TOKYO GHOUL de Hagiwara Hentarô


TOKYO GHOUL

Titre original : Tokyo Gûru – 東京喰種
2017 – Japon
Genre : Fantastique
Réalisation : Hagiwara Hentarô
Musique : Don Davis
Scénario : Kusuno Ichirô d’après le manga de Ishida Sui
Avec Kubota Masataka, Shimizu Fumika, Suzuka Nobuyuki, Sakurada Hiyori, Aoi Ypu, Oizumi Yo et Murai Kunio

Synopsis : Dans une réalité alternative, les goules vivent avec les humains en secrets, se nourrissant d’eux et se cachant afin d’échapper aux autorités. Kaneki Ken, un étudiant victime d’une goule, est amené à l’hôpital, et se retrouve transformé.

Et nous y voilà, encore une adaptation de manga, mais cette fois-ci, je le promets, Miike Takashi n’a rien à voir avec. À la place, un certain Hagiwara Hentarô. Ça ne vous dit rien ? Rassurez-vous, moi non plus, puisqu’il n’a fait que des courts métrages principalement, et un métrage en 2016, Anniversary, réalisé à plusieurs. Tokyo Ghoul donc, encore une fois, adapte un manga. Après Death Note, après L’Attaque des Titans, Gantz, Nana, Detroit Metal City, Parasyte, I am a Hero, Another, Terra Formars, et avant le film Full Metal Alchimist que les pauvres Japonais ont du subir le 1er Décembre 2017 dans les salles obscures (réalisé par Sori Fumihiko, ce qui ne va pas en rassurer certains)… De là à dire que le Japon ne produit plus que ça, il n’y a qu’un pas, que je ne franchirais pas (pas encore). Tokyo Ghoul, bon, je n’ai ni lu le manga ni vu l’animé, mais c’était prévu, il fut un temps, elle se retrouvait dans ma liste Netflix aux côtés de l’Attaque des Titans. Depuis, je n’ai vu aucun des deux, et je le vis toujours bien. Par contre, le film lui, en fouillant un peu, voilà que beaucoup crient à la meilleure adaptation de manga depuis des lustres. En fait, quasiment tout le monde, sauf… notre brave Oli. Alors soyons clairs, je ne serais pas aussi méchant qu’Oli, mais pas aussi gentil que l’intégralité du public. En fait, c’était juste moyen. Pas aussi mauvais apparemment que certaines adaptations, pas meilleur que d’autres. Je ne peux pas juger si l’œuvre est fidèle ou non, mais s’il y a bien un point sur lequel je m’appuierais, c’est que pour moi, la fidélité se mesure en terme d’ambiance, d’atmosphère, pas à reprendre mot pour mot les dialogues ni à refaire à l’écran les mêmes décors, les mêmes personnages, les mêmes cadrages. Car comme je le dis toujours, ce qui fonctionne sur un support ne fonctionne pas forcément sur un autre support, d’où le mot « adaptation ». Et parfois, on ressent l’influence manga clairement dans le métrage.

Tokyo Ghoul se veut sombre et sérieux, alors quand tout à coup, on voit une voiture faire un tonneau, glisse au sol sur facile 30 mètres avant de traverser un mur et de s’arrêter en plein centre d’une pièce, pour moi c’est trop typé manga et ça perd tout le réalisme. Mais bon, à quoi bon parler de réalisme dans un film qui nous propose une réalité alternative où Tokyo est envahit par des goules, des vampires se nourrissant de sang humain. Et au milieu de cet univers, on nous offre le personnage de Kaneki Ken, un jeune étudiant timide, et son premier rendez-vous galant tourne mal. Très mal, en mode ne me fais péter le bras, transpercé le torse et lécher le visage par une goule qui devait être ma future petite amie. Et je ne vais pas mentir, j’ai aimé ce début prometteur. Qui n’innove pas franchement et ne surprend pas vraiment non plus, à l’exception des espèces « d’armes » sortant du dos des goules. Mais c’est plutôt sobre, la photographie est jolie, le film n’hésite pas à se montrer saignant ou à nous offrir quelques membres coupés, et du coup, ça se suit bien. Blessé, grièvement, notre héros est sauvé, mais en sortant de l’hôpital, il est changé, car oui, il est devenu à son tour une goule. Il ne peut donc plus manger des aliments classiques, seul le sang humain peut couper sa fin, et il sera recueillît par un groupe de goules tenant un restaurant, et qui lui apprendront que le second aliment que les goules peuvent prendre, c’est du café. Voilà qui ferait bien plaisir à l’agent spécial Dale Cooper (oui je sais, Twin Peaks m’a marqué). Et jusqu’à son arrivée dans ce restaurant en fait, j’ai voulu croire à ce Tokyo Ghoul.

