HALLOWEEN de Rob Zombie (2007)

HALLOWEEN

Titre original : Halloween
2007 – Etats Unis
Genre : Slasher
Durée : 1h49
Réalisation : Rob Zombie
Musique : Tyler Bates
Scénario : Rob Zombie d’après John Carpenter et Debra Hill
Avec Malcolm McDowell, Scout Taylor-Compton, Sheri Moon Zombie, William Forsythe, Danielle Harris, Tyler Mane, Brad Dourif, Richard Lynch et Danny Trejo

Synopsis : Dans la petite ville d’Haddonfield vivent les Myers, une famille un peu particulière. Il y a Deborah, la mère stripteaseuse, son amant, Ronnie White, un alcoolique agressif, la fille aînée, Judith, 16 ans, qui déteste Michael, son petit frère et Angel le bébé. Michael est psychologiquement perturbé, il déteste tout le monde, sauf sa mère et sa petite sœur Angel qu’il surnomme « Boo ». Le soir d’Halloween, Michael décide de passer à l’acte et assassine la moitié de sa famille au couteau de cuisine, il est ensuite immédiatement placé en hôpital psychiatrique. Quinze ans plus tard, la veille d’Halloween 1990, Michael, devenu un géant de plus de deux mètres à la force inouïe, s’échappe et prend la direction d’Haddonfield pour retrouver « Boo », devenue adolescente. Le Docteur Loomis qui connait bien Michael et le danger qu’il représente se jette à ses trousses…

Comme beaucoup, l’annonce d’un remake d’Halloween m’avait terrifié à l’époque. Il faut dire qu’en 2005, le remake de The Fog s’était avéré être une catastrophe totale. Et si la même année, le remake d’Assaut n’était pas si catastrophique, il s’éloignait souvent un peu trop de son sujet pour en faire un simple film policier. Mais l’annonce de Rob Zombie écrivant et réalisant ce remake venait quelque peu me rassurer. Quitte à avoir un remake, autant avoir derrière la caméra un réalisateur qui a un univers bien à lui. Certes, il n’avait que deux films derrière lui (House of 1000 Corpses, que je ne supporte pas, et The Devil’s Rejects, que j’adore), mais il montrait clairement qu’il avait son propre univers, son propre style de mise en scène. Pour Rob Zombie, l’opportunité de ce remake est simple : rendre hommage au film original qu’il adore, tout en se l’appropriant pour en livrer sa vision personnelle. Alors mission réussie ? Oui et non ! Clairement oui, puisque Rob Zombie livre en plus d’un remake une préquelle, détaillant ainsi la jeunesse de Michael Myers, et donnant sa vision du personnage, du pourquoi du comment. Il change les personnages pour les insérer dans son propre univers, beaucoup plus sombre, vulgaire, violent. Il parvient à surprendre par moment malgré son statut de remake, et surtout parvient à faire bien mieux que de nombreuses suites de cette trop longue saga. Mais dés lors que Rob Zombie finit son aspect préquelle et doit livrer à nouveau la même histoire, à savoir l’évasion de Michael Myers et sa recherche de Laurie Strode, la comparaison est inévitable, et le film ne surprend presque plus, d’autant plus que si Carpenter livrait une histoire simple sur 1h30, Rob Zombie a déjà utilisé plusieurs bobines pour livrer du nouveau contenu. Il ne lui reste plus qu’une heure voir moins pour respecter les 1h30 de l’original, et forcément, ça se fait plus bancal.

