DÉTOUR MORTEL 5 de Declan O’Brien


DÉTOUR MORTEL 5

Titre original : Wrong Turn 5: Bloodlines
2012 – Etats Unis
Genre: Slasher
Réalisation : Declan O’Brien
Musique: Claude Foisy
Scénario :  Declan O’Brien

Avec Doug Bradley, Camilla Arfwedson, Roxanne McKee, Simon Ginty, Oliver Hoare et Amy Lennox

Synopsis : Dans l’Ouest de la Virginie, une petite ville célèbre, en pleine période d’Halloween, un festival. L’occasion pour beaucoup de jeunes de venir faire la fête, se déguiser et finir la soirée avec un mélange d’alcool, de drogue et de sexe. Mais pas de bol, la famille de dégénérés consanguine que l’on connaît décide de s’inviter dans la petite ville et de continuer le massacre. Une bande de jeunes se retrouve prisonniers dans le commissariat avec la sheriff.

Photos 1 et 2: une ouverture pour attirer le public et des figurants qu’on ne reverra jamais.

Photos 3: Pas de doigts, pas de chocolats

La saga Détour Mortel, personne n’aurait jamais parié un seul dollar dessus. Pourtant, après un premier épisode (que je devrais revoir pour réhabiliter) qui a du fonctionner, la saga a continuée son bonhomme de chemin, et ce directement en vidéo. Un second opus à la réalisation de téléfilm, mais au ton très second degré et très gore qui aura sauvé l’entreprise. Arrivé au troisième opus, la saga tombe entre les mains de Declan O’Brien, réalisateur de génie qui nous livra à part le fameux Sharktopus (hop, tout le monde arrête de lire ma chronique). Détour Mortel 3 reprennait la même histoire que les précédents : des gens en forêt, la famille de tueurs, et voilà. Un mauvais opus qui tournait en rond et affichait des erreurs gênantes (ouais, quand on coupe un pied au couteau, on peut y aller d’un coup, il n’y a pas d’os…). Bref, un quatrième opus débarqua sous forme de préquelle, et contre toute attente, j’avais apprécié. Un changement de décors avec une forêt enneigée et un hôpital désaffecté. Ça avait plus de gueule malgré un scénario identique et surtout un budget encore plus petit. Un cinquième opus n’était vraiment pas nécessaire, et pourtant, la même équipe remballe, Declan O’Brien reprend la casquette de metteur en scène et de scénariste pour le retour de la famille tueuse. Et comme quand je commence une saga, j’aime bien finir, et bien voilà, la chronique est là !

Photo 3: Le Seigneur des Anneaux et Legolas vu par Declan O’Brien!

Quelques nouveautés viennent s’ajouter à la saga… Non, en fait, juste une. La famille est cette fois ci dirigée par un homme beaucoup plus civilisé, mais tout aussi sadique et meurtrier, qui prend un peu le rôle du père. Pour le jouer, nul autre que le bien connu des amateurs de cinéma de genre, j’ai cité Doug Bradley. Sans le maquillage de Pinhead cette fois. On avait déjà pu l’apercevoir dans quelques films de genre sans maquillages, notamment dans Killer Tongue ou bien encore Pumpkinhead 3. Bon, à part ça, l’histoire prend un peu les mêmes, et recommence. Une petite ville où on nous annonce un festival énorme, quelques figurants, une scène d’intro sanglantes et gentiment comique et puis…. Ben c’est tout, ensuite, le film se concentre sur 5 ou 6 jeunes et c’est tout. Le festival, tous les jeunes, ce n’était qu’un prétexte qui ne sert finalement à rien puisqu’on ne verra rien de tout ça. La petite ville se limitera à l’écran à quelques rues désertes et silencieuses, un terrain de foot et un commissariat. Quelle ambition ! On se doute que le budget était encore plus bas que pour les films précédents. Le réalisateur fait ce qu’il peut et sait faire, c’est à dire pas grand chose, on le sait depuis le temps, et ne donne pas vie à ses personnages ou à ses décors, c’est le calme plat. Mais ce qui nous intéresse après tout, c’est les meurtres, leurs inventivités et l’humour qui peut parfois s’en dégager.

Et de ce côté là encore une fois, on n’est pas déçu. Enfin, tout dépend de notre degré de tolérance, car rien n’est parfait. Si les meurtres sont bien violents, parfois originaux et que les effets gores sont d’un bon niveau (c’est le minimum syndical après tout), d’autres meurtres seront carrément ellipses, sans doute car notre cher Declan O’Brien n’arrivait pas à les intégrer dans sa logique scénaristique, ou par manque de budget (ou d’ambitions). Pire, le maquillage de notre famille de dégénérés fait franchement plastique cheap un peu raté. Le film n’avait pas pour vocation d’être un film d’horreur sérieux certes, mais un minimum de rigueur aurait été la bienvenue tout de même. Dans le dernier partie du film, on sent que le réalisateur a tenté de faire quelque chose de nouveau (enfin, nouveau, pour la saga) en faisant un huit clos dans un commissariat (ah, Assaut de Carpenter a du le marquer, mais O’Brien n’a pas le talent d’un Carpenter). L’idée n’est pas mauvaise, mais bon, petit ville ou pas, avec tout le raffut que la famille va causer,  on se croirait plutôt dans un village fantôme, car tout le monde s’en fou. Dans Détour Mortel 5, on peut agoniser dans la rue pendant plusieurs minutes, ou bien se faire écraser en plein carrefour par un camion en gueulant longuement, le voisinage, il s’en fou, quand c’est l’heure de dormir, rien ne le dérange. Détour Mortel 5 ne cherche pas à faire dans la cohérence, mais est bel et bien un pur produit DTV, avec quelques bonnes scènes divertissantes, un produit vite vu, qui plait sur le moment, et se fait rapidement oublier ensuite, pour le bien être mental du spectateur.

9

Les plus:

Quelques meurtres bien gore

Des meurtres inventifs

Mine de rien, c’est rythmé

Doug Bradley

Les moins:

Un film totalement incohérent

Le maquillage des tueurs

Un peu toujours la même chose

Rien d’exceptionnel à tout niveau

En bref: Un cinquième opus divertissant mais loin d’être dispensable. Les freaks tuent dans une ville déserte et… c’est tout.

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