SUEUR FROIDE DANS LA NUIT de Jimmy Sangster


SUEUR FROIDE DANS LA NUIT

Titre original : Fear in the Night
1972 – Angleterre
Genre : Thriller
Réalisation : Jimmy Sangster
Musique : John McCabe
Scénario : Jimmy Sangster et Michael Syson
Avec Judy Geeson, Joan Collins, Ralph Bates, Peter Cushing et James Cossins

Synopsis : Jeune mariée, Peggy est attaquée chez elle. Sous le choc, elle accepte de rejoindre son mari, employé dans une école privée perdue au milieu de nulle part, à la campagne. Mais le lieu isolé s’avère plutôt étrange, tout comme ses quelques habitants, notamment leur voisine, Molly, et Michael, le chef de l’école.

On le sait, et je l’ai déjà dit, mais au début des années 70, la Hammer, ce n’était plus ce que c’était. Ils cherchaient par tous les moyens à s’en sortir. Dracula eu donc une multitudes de suites, certaines œuvres deviennent plus sanglantes, d’autres plus sexuelles. Sueur Froide dans la Nuit, de son titre original Fear in the Night, est la troisième et dernière réalisation de Jimmy Sangster, que l’on connaît beaucoup plus pour avoir été le scénariste d’œuvres cultes de la Hammer, comme Le Cauchemar de Dracula et tant d’autres. Le métrage surprend, puisque la Hammer nous a bien plus habitué à des œuvres fantastiques, peuplées de monstres surnaturels (Dracula, La Momie, Frankenstein), et à un univers visuel gothique. Rien de tout ça ici, puisque le film prend la voie du thriller psychologique. Ce n’est pas une première pour Jimmy Sangster en tant que scénariste, puisqu’il avait écrit Hurler de Peur en 1961 par exemple, un thriller très sympathique réalisé par Seth Holt (dont le dernier film pour la Hammer fut La Momie Sanglante en 1971) et avec Christopher Lee. Seulement Sueur Froide dans la Nuit ne convainc jamais pleinement. Il n’est pas mauvais, mais pas mal d’aspects en font un film que l’on oubliera rapidement malgré toutes ces bonnes intentions, et quelques scènes à suspense fort réussie. Ce qui amuse, c’est de voir dés l’ouverture une certaine influence du giallo dans ce métrage anglais.

Peggy est seule chez elle, elle prépare ses valises lorsqu’elle se fait attaquer par un homme vêtu de noir, avec gants noirs. Sauf qu’en un éclair, l’attaquant prend la fuite après avoir perdu son bras gauche, une prothèse. Oui, on a l’impression de se retrouver devant un giallo, avec un indice pour deviner qui est le tueur (la prothèse), la façon de s’habiller, le mode opératoire. Seulement Sueur Froide dans la Nuit se fait bien trop prévisible, bien trop sage puisqu’il ne contient pas vraiment de meurtres, et manque la plupart du temps de rythme. Le film prend des allures passé le premier quart d’heure de huis clos à la campagne, Peggy rejoignant son mari qui travaille là-bas. Immédiatement, elle se dit que quelque chose cloche au fur et à mesure qu’elle rencontre les rares habitants du coin. Il y aura Molly, et son mari, le chef de l’école. Et puis basiquement, c’est tout, le film se déroule en huis clos avec quatre personnages. Bon point pour lui, les acteurs sont tous très bons. Judy Geeson dans le rôle principal parvient à être attachante et vulnérable dans le rôle de cette femme traquée, Ralph Bates livre une prestation tout à fait honnête dans le rôle du mari. Mais on retiendra surtout la prestation de Peter Cushing malgré son temps de présence à l’écran très réduit, ainsi que de Joan Collins dans le rôle de sa femme.

Mais un bon casting ne fait pas tout. Jimmy Sangster à la mise en scène a parfois du mal à gérer son film, il semble bien plus intéressé par les quelques scènes à suspense, comme les attaques sur Peggy ou sa fuite dans l’école à un moment que par le reste. En résulte un métrage déséquilibré, voir parfois un peu poussif dans son écriture et prévisible, mais qui retrouve immédiatement son intérêt l’instant suivant dés que le suspense revient, avec de très beaux mouvements de caméra et même un montage très efficace. Malheureusement, en tant que thriller psychologique devant semer le doute, Sueur Froide dans la Nuit se plante. Le métrage divertira, mais le métrage ne fait pas peur. Il accumule les retournements de situations mais on en voit la moitié venir, et aucun ne paraît véritablement original ou nouveau, surtout que le scénario se décide à nous les offrir plutôt tardivement ces retournements de situations. Trop tardivement, si bien que oui, le spectateur a eu tout le temps d’assimiler toutes les informations pour en arriver à ces conclusions. Une tentative d’un cinéma différent un peu décevante donc de la part de la Hammer, sans pour autant être honteuse.

Les plus

De bons acteurs
Des scènes à suspense réussies

Les moins

Très prévisible
Un peu trop lent

 
En bref : La Hammer livre un thriller psychologique sympathique mais trop prévisible pour marquer les esprits.

2 commentaires

    1. En Novembre ils sortent plusieurs films de la Hammer en Blu-Ray d’ailleurs en France. Celui-ci n’est pas dans le lot, mais dans leurs thrillers, il y a Meurtre par Procuration qui est très bon (et que j’ai vu récemment aussi, faut que j’écrive dessus).

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