HELLRAISER JUDGMENT de Gary J. Tunnicliffe


HELLRAISER JUDGMENT

Titre original : Hellraiser Judgment
2018 – Etats Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Gary J. Tunnicliffe
Musique : Deron Johnson
Scénario : Gary J. Tunnicliffe
Avec Damon Carney, Randy Wayne, Alexandra Harris, Paul T. Taylor, Gary J. Tunnicliffe, Rheagan Wallace, Heather Langenkamp, Mike J. Regan et John Gulager

Synopsis : Les détectives Sean et David Carter enquêtent sur un tueur en série qui terrorise la ville. Rejoints par la détective Christine Egerton, ils vont plonger dans une spirale d’orale qui ne serait pas de ce monde.

Enfin, plus d’un an après sa finition, le nouveau Hellraiser est là, sortant très discrètement encore une fois par la petite porte, à savoir la case DTV en Amérique. Un épisode de plus tourné pour un budget ridicule (estimé entre 350 000$ et 500 000$, ce qui est toujours plus que le précédent) mais ayant eu plus de temps dans sa préparation, contrairement à l’affreux Hellraiser Revelations en 2011 qui aura eu droit à une production de trois semaines seulement (de l’écriture à la post production, soit tout en gros). Un épisode qui faisait malgré tout peur, mais qui, après un premier trailer énigmatique, me faisait envie. Après tout, la saga était tellement bas depuis des années, qu’est ce qui aurait bien pu arriver de pire que tout ça ? Pinhead a bien été dans l’espace en 1996, puis est devenu un caméo afin de justifier le titre dans plusieurs opus, il a même été online avec Hellworld avant de devenir un clown au mauvais maquillage dans Revelations… La réponse 1h21 après le lancement (oui c’est court). Ben ce n’était pas si mauvais au final. Pas excellent, étrange par moment à force de vouloir explorer de nouveaux horizons, avec un final bien raté, mais qui au moins aura tenté de faire des choix risqués pour ne pas nous fournir une nouvelle fois la même soupe, mais en respectant le fan en nous livrant un film pensé comme un Hellraiser. Et rien que ça, ça fait du bien. Alors oui, comme la bande annonce nous le laissait craindre, une partie de l’intrigue se résume à une enquête policière. Un peu comme les épisodes 5, 6, 7, tout ça. Mais en étant un peu plus encré dans l’univers d’Hellraiser, à savoir un univers glauque et sanglant. Et immédiatement, passé une petite déception, ça passe mieux. Surtout que malgré l’enquête, la mythologie Hellraiser et ce que le réalisateur décide d’en faire, et bien c’est bel et bien présent et ce dés le début, et tout le long.

Et en parlant de début, la longue scène prégénérique intrigue, nous montrant en quelque sorte une vision de l’enfer que l’on n’avait jusque là jamais vu, avec de nouveaux personnages clés (The Auditor, joué par le réalisateur lui-même, mais aussi The Assessor et The Butcher), un Pinhead bel et bien présent, des petits éléments venant rappeler au fan ce qu’il regarde (les jeunes femmes nues avec des morceaux de visage en moins, quelques phrases clin d’œil : « We have such si)ghts to show you »). Oui ça intrigue, et immédiatement, ma plus grande peur fut balayée. Paul T. Taylor n’arrive pas au niveau de Doug Bradley, mais il campe là un Pinhead bien plus convaincant que Stephan Smith Collins. Plus sérieux dans son jeu, plus sérieux dans son maquillage également, ne lui donnant pas un côté too much (ou gogole, au choix). Quand à cette nouvelle vision de l’enfer, si elle intrigue mais étonne autant en positif qu’en négatif au départ, elle finit par remporter l’adhésion. Oui, les règles de l’enfer semblent avoir bien changées, Hellraiser ne sera de toute façon plus comme avant (et le budget le prouve…), mais l’ensemble fonctionne plutôt bien. Et si d’ailleurs durant la bande annonce, on aurait pu craindre un petit côté Saw venant de l’œuvre (tortures, enquêtes, tout ça tout ça), et bien ce côté est présent, mais fait au final bien plus penser à Seven de Fincher, avec ce tueur en série biblique. Le tout dans une ambiance sombre, parfois mécanique et viscérale, qui fait bien plus penser à du Silent Hill par instant, ce qui je l’admet, n’était de toute façon pas pour me déplaire. L’évolution de la mythologie au sein de Judgment m’a donc au final plutôt convaincue. Certes, il y a un aspect beaucoup plus biblique dirons nous, mais il faut savoir que l’évolution de l’univers par Barker, en comic à présent, va dans cette direction également. Mais l’univers, ça ne fait pas tout.