Plutôt sérieusement mit en image, bien éclairé, pas trop mal joué, sachant prendre son temps sans pour autant m’ennuyer. Puis dés l’arrivée du personnage dans le restaurant, la douche froide, avec un film qui se dit qu’en fait, il ne va pas être un film d’action, ni un film d’horreur, mais développer pendant 1h ces personnages. Personnages clichés qui n’ont rien d’intéressants, entre la gamine timide, la mère protectrice, la fille bad-ass, le proprio au grand cœur, et Ken qui apprend comment fonctionne le nouveau monde qui l’entoure. Ça parle, ça parle, ça n’invente rien, ça ennuie. Le pire étant atteint lorsque notre petit groupe de goules nous raconte l’histoire de leurs ennemis, les grands chasseurs, des ennemis ultra dangereux, que si on en élimine un, une certaine viendront le remplacer, et qui à l’écran ne sont qu’au nombre de trois, avec deux seulement utiles et compétents. Et bien bordel, soit le gouvernement a coupé dans le budget et a licencié, soit ils ont tellement confiance en eux qu’ils se disent qu’ils vont tout torcher et rentrer chez eux pour l’heure du thé. Le réalisme en prend un coup. Lors de sa dernière demi-heure par contre, le film se décide à se bouger, et devient alors un film d’action, malheureusement sans envergure. Les quelques combats manquent de punch, ne sont pas impressionnants, terminent le métrage sur une non fin, et dans la pauvreté la plus totale. Pour une guerre entre une méga organisation et une société secrète de goules, on aura eu deux malheureux affrontements, 6 goules, 3 exterminateurs dont 2 de compétents, et 3 malheureux décors qui se bâtent en duel. Au final, je préfère de loin Gantz, qui trahit certes totalement l’esprit du manga, mais tient la route et se fait plus impressionnant visuellement.

Les plus

La première demi-heure donne envie d’y croire

Les moins

Le côté mélodramatique
Les personnages
Assez pauvre : peu de persos, peu de lieux
L’action peu convaincante

 

En bref : Énième adaptation de manga, Tokyo Ghoul commençait avec de bonnes cartes en main, puis se mord la queue par la suite. L’action est assez plate, le développement peu convaincant et au final, l’ensemble est assez pauvre.

6 commentaires

  1. Ma fille s’est enfilée toute la série de manga ainsi que l’animé qui traîne sur Netflix. Cette adaptation live ne m’inspire pas grand chose, surtout au regard du tiède avis que tu nous livre, dont l’indulgence relative semble avant tout dictée par un passif d’expériences calamiteuses dans ce segment cinématographique. Je préfère me contenter de mes Cénobites pour l’instant.

    1. Après, avec l’âge, je deviens de moins en moins gentil avec la culture manga, enfin j’ai l’impression qu’ils enfilent les clichés les uns après les autres et que tous les produits se ressemblent. Mais j’ai jeté un coup d’oeil à l’anime depuis (ma critique du film attendait sagement dans Word depuis 3 semaines), et c’est beaucoup plus sombre que le film. Mais même en aimant, il y a bien mieux en adaptation.

      1. Toi aussi tu gardes des chroniques au chaud 😉
        Comme tu t’en doutes, j’ai un brelan de Cénobites qui attendent sur le seuil de la puzzle box le bon moment pour apparaître…

      2. J’ai quasi 100 chroniques de côté, je les ai accumulé lorsque j’avais du temps l’année dernière, et voilà le résultat. Techniquement, je n’ai plus besoin de regarder de films (et faire de jeux) de l’année 😉 Sauf que cinéphilie oblige…

      3. J’ai même retrouvé deux-trois chroniques qui datent de 2015, mais à chaque fois, je met autre chose en ligne, et ça traîne….

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