HANA DAMA : PHANTOM de Satô Hisayasu


HANA DAMA : PHANTOM

Titre original : Hana-Dama: Genei – 華魂 幻影
2016 – Japon
Genre : La suite qui n’a plus grand-chose à dire
Réalisation : Satô Hisayasu
Musique : Takakuwa Hajime
Scénario : Imaoka Shinji
Avec Ohnishi Shima, Iori, Kawase Yota, Ai Kanade, Yoshizawa Ken, Mari Annu et Mikami Kan

Synopsis : Teiichi est projectionniste dans un petit cinéma de quartier qui va fermer ses portes, la pellicule faisant place au tout numérique. En pleine projection, il voit une femme en noir se refléter sur l’écran de cinéma. De retour chez lui, il retrouve cette femme en noir, et va la suivre jusqu’au cinéma, où il va la cacher dans la salle de projection.

Pour certains, Satô Hisayasu est un gros taré. Pour d’autres, c’est un réalisateur opportuniste. Pour encore d’autres, ce n’est qu’un réalisateur de films érotiques, alors que d’autres y verront un réalisateur culte, ou encore un artiste. Soyons fou, disons que Satô Hisayasu est un peu tout ça à la fois. Et pour un réalisateur ayant débuté dans le Pinku Eiga, il est l’un des rares a avoir une petite réputation à l’international, le tout grâce à un seul film, Naked Blood en 1995. Un film qui certes en a choqué plus d’un, mais a surtout marqué les esprits et proposait plus qu’un étalage de gore. Après quelques films plus soft, il était revenu en 2014 avec Hana Dama, un film dans la mouvance de Naked Blood, avec son lot de sexe, de gore, de scènes étranges, d’autres scènes malsaines au possible. Une réussite encore une fois, malgré un aspect DTV visuellement qui pourrait en déranger certains. Quelle ne fut ma surprise en voyant par hasard que le réalisateur avait livré en 2016 une suite à son film, sobrement intitulée Hana Dama : Phantom. Il n’aura pas fallut attendre longtemps pour que le métrage soit en ma possession, que je m’installe tranquillement et commence la projection du film. Seulement 1h23 au compteur ce coup-ci (le premier durait 1h45), et on retrouve dés le départ l’ambiance si particulière du métrage. Oui, des fleurs étranges sur les têtes des personnages, la même musique, un aspect DTV mais une certaine maîtrise malgré tout (pas de caméra à l’épaule, des choses bien carrées). Malheureusement, si l’on retrouve beaucoup d’éléments du premier film, cette suite ne va pas réussir à bien passionner.

On saluera pourtant l’initiative du réalisateur de vouloir faire un film presque normal durant 1h. Contrairement au premier opus, rien de totalement malsain ou presque, une intrigue qui prend son temps, pas de tortures ni rien. Je me suis au départ même prit d’une certaine nostalgie pour le film, avec son personnage de projectionniste, ce cinéma qui va fermer, la fin totale de la pellicule au profit du numérique, moins couteux. Oui, ça m’a rappelé que pendant 10 ans, j’avais travaillé dans un petit cinéma, que j’étais entouré de bobines de films, de lourds et bruyants projecteurs, qu’il fallait monter manuellement les bandes annonces et publicités avant le film… J’ai pensé qu’en plus de nous parler comme souvent des travers de la société, et de nous offrir un personnage qui se trimballe encore une fois avec sa caméra (comme dans Naked Blood), le réalisateur avait son mot à dire sur l’évolution du cinéma. Je m’étais trompé… Hana Dama : Phantom se fait très laborieux durant sa première heure. L’intrigue se fait très lente, les dialogues peu nombreux pour laisser place à l’ambiance, et si elle m’a séduit durant 20 ou 30 minutes (une mise en scène carrée, quelques moments étranges qui perturbent), le film s’est ensuite retrouvé à tourner à vide. Et passé le premier rire face à une demande particulière du gérant du cinéma face à son employée (oui, c’est Japonais, ça a un rapport avec les petites culottes), le film m’a ennuyé. Le premier opus parlait de sujets graves, et n’hésitait surtout pas à y aller à fond pour faire passer son message. Ici, tout est confus, lent, on passe rapidement d’un élément à un autre sans que rien ne soit vraiment développé.

Alors pour les connaisseurs, on me dira que oui, comme souvent, il y a le final qui part en cacahuète et permet de rattraper le tout. Sauf que même ici, ça ne fonctionne pas vraiment. Les métaphores du premier film, les travers des personnages, rien n’est vraiment intéressant puisque le métrage s’est beaucoup trop éparpillé auparavant. Le réalisateur pourtant redouble d’inventivité (et de perversité également) pour nous surprendre, mais comme au final, cette fin ne fait que reprendre le schémas du premier film pour nous fournir moins bien, et donc moins surprenant, la sauce ne prend pas vraiment. Les moments gores ne surprendront pas, les quelques passages plus osés semblent arriver juste histoire de. Alors oui, on aura un peu de gore, quelques gros plans, quelques boyaux, de la nudité frontale, mais l’ensemble est vain, peu surprenant, pas vraiment drôle, ni même réellement choquant au final. Juste 1h23 qui tournent à vide malgré quelques éléments qui eux auraient mérités d’être plus développés. Je sors du coup véritablement déçu de la vision de cette suite, avec l’envie de retourner voir les meilleurs films du monsieur !

Les plus

Le début intrigue

Les moins

Rien de neuf
Une amère déception
Ennuyeux

 
En bref : Venant de Satô Hisayasu, cette suite est une très grosse déception. Avec un rythme plus posé que le premier, mais une durée bien plus courte, le film ennuie, et même les habituels moments chocs (gores ou sexuels) semblent vains.

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