GHOSTS OF MARS de John Carpenter


GHOSTS OF MARS

2001 – Etats-Unis
Genre : Science fiction
Budget: 28 millions $
Sortie française le 21 Novembre 2001

Réalisation: John Carpenter
Musique: John Carpenter
Scénario: John Carpenter et Larry Sulkis
Avec Natasha Henstridge, Ice Cube, Jason Statham, Clea DuVall et Pam Grier

Synopsis: En 2176, la Terre a fait de Mars une colonie minière où 640 000 personnes tentent de vivre dans un environnement hostile. A Chryse, la capitale de la vallée sud, le lieutenant Mélanie Ballard et son équipe reçoivent l’ordre de transférer James « Desolation » Williams, un criminel de la pire espèce, à la Cour de justice. Ils débarquent alors dans la ville abandonnée de Shining Canyon. Seuls Desolation et une poigné de détenus, enfermés dans leur cellule, semblent être les rescapés d’une terrible catastrophe. Des cadavres mutilés jonchent les couloirs de la prison. Au même moment, au fond du cratère de la mine à ciel ouvert, un étrange rituel se déroule. Des milliers de guerriers en transe s’adonnent à des rites barbares et sanglants.

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Carpenter, réalisateur culte des séries B à l’ancienne, auteur de plusieurs chefs d’œuvres, mais aussi parfois d’œuvres moyennes. Après avoir réalisé la suite de New York 1997, Los Angeles 2013, en 1996, s’offrant un gros budget pour mettre en scène un univers futuriste fun mais pas toujours réussi, puis après avoir fait Vampires en 1998 où il mettait au goût du jour dans une ambiance de western le fameux mythe dans un film sympathique respirant la bad-ass attitude, il revenait sur les grands écrans en 2001 avec Ghosts of Mars, un film bien encré dans sa thématique, mais peu glorieux. Tout partait du bon pied, malgré des défauts très rapidement apparent. Ainsi, on se retrouve dans un univers de science fiction encore une fois teinté de western (avec l’attaque d’un train à un moment) mettant en scène une super équipe de flics dans une société gérée par les femmes, qui doivent se rendre dans une ville de Mars afin d’y transporter vers la capitale un prisonnier important. On retrouve dans ces premiers instants la science fiction de Los Angeles 2013, le côté western de Vampires mais aussi de beaucoup de films de Carpenter, l’histoire du transfert de prisonniers, puis après la prise d’assaut, rappelant bien évidemment Assaut, un des premiers films du maître, et un de ses meilleurs. Pas de doute, Carpenter fait du Carpenter. L’histoire tient certes sur un bout de papier, mais elle nous est racontée par Mélanie (Natasha Henstridge, vue dans la mutante, ici un peu à côté de la plaque), qui va elle même dans son histoire raconter ce que les autres lui ont dit. Ainsi, l’histoire multiplie les allers retours et les différents points de vue. Elle et son équipe (on retrouve à ses côtés Jason Statham et Pam Grier, mais malheureusement aucun d’entre eux n’est convaincant) arrivent donc dans la ville pour y récupérer le prisonnier Desolation Williams, joué par Ice Cube, parlant peu, voulant faire son anti-héros à la manière de Kurt Russell dans les films que l’on connaît, mais ça ne passe pas vraiment. L’équipe se retrouve dans une ville totalement désertée, et ils vont explorer les différents bâtiments pour découvrir ce qui s’est passé dans la ville, et interroger les quelques prisonniers restants dans la prison.