Pour autant, Rob Zombie livre une variation de la même histoire, change quelques données (qui trouveront leur importance dans la suite, détestée de tous sauf moi), s’approprie le fond de l’histoire, tout en devant respecter le cahier de charge d’un remake produit par Dimension Films, et si tout n’est pas parfait, il s’en sort avec les honneurs. Car c’est simple, dés les premiers instants, aucun doute, nous sommes dans l’univers de Rob Zombie. La longue première partie, parlant de la jeunesse de Michael Myers, est donc la plus réussie, et nous montre un point de vu beaucoup plus terre à terre de Michael Myers. Là où l’original ne nous expliquait pas grand-chose, se contentant d’une scène d’ouverture avant de passer des années plus tard sur l’évasion de Michael Myers pour le ramener à Haddonfield, Rob Zombie fait le choix de nous expliquer le passé de Michael Myers et sa psychologie. On se retrouve donc dans son univers : c’est vulgaire, glauque, la famille en prend pour son grade, avec le père vulgaire et désagréable au possible (William Forsythe), la mère strip-teaseuse (Sheri Moon Zombie), la sœur un peu salope. Certes, le propos est simple, mais s’inscrit à merveille dans l’univers du metteur en scène. En fan de genre, Rob Zombie en profite pour placer des caméos un peu partout d’ailleurs, de Richard Lynch (Panics, Invasion U.S.A) en directeur d’école, à Brad Dourif (Chucky) en shérif en passant par Danny Trejo (Une Nuit en Enfer, Machete) en homme de ménage dans un pénitencier, sans oublier Ken Foree (Zombie, Frombeyond) en routier.

Oui, j’aime beaucoup les 50 premières minutes du remake de Rob Zombie. Brutales, sans concessions, nouvelles surtout, avec des meurtres admirablement mis en scène, une vraie ambiance, un point de vue de cinéaste. Daeg Faerch jouant Michael Myers enfant est très convaincant, tandis que Malcolm McDowell (Orange Mécanique, Doomsday) reprend le fameux rôle du docteur Loomis joué par feu Donald Pleasence et livre une prestation over the top mais allant clairement dans la nouvelle direction voulue par Rob Zombie. Mais là où Halloween le remake déçoit clairement, c’est dans ses 50 dernières minutes, devant donc remaker le métrage de John Carpenter. Là, le réalisateur semble lié à l’original, sans arriver à s’en éloigner. Des reprises musicales du film original jusqu’à ses scènes iconiques, qui semblent parfois très similaires en terme de rendu visuel, la partie remake fonctionne moins, sans pour autant être déshonorante. Rob Zombie modifie quelques personnages, avec des choix pas toujours intéressants (Laurie et ses amies sont des jeunes femmes beaucoup plus dans l’air de notre temps), et semble livrer une copie relativement timide dans son approche (mais violente visuellement). Oui, tout n’est pas à jeter, et certains choix font même plaisir, comme celui de retrouver au casting Danielle Harris, déjà connue des fans puisqu’ayant joué Jamie Lloyd dans les épisodes 4 et 5 de la saga lorsqu’elle était enfant. Scout Taylor-Compton reprend le rôle de Jamie Lee Curtis et s’en sort finalement très bien.

Rob Zombie change également le final du métrage, le rendant plus violent, et faisant endurer beaucoup plus de choses à Laurie, mais non, la partie remake fonctionne moins. Halloween version 2007 est pourtant, dans son ensemble, et malgré des défauts certains, un bon métrage, et un bon slasher. Il ne cherche pas à jouer dans la même catégorie que l’original de Carpenter, il est beaucoup moins subtil, plus violent, plus gore. Rob Zombie fait des choix intéressants durant toute la première heure, et livre une mise en scène travaillée. Mais son film semble partagé entre deux envies : celle de s’approprier totalement le mythe, et celle de le respecter sans trop heurter les fans de la saga, nombreux. Est-ce donc un choix de Rob Zombie, ou un choix des producteurs du métrage ? L’on remarque pourtant certains choix dans le métrage qui semblent indiquer que Rob Zombie voulait véritablement se détacher de l’original. Ce qui ce confirme immédiatement à la vision de sa suite signée en 2009, détestée de tous les fans de la saga, puisque radicalement différent, infiniment plus personnel, et de mon côté, beaucoup plus réussi !

Les plus:

La première heure, intéressante

Très bonne mise en scène

Très violent

Beaucoup de caméos

Les moins:

La partie remake moins prenante

 

En bref : En pleine vague de remake, Rob Zombie s’attaquait au mythe d’Halloween pour un résultat en demi-teinte, entre le respect de l’œuvre originale et la réappropriation d’un mythe. Une bonne mise en bouche avant la suite qui bouscule tous nos acquis.

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