LE FLÉAU SELON CLIVE BARKER (The Plague) de Hal Masonberg (2006)

LE FLÉAU SELON CLIVE BARKER

Titre original : The Plague
2006 – Etats Unis
Genre : Horreur
Durée : 1h28
Réalisation : Hal Masonberg
Scénario : Hal Masonberg et Teal Minton
Avec James Van Der Beek, Ivana Milicevic, Brad Hunt, Joshua Close, John Connolly et Dee Wallace

Synopsis : Dix ans se sont écoulés depuis que les enfants du monde sont tombés dans le coma. Ce soir, ils se réveillent et tout l’enfer se dégage. Une bataille impie entre les générations se poursuit, et le temps n’est pas du côté des adultes.

Ce n’est pas la première fois qu’un film sort et qu’il ne soit pas représentatif de la vision espérée par ses créateurs. En fait, ça arrive très souvent. Combien de fois a-t-on entendu parler d’un réalisateur qui se plaint des producteurs, qui a vu son film se faire saccager, ou même a eu recourt au pseudo Alan Smithee car il ne reconnaissait pas son film ? Beaucoup trop souvent oui, les exemples ne manquent pas (Hellraiser 4, Halloween 6, Dust Devil, Cursed, et même dans les gros budgets, avec Josh Trank crachant sur son Les 4 Fantastiques). Le Fléau, c’est un cas un peu à part, puisque si l’on en croit les différentes interviews à la fois du réalisateur Hal Masonberg et de l’un des producteurs, Clive Barker, qui lançait alors sa boite de production, Le Fléau a été un sacré bordel, un film où personne n’a communiqué avec personne, et qui ne représente ni la vision du réalisateur, ni des producteurs, mais plutôt celle de Screen Gems, et donc des exécutifs qui ont financés le film. Clive Barker n’aura eu que très peu de présence sur l’ensemble du projet, tandis que le réalisateur aurait été tout simplement viré par Screen Gem durant la post production, car ils possédaient le film et n’avaient pas besoin du réalisateur. Mais Clive Barker étant plus connu, cela n’empêche pas les exécutifs de renommer le film Clive Barker’s The Plague, de remonter et raccourcir le film et d’en faire un simple film d’enfants tueurs, car après tout, c’est un genre qui marche (The Children, Esther et j’en passe). D’ailleurs c’est simple, Le Fléau (oui je raccourcis le titre français) se fait descendre partout, peu importe que l’on regarde les critiques françaises ou US. Donc il est l’heure de se faire l’avocat du diable, car Le Fléau, oui ce n’est pas un grand film, oui c’est bancal, oui c’est même moyen, mais ce n’est pas non plus le pire film de 2006, ni le pire film de genre, ni le pire film existant. Oh non, loin de là.

En fait, Le Fléau, on peut le découper clairement en deux parties distinctes. 45 premières minutes prometteuses, qui tiennent la route, un point de départ génial, quelques scènes glaçantes, quelques scènes prenantes… puis les 45 dernières minutes, ratées, clichées, souvent bancales, et un final expéditif qui a du sens (n’en déplaise à tout ceux qui ne captent rien) mais qui reste hyper mal amené. Un peu un film deux en un en fait. Donc, les 45 premières minutes, bien qu’imparfaites, tiennent clairement la route. Le point de départ est excellent et glaçant, quand un beau jour, tous les enfants de moins de 9 ans tombent dans le coma, dans le monde entier. Les hôpitaux sont pleins, les parents paniquent. Quel sacré point de départ je vous le dis ! Puis l’intrigue reprend cash 10 ans plus tard, on nous introduit les personnages principaux un peu clichés, mais une certaine ambiance plane sur le métrage. Oui, on sent le budget limité (l’épidémie, l’hôpital blindé qui se résume à un couloir avec quelques figurants, la petite ville souvent déserte), mais les idées sont là, et un petit miracle se produit. On suit l’ensemble, l’ambiance est là, notamment grâce à une excellente musique. Et quand les enfants finalement, après 10 ans de coma, se réveillent et se mettent à tuer tous les adultes, le film devient alors un peu plus classique (un peu comme un banal slasher, ou un survival), mais non dénué de qualités. Certaines scènes comme la scène dans le lycée convertit en hôpital fonctionne d’ailleurs plutôt bien, le film parvenant à faire durer le suspense, en jouant sur l’attente du spectateur, ou sur les ombres.

C’est malheureusement passé la scène de l’hôpital que le film se casse littéralement la gueule, pour devenir le survival du pauvre, peu convaincant, avec des acteurs en roue libre (le frère de l’héroïne qui en fait des tonnes, d’autres qui ont l’air de s’en foutre royalement), et le métrage peine alors à passionner, sans pour autant être une torture à regarder. Cette ville censée être saccagée parait alors bien vide, la plupart des scènes chocs sont hors champ (le commissariat), certains moments sont beaucoup trop clichés, et le final, comme je l’ai dit, s’il n’est pas inintéressant, est plutôt mal amené et vite torché. Et c’est dommage. Dommage car le film ne tient du coup pas ses promesses, et surtout n’arrive pas à se hisser au niveau de ses idées, et surtout de son pitch. Le début pose une histoire originale qui avait du potentiel, la première partie parvient à poser un bon suspense tout en restant classique, et tout s’écroule sous son propre poids. Est-ce que ça en fait un film digne de toute la haine qu’il se prend en pleine face depuis 2006 ? Pas vraiment, même si je peux comprendre la déception, qui est là, et qui est immense. Mais cracher à ce point sur le film, c’est oublié les débuts prometteurs, fermer les yeux sur quelques qualités pour n’en retenir que le plus mauvais. Ce qui semble être devenu la norme, ou il est facile de mettre 1/10 à un film bancal mais qui ne mérite pas tant de haine et un 9/10 à d’autres films bien bancals mais que le public a décidé qu’il n’en retiendrait que le bon.

Les plus

Le début prometteur
La première partie
Quelques moments qui fonctionnent très bien

Les moins

La seconde partie
Au final classique et un poil fauché
Ne fait pas honneur à son ouverture

En bref : Bien que bancal, Le Fléau ne mérite pas toute la haine déversée sur lui. Certes le film est décevant, le final un peu confus et mal amené, les acteurs ne sont pas tous extra, la seconde partie pas franchement bonne, mais c’est oublier les prémices excellents ainsi que la bonne première partie.

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