Car soyons clairs, Hellraiser Judgment n’est pas mauvais, loin de là. Son univers visuel compte tenu du budget a de la gueule, l’histoire tient debout et tente de nouvelles choses à défaut d’être originale, les acteurs sont en général bons (même si bon, citer Heather Langenkamp alors qu’elle n’a qu’un caméo), aucune vraie fausse note à noter. Pinhead est crédible, les autres nouveaux cénobites, bien que pour beaucoup en retraits, plutôt pas mal. C’est parfois saignant, parfois même assez crade. Mais en fait, le plus gros défaut du film, le défaut que Gary J. Tunnicliffe a du gérer constamment en tant que scénariste et en tant que réalisateur (et maquilleur aussi), c’est bel et bien son bas budget. Par moment, c’est assez fauché. Visuellement ça a de la gueule, je l’ai dis, mais les lieux sont limités, le commissariat se limite à un petit bureau, l’antre des cénobites à quelques pièces vides, on aura aussi des entrepôts dans le noir complet. Tunnicliffe filme tout ça bien, c’est bien éclairé, mais ça reste malgré tout limité, et par moment, ça se ressent. Un tueur en série avec une dizaine de victimes, mais on ne verra que trois flics dans une pièce. Autre élément qui fâche, la conclusion. Et on le sait depuis, mal finir un film peut sauvagement abaisser un verdict, puisque l’on reste souvent sur l’impression du final. Hors ici, un nouveau personnage introduit prend de l’importance, des changements ont lieux, et si l’idée n’est pas mauvaise, ça ne fonctionne pas. Un peu cheap à l’écran, amené bien trop rapidement pour fonctionner. Et c’est dommage. Mais je le redis, le film a des défauts, mais à ma grande surprise, il n’est pas mauvais. Loin des films originaux, mais tellement mieux que les derniers films.

Les plus

Paul T. Taylor pas mauvais en Pinhead
Une ambiance sympathique
De nouvelles idées qui restent glauques
Un film court et rythmé

Les moins

Peu de décors, peu de budget
Le final bien raté

 

En bref : Après une belle descente aux enfers, nous avons enfin un opus potable dans la saga Hellraiser, voir le meilleur depuis bien longtemps. Alors certes, c’est loin du niveau des deux premiers, mais c’est également loin du niveau des trois derniers. Sympathique.

2 commentaires

  1. Un clou de plus dans la face d’une saga qui va en compter bientôt autant que sur le visage de Pinhead.
    J’attends de revoir (et de relire) les épisodes inauguraux signés Barker. A-t-il encore un peu de sa trace dans cette nouvelle livraison infernale ?
    Un article très instructif en tous les cas. Merci.

    1. Ça prend une tournure différente mais la saga avait bien besoin de ça, du sang neuf tout en étant un film conçu au départ comme un Hellraiser (pas comme du 5 au 8 donc).
      Il reste un certain aspect venant de Barker j’ai envie de dire, mais sans la force malgré tout. Le fond par contre part clairement plus vers des voies religieuses on dira, contrairement aux premiers opus où Pinhead et ces cénobites étaient entre le bien le mal (« Demons to some, Angels to others »), juste là pour faire le boulot si on les appelle.
      Mais apparemment certains des derniers comics (qui datent d’entre 2011 et 2015), et qui sont co-écrits par Barker partaient également dans une direction assez similaire. Je n’ai malheureusement pas encore pu mettre mes petits yeux sur les comics même si ça me tente bien, mais de ce que j’ai pu lire sur la toile, le personnage de Pinhead avait déjà une « occupation » différente.
      En tout cas de rien 😉 Je me les serais tous tapés, je peux passer à d’autres sagas.

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