IN A DARK PLACE de Donato Rotunno


IN A DARK PLACE

Titre original : In a Dark Place
2006 – Angleterre / Luxembourg
Genre : Fantastique
Réalisation : Donato Rotunno
Musique : Adam Pendse
Scénario : Peter Waddington d’après le roman de Henry James
Avec Leelee Sobieski, Tara Fitzgerald, Christian Olson, Gabrielle Adam et Graham Pountney

Synopsis : Anna Veigh, professeur d’art et thérapeute, trouve du travail. Elle doit s’occuper de deux jeunes orphelins pendant que leur oncle n’est pas là. Elle se retrouve avec les enfants dans une grande maison dans un coin isolé, les enfants sont adorables, le staff peu nombreux. Seule Miss Grose, présente aussi dans la demeure, semble distante et froide.

La nouvelle Le Tour d’Écrou de Henry James est une œuvre très souvent adaptée, que ce soit pour le cinéma ou la télévision. Au cinéma, on en retiendra surtout le génial Les Innocents de 1961, film glaçant et parfait, jouant sur la suggestion de bien belle manière. On pourra aussi citer Les Autres de Alejandro Amenabar, qui s’inspire fortement de la nouvelle. Mais les adaptations, il y en a au final des dizaines et des dizaines, et celle qui nous intéresse aujourd’hui est inédite en France, et est passée totalement inaperçue, il s’agît de In a Dark Place, coproduction anglaise avec le Luxembourg de 2006 au budget de 5 millions. Est-ce que le métrage tient la route ? Pas vraiment. Du moins, plus l’intrigue évolue, plus le métrage perd de son intérêt, oubliant alors toute la subtilité de la nouvelle et de la précédente adaptation (Les Innocents donc) pour foncer tête baissée dans son propos, et se planter. L’histoire se déroule donc maintenant de nos jours. Cela permet d’économiser le budget en costumes et reconstitutions d’époques. Nous suivons donc Anna (la mignonne et normalement talentueuse Leelee Sobieski) qui arrive dans une maison pour s’occuper de deux orphelins. L’histoire, on la connaît depuis le temps, à force de la voir à toutes les sauces. Et petit à petit, il se passe des choses étranges. Le souci, c’est que le film part rapidement en sucette après un début plutôt prometteur. Mise en scène plutôt sobre, scénario qui ne perd pas son temps, et deux actrices plutôt convaincantes dans les premiers rôles.

Leelee Sobieski donc (Une Virée en Enfer, Eyes Wide Shut) et Tara Fitzgerald (Game of Thrones, Legend) sont indéniablement les points forts du métrage, tant les deux actrices semblent investies. Il faut dire que ce sont les deux personnages les plus développés, tant les deux enfants, Flora et Miles, ne sont absolument pas développés. Flora a de l’asthme, et Miles se fait virer de son école, et sinon… ils feront des dessins. C’est tout ! Oui, vraiment, c’est tout. Et donc, la grande question, y a-t-il des fantômes dans le film ? Et bien comme le film oublie totalement toute subtilité, la réponse sera là, noir sur blanc, surlignée avec un marqueur à plusieurs reprises au cas où le spectateur ne comprendrait pas, mais ça, c’est pour sa seconde partie. Car tant que le film joue, dans sa première partie, sur l’ambiance et le doute, ça fonctionne relativement bien. Le décor enneigé donne un aspect visuel sympathique à l’ensemble, on évite soigneusement les jumpscares putassiers, on se concentre pas mal sur la relation entre Anna et Miss Grose. Même dans le fond, le personnage d’Anna est un personnage plutôt intéressant, mais le traitement que le film lui donne tombe à l’eau.

Quand à la seconde partie, elle oublie donc la subtilité, nous offre une scène sensuelle censée (je crois) être dérangeante mais qui ne fonctionne pas, nous rejoue certaines scènes cultes des Innocents mais sans aucun impact (le visage derrière la fenêtre). Et puis le final, qui nous balance direct dans la face le fin mot de l’histoire sans aucun doute possible, tout l’opposé de l’histoire originale, qui laissait au final le lecteur (ou spectateur pour le film de 1961) imaginer les choses. Le détournement de la nouvelle pour amener de nouveaux thèmes (la maltraitance d’Anna dans sa jeunesse, lui donnant de récurrents cauchemars) n’est pas une mauvaise chose, loin de là, mais la manière de faire elle ne fonctionne pas un seul instant. Pourtant, le film malgré quelques effets de styles est plutôt propre visuellement, les deux actrices principales convaincantes, l’ambiance fonctionne par moment. Mais la direction prise elle ne fonctionne pas, oubliant l’ambiguïté du récit au profit de la folie, d’autant plus que le score musical trop appuyé part parfois dans tous les sens et dessert également l’œuvre. In a Dark Place est bancal, pas toujours glorieux, pas non plus catastrophique, mais oubliable et décevant vu ce qu’il adapte.

Les plus

Le début donne espoir
Leelee Sobieski et Tara Fitzgerald

Les moins

Une dernière partie ratée
Aucune subtilité
Des choix qui ne marchent pas

 

En bref : Une nouvelle version de Le Tour d’Écrou, pas franchement glorieuse malgré un bon casting et un début prometteur, la faute à un propos qui ne laisse jamais de doute.

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