L’ESPION QUI M’AIMAIT de Lewis Gilbert


L’ESPION QUI M’AIMAIT

Titre original : The Spy Who Loved Me
1977 – Angleterre
Genre : Espionnage
Réalisation : Lewis Gilbert
Musique : Marvin Hamlisch
Scénario : Richard Maibaum et Christopher Wood
Avec Roger Moore, Barbara Bach, Curd Jürgens, Richard Kiel, Caroline Munro, Walter Gotelli, Bernard Lee et Desmond Llewelyn

Synopsis : Pour retrouver des sous-marins nucléaires russe et britannique qui ont mystérieusement disparu, James Bond fait équipe avec l’agent soviétique Anya Amasova. Leur mission les conduit à affronter un ennemi des plus dangereux en la personne de Requin, un géant de plus de deux mètres quasiment indestructible travaillant pour Stromberg, qui veut se servir des sous-marins nucléaires pour détruire le monde.

Dixième opus de la saga James Bond, l’Espion qui m’Aimait faillit ne jamais voir le jour. Quelques problèmes juridiques retardent en effet la production, puis une armée de scénaristes différents travailleront sur 15 jets du scénario, tout de même. En se renseignant, on apprend que John Landis ou encore Guy Hamilton réalisateur des précédents opus participèrent à l’écriture. Rajoutons à cela un casting qui s’est terminé au dernier moment (Barbara Bach arriva 4 jours avant le début du tournage), le budget le plus élevé à l’époque pour la saga (13,5 millions) alors que le précédent avait eu un score décevant au box office, un nouveau changement de compositeur et le premier méchant ne venant pas de l’univers des livres de Ian Flemming, et on comprend que la production n’a pas du être de tout repos. En fouillant un peu plus, on apprendra même la participation non créditée de Stanley Kubrick au film pour aider à éclairer des scènes sous-marines, la faute à quelques soucis au niveau de directeur de la photo, dont le premier quitta le tournage après une semaine et le second eu un problème de vue l’empêchant de voir sous l’eau. Roger Moore reprend donc en tout cas le rôle de l’espion Britannique pour la troisième fois, après deux films regardables mais pas glorieux pour autant. Et là, le miracle s’accomplit, puisque l’Espion qui m’Aimait est un bon film ! Oui, un vrai de vrai ! Comme quoi, tout est possible. Pas parfait, mais sans souci de rythme, avec de bonnes scènes d’action, un sous fifre charismatique bien qu’improbable avec Jaws, un Roger Moore pour une fois qui semble vraiment bon dans son rôle. Un film inespéré donc.

Dès la scène pré-générique avec un saut assez incroyable en ski (chapeau le cascadeur), puis le générique avec une bien belle mélodie, l’introduction de l’agent secret Russe XXX (heureusement, pas joué par Vin Diesel, mais par Barbara Bach, que je connaissais pour quelques séries B Italiennes), on comprend que l’Espion qui m’aimait va être un bon Bond. Alors oui, il est encore une fois question de quelques ogives nucléaires volées à des sous-marins, comme dans Opération Tonnerre, mais le film fait clairement le choix de l’efficacité de tous les instants, et de la générosité, sans pour autant verser dans la surenchère débile. On a donc un méchant féru de musique classique (je le comprend) qui veut détruire le monde pour… construire un monde parfait sous l’eau (il a trop du lire Lovecraft dans sa jeunesse), un Bond qui doit s’allier à notre agent secret Russe, une enquête en Égypte plutôt généreuse et avec d’excellentes idées de mise en scène, et surtout un Bond qui a un permis de tuer et qui n’hésite pas à s’en servir. Qu’elle n’a été ma surprise lorsque James Bond interroge un homme sur le point de tomber d’un toit, et qu’il le fait tomber, froidement une fois l’information en sa possession. Le genre de petits détails qui changent tout. Alors comme je le disais, le film n’est pas parfait, et on pourrait d’ailleurs dire que le grand méchant de l’intrigue n’est pas le meilleur méchant de la saga, mais le film se rattrape avec sons sous fifre, à savoir Jaws, que les fans connaissent bien, avec ses dents en métal. Sa première rencontre avec Bond en Egypte, de nuit, sous une lumière surréaliste, a clairement de la gueule. Quand à ses nombreux affrontements avec lui, si on n’est jamais loin du too much (voir parfois dedans), il y a un vrai côté fun et efficace qui s’en dégage.

