on s’en bat les couilles pour un film de super héros, il faut arrêter au bout d’un moment). Le film lui s’est fait démonter par une très grande partie de la presse, que ce soit à l’étranger ou en France (50 de Metascore, 2.2/5 de moyenne presse en France), et le public n’a pas été plus tendre, tout juste 6/10 sur imdb (très bas pour le genre super héros), 2.6/5 sur allociné. Oui, ça partait plutôt mal. Pire film du genre ? Absolument pas, il faut se modérer. Faux pas et production compliquée visible ? Ça oui, c’est déjà bien plus le cas. Car malgré sa courte durée de 1h48, qui fait certes qu’on ne s’ennuie jamais, tout va trop vite dans Supergirl, et jamais, oh grand jamais, nous avons l’impression d’être devant un film cohérent, qui veut nous faire voyager, et qui met en avant une héroïne brisée et noyant son chagrin dans l’alcool. Finalement, à part le fait que Supergirl passe son temps dans les bars, elle n’est qu’un personnage type du cinéma… de James Gunn. Et c’est là le premier souci. Car on parle souvent de la fatigue des super héros. Oui, elle existe, le public maintenant ne se déplaçant probablement que pour les super héros qu’il connait, ceux qu’il préfère, d’où le carton qui fut prévisible pour Spider-man. Mais outre le nombre de films (trop nombreux) et leur qualité (vacillante pour rester polis), il y a aussi le souci clair et net que beaucoup de films se ressemblent. Et passé les bases de son scénario, Supergirl ressemble beaucoup trop à un film de James Gunn, ce qui vient parasiter en réalité la plupart des promesses du film.
Un personnage brisé, et alcoolique ? Oui, mais la caméra et les punchlines viendront la rendre cool quand même. Des ennemis différents, souvent moins forts et se servant d’armes de combats à mains nus ? Oui, mais chaque scène d’action semble coordonnées par Gunn en coulisses, jusqu’à nous abreuver presque à chaque baston d’une caméra tournante, avec ralenti et playlist cool à l’appui. Si bien qu’on ne retient rien du film que l’on n’a pas déjà vu ailleurs. Pire, il ne semble être qu’une énième copie de la formule des Gardiens de la Galaxie. Oui, c’était cool, sauf que Gunn a refait ensuite la même avec The Suicide Squad, puis la même avec Superman, et maintenant bien qu’il délègue le film à un autre réalisateur, c’est malgré tout encore et toujours la même formule. Ce qui, paradoxalement, accentue encore plus la fatigue du genre éprouvée par le public. Quant à la promesse de voyage spatial avec pleins de mondes différents à explorer, on a malheureusement la plupart du temps l’impression d’être devant du sous Mad Max où la seule chose qui change suivant les planètes sont la couleur du soleil, juste pour faire baisser ou non la puissance du personnage principal. Ni plus, ni moins. Et comme tout va vite mais que tout se ressemble, on en viendrait presque à dire que le film fait du sur-place. Pour autant, malgré tout ça, et même si oui le film n’est pas vraiment bon, il ne faut pas non plus descendre le film bêtement, car le feu DCEU a fait bien pire, et que même niveau super héroïne, le genre a eu pire, que ce soit récemment (Wonder Woman 1984, The Marvels bien que je ne l’ai pas vu) ou avant (Catwoman, Elektra). On peut au moins donner des points au film pour le fait qu’en allant vite, on ne s’ennuie pas devant l’aventure, même si on n’en retiendra rien. De même, saluons que les CGI sont pour la plupart finalisés et ont un minimum de gueule, ce qui pendant quelques années n’était plus du tout le cas dans le genre. Et puis le casting. Si les déclarations de Milly Alcock semblent (et sont) débiles, elle campe malgré tout une Supergirl de manière crédible, et le reste du casting à ses côtés s’en sort également bien, notamment la jeune Eve Ridley. Je ne serais pas aussi gentil envers Matthias Schoenaerts, jouant Krem le grand méchant, puisqu’à part être méchant, n’a aucun développement, et en réalité, aucun intérêt. Du coup, le meilleur élément à dire sur Supergirl pour le défendre, c’est que ça se regarde sans ennuyer. Malheureusement, pour le défoncer, on ne manquera pas d’arguments. Plus qu’un mauvais film, c’est une amère déception, et un film qui ressemble en fait à tous les autres du genre.

Les plus
Le casting est plutôt bon
1h48 et peu de temps morts
Visuellement ça reste solide
Les moins
L’impression de voir un énième film du genre
Ça ressemble à du James Gunn, et c’est dommage
Une envie de voyage, mais juste du sous Mad Max
Un méchant sous-exploité, voire pas du tout exploité
En bref : Supergirl est une déception, un film qui ressemble en fait à tous les autres, et surtout à tout ce que James Gunn fait, sauf qu’ici, il n’est pas réalisateur. Ça coince donc, et en prime, tout va vite, ne s’attarde jamais sur rien et ne développe absolument rien. Regardable, pas ennuyeux, mais vide et vain.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ The cast is pretty good ♥ 108 minutes and a good pacing ♥ Visually it’s strong often, or at least serious |
⊗ The feeling to watch just another film of the genre ⊗ It looks like a Gunn film, too bad ⊗ You want to travel, but it looks like Mad Max ⊗ The bad guy is just here to be bad |
| Supergirl is a disappointment, a film looking just like all the others, especially after what Gunn did in the past, except here, he’s not the director. Everything goes too fast and nothing has any kind of development. Watchable, not boring, but empty. | |























« film qui ressemble en fait à tous les autres du genre »
C’est pour cette raison que je ne le verrai probablement jamais. Au bout d’un moment, on sature.
Un peu triste vu que le comics adapté en particulier est réputé pour être très bon, très sombre, mais aussi et surtout très fantaisiste (apparemment, il y a des dinosaures de l’espace!!!! des dinosaures ! Mais c’est pas dans le film…). Et puis voir une super héroïne différente, brisée, c’était aussi intéressante, comparé au côté très lumineux de Superman (en dehors des films sombres de Snyder hein). Mais oui, c’est pas mauvais, juste insignifiant, déjà vu, passe-partout.