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Jusque là, malgré une interprétation assez limite de la plupart des acteurs, la sauce arrive à prendre. Les décors, fait sur le plateau, ont un charme très années 80, tout comme la plupart des maquettes, la musique signée Carpenter (comme souvent) reste sympathique et dans l’optique année 80, et l’exploration des différents bâtiments stressantes. Certains points du scénario seront mêmes développés de manière réussie, comme la disparition de Pam Grier et la découverte de son corps, ou encore la prise de drogue de Mélanie qui lui sauvera la vie à un moment. Même si on a l’impression que Carpenter nous fait un best of de son œuvre (le côté western, les assauts, la critique de la société, l’univers de science fiction), il continue d’enfoncer le clou dés qu’il dévoile le fin mot de son histoire, assez rapidement, avec une histoire de possession des humains par les anciens habitants de Mars. Ici, impossible de ne pas penser à The thing, ou encore à Prince des ténèbres, deux chefs d’œuvres de Carpenter réalisés dans les années 80. Encore comme dans Assaut, criminels et policiers vont devoir faire équipe pour s’en sortir vivant, mais Ghosts of Mars n’a pas la saveur d’un des autres films de Carpenter, il lasse et ennuie rapidement. Et continuera d’ennuyer lorsque l’action fera enfin son apparition en deuxième partie (après environ 45 minutes de métrage). Les personnages vont tenter une première fois de s’évader de la ville, et seront cernés par les possédés, adeptes du piercing, de l’auto mutilation et sans doute de Marilyn Manson. Armés d’armes coupantes, de mitrailleuses, de grenades et autres fusils, ils vont faire face à cette armée qui semble invincible, et qui l’est véritablement (vu qu’une fois le corps mort, le virus s’en extrait et va vers un autre corps, et ainsi de suite). L’action est rondement menée, et la première séquence de ce style impressionne. Carpenter aime l’action, il nous l’a déjà prouvé dans le passé (Invasion Los Angeles déjà, puis ces quelques films récents), mais encore une fois, il ne sait pas quand il faut s’arrêter.

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Encore une fois donc, les séquences d’actions vont finir par s’enchaîner, et le tout va devenir lassant. Assaut dehors, assaut dans la prison, assaut à la centrale, assaut au train, et ainsi de suite. Le tout s’enchaîne et se ressemble, les personnages tirent dans le tas, les corps tombent, les grenades se lancent et les corps sont éjectés en l’air. Ce qui était fun cinq minutes devient gavant et répétitif, et le film ennuie, on en vient à souhaiter rapidement la fin du métrage. C’est sans parler du chef des martiens, le personnage de Big Daddy, apparaissant finalement bien peu, et qui n’impressionne pas du tout. Ghosts of Mars, en plus de souffrir de pas mal de défauts, que ce soit dans ses séquences, ses personnages, ou même dans l’interprétation des acteurs, est un film déséquilibré, puisqu’en fin de compte, la première partie joue sur l’ambiance, et cela fonctionne malgré ses défauts, avant de partir dans le film d’action bourrin et répétitif, et donc sans saveur, pendant toute sa seconde partie. Le dernier long métrage de Carpenter avant sa participation à la série Masters of horror sera donc loin de rester dans les mémoires, repompant tout ce qu’il a déjà fait par le passé, et saupoudrant le tout à la sauce action futuriste et western. Certaines séquences restent prenantes ou jouissives, mais rien de bien passionnant sur la longueur. Les films sur Mars sont finalement voués à être des ratages, après le Mission to Mars de De Palma.

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8

Les plus:
Des thématiques à la Carpenter
La bande son
De bonnes scènes
Les moins:
Ultra répétitif
Des personnages un peu vide
Sorte de best of de Carpenter
L’action pas toujours top

En bref: Décevant. Carpenter se répète, autant par rapport à ses précédentes œuvres que dans le film lui même, enchaînant des séquences identiques et répétitives. Il reste tout de même des choses à sauver, mais c’est peu.

2 commentaires

  1. Eh bien moi je l’aime beaucoup cette revisite de « Rio Bravo » croisée avec Hellraiser, avec ses Indiens sapés comme des Cénobites un jour d’Halloween, sa Sierra martienne et son dernier train pour Shining Canyon, et surtout cette John Wayne à forte poitrine mais camée à zéro, chargée d’escorter un un black motherfucker doté d’un nom de chanteur de Country. C’est plein de jus, ça n’en à rien à carrer de rien, bref la Carpenter classe.
    Je l’ai préféré à « Los Angeles 2013 » qui reste à mes yeux sans doute le Carpenter le plus faible avec « The Ward », et ce malgré le coup de grâce final de Snake Plissken.

    1. Beaucoup de gens aiment ce film. D’ailleurs à sa sortie, je l’avais apprécié, j’ai même l’édition collector en DVD, avec l’ost du film. Mais les visions, petit à petit, ont fait abaisser mon jugement.
      Je préfère au final largement Los Angeles 2013 et son doigt d’honneur total aux studios (on donne à Carpenter un gros studio, et finalement, il se moque lui-même du film tout en livrant un produit fun. Bancal mais fun).
      The Ward par contre, peu de souvenirs, il faudrait que je le revois pour mieux le juger.

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