C’est bien là la plus grande qualité de l’œuvre au final, son efficacité. Il semble conscient de ce qu’il doit être, et n’hésite pas à nous livrer une certaine surenchère d’affrontements, d’action, et même d’humour, et qui semble pour une fois un peu mieux pensée. Certains gags m’auront donc fait rire. Rajoutons de beaux paysages (l’Égypte, l’Autriche et les fonds marins) et de nouveaux gadgets plutôt sympathiques (la voiture qui se transforme en véhicule marin, pour une scène plutôt fun qui ne s’éternise pas) et on obtient un cocktail qui fonctionne. Quand à la James Bond Girl, Barbara Bach donc, elle change des deux précédents opus de Moore, ayant une utilité, une fonction et surtout même un développement plutôt intéressant, même si la finalité lors de la scène finale laisse à désirer par sa simplicité. Malgré tout, oui, les personnages évoluent, et c’est un plus indéniable au niveau de l’écriture, qui ajoute un certain attachement. Du coup, c’est face au sérieux de l’entreprise et sa générosité dans quasiment tous les domaines que l’on a envie de taire ces quelques défauts, comme un final un peu trop rapide, un grand méchant sans doute un peu trop en arrière, ou encore quelques thèmes musicaux un peu trop funky et clairement trop 70. Non, vraiment, le meilleur opus de Moore (pour le moment, mais je n’espère pas trop pour la suite).

Les plus

Un métrage généreux et rythmé
L’humour fonctionne mieux, enfin
Barbara Bach
Jaws, un bon méchant
Quelques scènes d’action bien fun

Les moins

Stomberg, le grand méchant, pas assez exploité
Quelques moments too much

 

En bref : Sans doute le meilleur opus avec Roger Moore. Une surenchère oui mais plutôt maîtrisée, dans le rythme, dans l’action, et même dans l’humour, avec en plus un méchant (larbin plutôt) iconique. Du bon boulot.

3 commentaires

  1. De très loin mon préféré avec Roger Moore. J’adore la chanson, j’adore Barbara Bach, j’adore la base sous-marine, la Lotus, les pyramides, le type lâché par la cravate (un truc à la Daniel Craig avec pas mal d’avance ça). Je tombe de ma chaise en découvrant nles anecdotes sur John Landis et Kubrick ! Pas étonnant du coup qu’il m’ait autant plu celui-ci …

    1. Il me semble que c’est un peu l’opus préféré de tout le monde dans l’ère Roger Moore. À moins que ce ne soit Moonraker….. ah non non, c’est bien celui-ci !
      J’aime beaucoup Barbara Bach, que j’avais découvert il y a bien longtemps dans quelques biseries Italiennes de Sergio Martino. Exact, le truc de la cravate en plus, Craig le fait dans son moins bon opus il me semble, le Quantum of Solace.
      J’avais lu encore bien plus d’anecdotes sur cet opus, mais j’ai préféré garder le plus croustillant et compiler tout ça. Chaque opus (même ceux que je n’aime pas) regorge d’anecdotes intéressantes ou amusantes parfois (ou dures aussi).
      En tout cas, Lewis Gilbert, le réalisateur, qui avait aussi signé On Ne Vit que Deux Fois et après Moonraker, aime la démesure. Parfois, ça passe nickel comme là, et parfois ça passe moins.

      1. Lewis Gilbert aime bien les bases futuristes dissimulées aux yeux du monde : dans un volcan ou bien sous l’eau, ça a de la gueule quand même. Sans parler du coup du bateau qui s’ouvre pour en avaler un autre, ça a donné des idées aux services secrets nord coréens pour pratiquer des kidnappings sur les côtes japonaises !
        Et Moonraker était mon Bond préféré… quand j’étais gosse. 😉

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