J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE (악마를 보았다) de Kim Ji-Woon (2010)

J’AI RENCONTRÉ LE DIABLE

Titre original : I Saw the Devil – 악마를 보았다
2010 – Corée du Sud
Genre : Thriller
Durée : 2h24
Réalisation : Kim Ji-Woon
Musique : Mowg
Scénario : Park Hoon-Jung

Avec Choi Min-Sik, Lee Bying-Hun, Jeon Kuk-Hwan, Cheon Ho-Jin, Oh San-Ha et Kim Yun-Seo

Synopsis : Soo-hyun, jeune agent des services secrets sud-coréen, se lance à la poursuite du tueur en série qui a tué sa fiancée alors enceinte, avec en tête un plan de vengeance aussi diabolique que l’est le criminel avec ses victimes. Ce jeu du chat et de la souris déclenchera une terrible vague de violence…

J’ai Rencontré le Diable aura divisé, le public, les critiques, partout. Tout aura été dit, de la part de ses détracteurs et de ses fans. Au final, qui a raison, qui a tort ? Tout dépend de ce que l’on attend du film et recherche dans le film, puisque J’ai Rencontré le Diable n’est pas dénué de qualités, loin de là, mais il possède également son lot de défauts. Après le film d’horreur Deux Soeurs et le polar A Bittersweet Life, le réalisateur Coréen Kim Ji-Woon va en quelque sorte mixer les deux genres pour livrer le film de vengeance ultime. Le souci, c’est qu’il va quelque peu s’égarer en cour de route pour livrer un film bien trop long pour le message qu’il veut délivrer. Car oui, la vengeance, c’est mal, la vengeance, ça se retourne souvent contre nous, mais était-il nécessaire d’aller si loin pour faire passer ce message, et surtout était-il nécessaire de faire durer le métrage 2h20 pour nous faire tout comprendre ? Absolument pas. Pourtant, et ce malgré sa volonté première de choquer, J’ai Rencontré le Diable parvient à intéresser pendant sa première heure, sans concessions. Tout est crade, glauque, sans espoir, sanglant, violent. Le réalisateur nous dépeint d’un côté un personnage fou, un tueur en série, violeur qui plus est, joué par Choi Min-Sik (Old Boy, Lady Vengeance, que le réalisateur lui-même avait déjà dirigé dans un de ses premiers films, The Quiet Family). L’acteur livre comme souvent une excellente prestation et parvient par moment à faire véritablement froid dans le dos, malgré le côté tiré par les cheveux de certains moments du scénario, mais j’y reviendrais plus tard.

Face à lui, le réalisateur reprend Lee Bying-Hun après A Bittersweet Life dans le rôle d’un agent secret qui va vouloir venger sa fiancée, tuer par notre maniaque. À partir de là commence donc un jeu de chat et de la souris, qui va s’étirer sur un peu trop longtemps. À côté de ça, les autres personnages n’apportent rien de vraiment utile au récit, étant plutôt vite oublié (le père de la victime, revenant tardivement) ou grossièrement mis en image (l’ami cannibale du tueur en série). Et puis… et puis c’est tout. Sur ce postulat de base avec deux personnages tuant par plaisir ou par haine, le métrage s’étire. Le scénario ne fait pas dans l’originalité, entre ses personnages parfois grossièrement décrit, et ces situations qui s’enchaînent par un malheureux hasard (et ce dés la scène d’ouverture). Pour autant, durant toute sa première heure et malgré le côté complaisant volontaire de l’œuvre, Kim Ji-Woon livre un plutôt bon travail et parvient à nous accrocher. C’est crade, ça ne perd pas de temps, c’est froid, bien filmé. Car s’il y a bien quelque chose que l’on ne pourra pas reprocher à Kim Ji-Woon, c’est qu’il maîtrise son film. Il le fait gratuitement et sans se soucier du fond de son histoire ou même du propos derrière ces images par moment, mais plastiquement, c’est du bon boulot. La chasse à l’homme commence fort bien, et le métrage nous délivre quelques moments jubilatoires bien que mal amenés (la scène dans le taxi par exemple, mal amenée et finalement inutile).

Mais c’est après que ça se gâte, lorsque le scénario se décide à insérer de nouveaux personnages (le cannibale), et surtout lorsque l’histoire se met à tourner en rond. Poursuivre sa proie une fois pour lui foutre sur la gueule, ça va. Deux fois, bon oui encore. Trois fois, le procédé devient lassant, et le film commence à nous désintéresser. Et ce n’est pas en multipliant les atrocités à l’écran que l’intérêt va remonter, puisque c’est la lassitude qui s’installe. Si bien que même si la fin de l’histoire essaye de changer un peu (tout en gardant sa ligne de conduite voulant choquer le spectateur), le métrage possède un ventre mou d’une petite demi-heure qui amoindrit l’impact de son final, prévisible au possible. Le spectacle proposé n’est donc pas désagréable pour l’amateur de sensations fortes (mais pas si fortes que ça), mais le métrage se veut bien trop long, si bien que le film perd son spectateur avant la fin, ce qui est dommage. Plastiquement, c’est réussi oui, de l’éclairage aux cadrages en passant par la musique, les acteurs principaux livrent de très bonnes prestations, mais l’ensemble aurait très bien pu durer 1h30.

Les plus

Une bonne première heure

Choi Min-Sik parfait

Techniquement soigné

Les moins

Bien trop long

Situations parfois mal amenées

 

En bref : Un film de vengeance qui veut choquer mais se perd petit à petit à force de vouloir choquer justement, et à la durée bien trop longue.

2 commentaires

  1. On est d’accord. Je n’ai jamais compris pourquoi ce film était adulé – enfin si, je comprends un peu, en fait : ultra violence, réalisation ultra léchée, acteurs efficaces… Mais en grattant, que c’est artificiel, mal amené, trop long… Ce film est l’archétype même de ce que je déteste au cinéma.

    1. Vrai que même si je suis plus clément (car comme tu le dis, techniquement ça reste bien fichu, les acteurs ne sont pas mauvais), on partage le même souci avec ce film. Jamais revu (je l’ai), je ne sais pas si un jour je le reverrais, me refaire un avis avec plus de recul… mais je suis sûr que si le film avait vu ses « ambitions » à la baisse, rien qu’en coupant des personnages, une demi-heure, ça passerait déjà mieux. Pas comme un grand film. Mais une petite bobine d’exploitation faite avec sérieux (et tu nous déterres un vieil article encore ohlala)

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