LE BONHOMME DE NEIGE de Tomas Alfredson


LE BONHOMME DE NEIGE

Titre original : The Snowman
2017 – Angleterre / Etats Unis / Suède
Genre : Policier
Réalisation : Tomas Alfredson
Musique : Marco Beltrami
Scénario : Peter Straughan, Hossein Amini et Søren Sveistrup d’après le roman de Jo Nesbø
Avec Michael Fassbender, Rebecca Ferguson, Charlotte Gainsbourg, Jonas Karisson, Michael Yates, Ronan Vibert, J.K. Simmons, Val Kilmer et Toby Jones

Synopsis : Le détective de la police d’Oslo Harry Hole n’est plus que l’ombre de lui-même. Alcoolique, il cherche un but à sa carrière. C’est alors qu’il rencontre une nouvelle recrue, Katrine Bratt, fraichement mutée de Bergen. Elle enquête sur la disparition d’une femme mariée et mère d’une petite fille, dont l’écharpe est trouvée enveloppée autour d’un bonhomme de neige sinistre. Harry Hole, qui a par ailleurs reçu une mystérieuse lettre ornée d’un bonhomme de neige, s’intéresse aux investigations de Katrine. Katrine et Harry vont alors découvrir que plusieurs femmes ont disparu dans des circonstances similaires.

The Snowman, renommé Le Bonhomme de Neige pour sa sortie française, a été un flop, et aura récolté un nombre incalculable de critiques virulentes, autant par la presse que par le public. Au départ prévu dés 2011 avec Martin Scorsese en tant que réalisateur, il quitte la production en 2013. Tomas Alfredson arriva à bord en 2014, et le casting commença en 2015, pour un tournage en 2016, de Janvier à Avril. Sauf que la production fut chaotique, le script jamais achevé, le temps de tournage alloué trop court si bien que 15% du scénario ne fut même pas tourné. Ironique, vu que la production aurait donc débutée en 2011, de voir un film lancé en tournage sans scénario terminé et avec un temps trop court pour ce qu’il faut tourner. Le tout se solda par un rapide retournage durant le Printemps 2017. Le réalisateur lui-même l’admet, la production a été catastrophique, tout n’a pas été tourné, et le tournage en lui-même a été précipité. J’ai envie de dire, pas étonnant quand on voit que tout a commencé en 2011, et quand on voit le nombre de producteurs (et donc d’exécutifs) derrière le projet. Et à l’arrivée, oui, The Snowman est bien bancal, et souffre de cette production oh combien chaotique. Et pourtant, je n’ai pas envie de le détester ce film, car s’il est bourré de défauts, on peut encore voir ci et là son potentiel.

Sur le papier donc, The Snowman est l’adaptation d’un roman à succès (que je n’ai pas lu), mettant en scène Harry Hole. Et ce n’est même pas le premier roman le mettant en scène. Du coup forcément, la plupart des personnages sont déjà établis dans le roman, et le film ne prend pas le temps de nous les présenter, ce qui est bien dommage il faut l’avouer. Sur le papier donc toujours, c’est une histoire policière classique comme on en voit tant, avec un flic alcoolo en retrait, une enquête, un tueur en série. À l’écran par contre, c’est un peu plus complexe. Car Tomas Alfredson, ce n’est pas le réalisateur qui va nous livrer un polar à suspense ultra rythmé, mais c’est un réalisateur souvent posé, comme le prouve ces deux métrages les plus connus, à savoir le génial Morse, et La Taupe qu’il faudra que je me décide à voir un de ces jours. Et d’ailleurs, on reconnaît sa patte par moment. Certains plans sont absolument sublimes, le récit a une certaine lenteur générale, qu’il essaye néanmoins de dynamiser avec de nombreux trajets en voiture. Beaucoup auront critiqués le rythme général du film, mais c’est aller voir le film sans savoir qui en est l’auteur dans ce cas. Par contre, il faut bien avouer qu’au niveau du montage pur et dur, ça coince un peu plus. Le fait que le métrage alterne volontairement des scènes passées et des scènes du présent, ça ne me dérange pas, mais la manière dont certaines scènes s’insèrent dans le récit, débarquent, puis partent subitement, ça montre bien le chaos du tournage. Une sensation de voir des scènes mal organisées ou pensées débarque assez rapidement dans le récit. Et encore une fois, je trouve ça dommage pour ma part.

