BLEEDER de Nicolas Winding Refn


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Titre original : Bleeder
1999 – Danemark
Genre : Drame
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Musique : Peter Peter
Scénario : Nicolas Winding Refn
Avec Kim Bodnia, Mads Mikkelsen, Rikke Louise Andersson, Liv Corfixen, Levino Jensen et Zlatko Buric

Synopsis : Léo et Louise, un jeune couple, vivent dans la banlieue de Copenhague dans un appartement en mauvais état. Léo est un ami de Lenny. Ils travaillent tous les deux au même endroit, un vidéo-club dirigé par Kitjo. Quand Léo découvre que Louise est enceinte et qu’elle ne souhaite pas avorter, il va devenir de plus en plus agressif et va sombrer dans la violence.

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Pusher avait été un gros succès en 1996, et nous découvrions un jeune cinéaste plein d’avenir, Nicolas Winding Refn. Trois ans plus tard, il revient avec une bonne partie de la même équipe pour livrer Bleeder. Bleeder, bien qu’il raconte une histoire totalement différente, est un métrage de la même vaine que Pusher. Même direction artistique et choix quasi documentaire, même aspect sombre et nihiliste, et une bonne partie des acteurs qui reviennent. Kim Bodnia joue encore une fois le personnage principal. Après le petit dealer raté, il joue ici Léo, un jeune homme vivant avec sa petite amie Louise. Une petite vie simple, dans un appartement miteux, avec comme meilleur ami Lenny, qui travaille dans un vidéo club du coin, et qui flashe sur Léa, une fille travaillant dans un restaurant non loin de là. À ce tableau vient s’ajouter Kitjo, le propriétaire du vidéo club, et Louis, le frère de Louise. Une bande de potes en apparence soudée, ayant chacun sa petite vie de son côté. En apparence, car comme dans Pusher, il va suffire d’un petit événement pour que le quotidien de nos personnages sombre dans la folie et la violence. L’événement déclencheur ici est néanmoins beaucoup plus simple, basique, et on pourra même dire faisant parti du quotidien. Tout commence car Louise est enceinte de Léo, et refuse d’avorter. Un événement simple certes, mais qui va perturber la petite vie tranquille de Léo, le faire sombrer dans la violence !

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D’ailleurs, si la démarche est identique à celle de Pusher, ça fonctionne encore une fois du tonnerre, dés le début avec la présentation des personnages, les uns après les autres, avec leur nom apparaissant à l’écran (comme dans Pusher oui). Mais là où Pusher resserrait très rapidement son intrigue autour de son personnage principal, ici, Nicolas Winding Refn prend son temps et développe les autres personnages entourant l’intrigue en les rendant tout aussi important que Léo, alors qu’à première vue, certains n’ont rien à voir avec l’intrigue. Le personnage de Lenny par exemple, joué par l’excellent Mads Mikkelsen, semblera même être plus léger que le reste du film. Il travaille dans un vidéo club, le cinéma est sa passion, il ne sait parler de rien d’autres, et lorsqu’il drague la fille de ses rêves, c’est pour lui parler de Casino de Scorsese, avant de s’enfuir en courant, se rendant sans doute compte de l’absurdité de la situation. Pourtant, son personnage met clairement en avant l’un des thèmes principaux du métrage, à savoir la solitude éprouvée par les différents personnages. Lenny est seul, entouré uniquement par les films qu’il adore (Refn en profite pour lui faire citer un nombre incroyable de cinéastes dans la scène d’ouverture, allant de Scorsese à Argento, en passant par Franco et Rollin, oui oui). De son côté, Léo se sent seul, et va rapidement sombrer dans une spirale destructrice.

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Il a l’impression que personne ne le comprend, que personne ne cherche à la comprendre, et qu’on lui impose des choix sans se soucier de ce qu’il pourrait penser. Et il va péter un câble, pour un oui ou pour un non, que ce soit un changement de place dans ses affaires par exemple pour les bricoles. Et la violence qui l’entoure ne va pas l’aider à faire de bons choix et à rester zen, loin de là. Refn n’a pas son pareil pour dépeindre des moments tendus et glauques, et après Pusher, il y parvient encore une fois à merveille. La scène devant le club, arrivant très vite, en est le parfait exemple, mais sera loin d’être le seul, puisque le film va petit à petit aller encore plus loin dans le glauque, et même parvenir à se faire plus sombre, et donc dans un sens moins accessible que sa trilogie Pusher. Malgré tout, Bleeder, s’il semble plus personnel, est aussi plus perfectible que Pusher. Le basculement de Léo paraît un peu précipité par moment, tandis que certains passages concernant Lenny semblent parfois s’étirer un peu trop en longueur. Rien de dramatique ceci dit, et Refn parvient à mettre tout le monde d’accord lors de son final, d’une noirceur à toute épreuve comme souvent. Le film fut encore une fois un énorme succès au Danemark, permettant à Refn de partir en Amérique en 2003 pour signer son film personnel Inside Job, qui fut un four au box office, l’obligeant à réaliser Pusher 2 et 3 ensuite.

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Les plus:
Retrouver les acteurs de Pusher
Une noirceur à toute épreuve
Des thèmes intéressants
Un final qui calme
Les moins:
Quelques petits faux pas

En bref : Conservant le casting, le style documentaire et la noirceur de Pusher, Nicolas Winding Refn frappe encore fort. Si son intrigue semble parfois un poil précipitée, le reste fait mouche !

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