Dommage car Alfredson livre en soit une mise en scène plutôt élégante, les décors sont souvent sublimes, et le casting sur le papier plus qu’alléchant. Michael Fassbender, malgré des choix catastrophiques récemment (Alien Covenant, Assassin’s Creed) est tout à fait correct dans le rôle, Rebecca Ferguson crédible en femme flic même si peu développée, et à leurs côtés, Charlotte Gainsbourg, J.K. Simmons et même Val Kilmer sont plutôt bons. Alors c’est sûr, certains ne pardonneront pas les défauts du film (et ça s’est vu lors de la réception catastrophique du film), mais moi j’ai eu envie de presque lui pardonner. Le film ne m’aura pas non plus ennuyé, quelques moments étaient clairement au-dessus des autres. Par contre, le final, aussi beau soit-il visuellement, c’est un peu du foutage de gueule, en mode « je te torche ça en 3 secondes », ne prenant donc pas le temps de faire monter une quelconque tension, et se terminant aussi vite que les révélations ont commencées. The Snowman me laisse sur une sensation clairement d’inachevé, comme si les nombreux producteurs en avaient marre de voir le projet stagner et se sont dit tout à coup « ok on tourne le mois prochain », quitte à livrer une œuvre boiteuse. Ça se ressent, dans l’histoire, dans le montage, dans certains moments qui semblent moins inspirer Alfredson. De là à traiter le film de pire film de 2017 ou pire film policier, il y a malgré tout un gros écart que je ne franchirais jamais.

Les plus

Un bon casting
Quelques très beaux plans bien élégants
Le rythme lent ne m’a pas dérangé

Les moins

Un montage chaotique
L’histoire et les personnages brouillons
Le final expéditif

 

En bref : The Snowman, c’est un des vilains petits canards de 2017 aux côtés de Amityville the Awakening, Leatherface et quelques autres. Et encore une fois, je ne suis pas d’accord. Alors oui, le film est bancal, souffre de soucis à pas mal de niveaux, mais honnêtement, il y a tellement eu pire qu’à ce stade, c’est surtout s’acharner sur une cible facile.

3 commentaires

  1. Tu dois être un bonne âme pour laisser sa chance à ce film (très) malade unanimement conspué. Je n’ai pas eu l’audace ou le courage de m’y risquer, j’avoue, mais j’ai tendance à croire (surtout après t’avoir lu) qu’un film signé Tomas Alfredson a forcément du bon (surtout qu’il a visiblement choisi de l’assumer plutôt que de se dissimuler derrière un paravent de type Alan Smithee) .

    1. Oui on en avait furtivement parlé lors d’un petit débat sur Fassbender, et le fait qu’Alfredson réalise, ça n’a fait qu’attirer ma curiosité. On y retrouve par moment sa patte « glaciale » (ouais c’est facile avec toute cette neige), son rythme volontairement lent. Il y a des plans sublimes. Ça ne suffit pas bien entendu, mais j’ai trouvé ça plus intéressant de voir le bon qui s’y cache que de le descendre en flèche comme d’autres l’ont déjà fait. Le fait que Tomas Alfredson assume le semi-ratage du film, c’est en effet tout à son honneur. Et en accepte une part de responsabilité même si tout n’est pas sa faute (sérieux, il y a bien 10 producteurs derrière le projet, qui s’est éternisé sur 6 ans quasi).
      D’ailleurs, il me semble que le pseudo Alan Smithee n’est plus franchement utilisé maintenant non ? Depuis que quasi tout le monde sait ce qui se cache derrière ce pseudo . Gee Malik Linton avait utilisé le pseudo Declan Dale pour son Exposed (Suspicions en France).

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