GOLDENEYE de Martin Campbell


GOLDENEYE

Titre original : Goldeneye
1995 – Angleterre / Etats Unis
Genre : Aventures
Réalisation : Martin Campbell
Musique : Eric Serra
Scénario : Jeffrey Caine et Bruce Feirstein

Avec Pierce Brosnan, Sean Bean, Izabella Scorupco, Famke Janssen, Joe Don Baker, Judi Dench, Robbie Coltrane, Gottfried John et Alan Cumming

Synopsis : Bosnie, 1992. Luka, ingénieur serbe venu de Belgrade avec sa femme, chanteuse d’opéra, et leur fils, s’est installé dans un village au milieu de nulle part, afin d’y construire la ligne de chemin de fer qui transformera la région en haut lieu touristique. Tout à son projet, aveuglé par son optimisme naturel, il reste sourd aux rumeurs de guerre de plus en plus persistantes. Mais sa femme, Jadranka, le quitte pour un musicien qui promet de relancer sa carrière de chanteuse d’opéra, et son fils, Milos, est appelé à l’armée. La vie de Luka devient une zone de guerre jusqu’au jour où il rencontre Sabaha…

James Bond avait disparu des écrans en 1989 avec Permis de Tuer. Des retards, des problèmes de droits, encore des retards, Timothy Dalton qui démissionne de son poste pour faire autre chose car il en avait marre d’attendre (et je peux le comprendre). Et puis, les temps changent, avec la chute du mur de Berlin, la fin de la guerre froide, l’URSS. Forcément, la saga Bond, en plus d’un nouvel interprète, a besoin de renouveau. Et puis même si les deux seuls opus avec Dalton sont sacrément plus sombres et même par moment dénués d’humour, la formule reste malgré tout un peu identique. Il faut donc redynamiser tout ça. Mais je l’admet, arrivé à ce stade, je regrette malgré tout que la saga n’a pas continué la voie tracée par l’ère Dalton, à savoir une ère plus humaine, plus noire, mais toujours aussi impressionnante. D’ailleurs finalement, même si Goldeneye se fait un peu plus léger et réinsère pas mal d’humour dans les dialogues ou situations, il suit pourtant une logique assez similaire aux deux précédents, et partage un autre point commun, à savoir une réelle rigueur d’écriture. Si bien que même si Goldeneye a aussi une histoire assez classique et prévisible, elle n’est pas dépourvue de bonnes idées, n’en est pas moins rondement menée non plus, et se fait même bien écrite. Trois opus de suite donc où un soin particulier a été placé dans l’écriture du scénario. Finalement, le film débarque en 1995, et s’il est aimé, il est amusant de constater que beaucoup le connaissaient à l’époque surtout pour le jeu vidéo sorti deux ans plus tard sur Nintendo 64, mais c’est une autre histoire, nous parlons ici du film.

Nouvelle équipe, nouveau réalisateur, nouvel acteur pour le rôle, nouveaux scénaristes, intrigue qui n’adapte pas un livre de Ian Flemming. Goldeneye annonce le renouveau de la saga dans un sens. Pas en terme de ton, mais bon. Le problème, mais on y reviendra plus tard également, c’est que les films suivants n’ont pas du tout suivis cette optique. Du coup, même si moins sombre, Goldeneye tient plus de l’ère de Dalton pour moi que de l’ère Brosnan et des trois films suivants, où la qualité baisse de films en films. James Bond fait donc son entrée dans les années 90 de belle manière. Martin Campbell à la mise en scène déjà, excellent choix (et il reviendra à la saga sur Casino Royale pour la relancer de nouveau). Certes, sa mise en scène lors des scènes de dialogues est au final plutôt simpliste à coups de gros plans, mais ça fonctionne. Pierce Brosnan dans le rôle de Bond, qui avait déjà faillit avoir le rôle en 1987, ça fonctionne bien. Certes on sent par moment qu’il n’est pas encore totalement à l’aise, et après tout, c’est compréhensible, ce n’est pas comme si une armée de fans allaient de toute déjà le critiquer avant même la sortie du film car pour eux, James Bond c’est Sean Connery. Mais l’acteur est bon dans le rôle, charismatique, séducteur, et tout simplement convaincant au final. En fait c’est simple, il n’aura fait que s’améliorer de films en films, bien que la qualité des films baissa. Mais surtout, Goldeneye, comme les deux films précédent, c’est une écriture qui a su trouver le bon milieu entre exposition, développement et action impressionnante, sans pour autant tomber dans le ridicule. Du coup, on a droit a une histoire plutôt classique mais intéressante, à coup de satellites volés lançant une attaque magnétique renvoyant le lieu ciblé à l’âge de pierre.

Simple oui, mais ce qui peuple l’histoire, a quelques défauts près, sera convaincant. Les personnages secondaires par exemples, parfois simples, mais assez développés pour leur éviter d’être des coquilles vides (pas comme dans Meurs un Autre Jour). Deux James Bond Girls, une méchante (Famke Jansen) sadique et un gentille (Izabella Scorupco) qui parvient à être utile pour l’intrigue mais également pour James. Ce n’est pas comme si elle lui sauvait même la vie à un moment ! Le film fait un choix sacrément osé au niveau de M, en confiant le rôle à Judi Dench, Bond recevant donc ses rôles d’une femme. Et je dois dire que c’est un excellent choix, M jouée par Judi Dench est sans doute la meilleure vision et le meilleur développement pour ce personnage. Et puis au niveau des méchants, il y a de quoi faire également, notamment avec Sean Bean, ancien agent 006. Adversaire donc de taille, puisque connaissant James, ses failles (ah les femmes), son passé, ses gadgets. Il fera même furtivement illusion à la défunte femme de James au détour d’un dialogue. Je serais moins clément au niveau de Moneypenny, qui ne m’a guère convaincu. Un scénario solide, de bons personnages, il ne reste donc plus qu’à ajouter une bonne dose d’action. Et c’est le cas. Bien que la première heure soit plutôt calme, elle nous offre une bonne scène d’ouverture (et un bon gros faux raccord), et le film passe clairement la seconde vitesse lors de sa deuxième heure, enchaînant les scènes cultes.

On se souvient tous de la course poursuite en tank dans les rues de St Petersburg, ou encore de cette antenne géante sortant carrément d’un lac non loin de Cuba. L’action est proprement filmée, parfois impressionnante, jamais trop over the top (bon, il y a bien le saut de l’ange vers l’avion au début, mais bon). Et au-delà du fait que le film respecte une formule et l’applique bien, en plus de s’appliquer à tous les niveaux, il prend même des risques. Outre M qui est maintenant une femme, on pourra citer le score musical de Eric Serra, qui s’éloigne beaucoup des thèmes habituels de la saga. Un score musical qui a été grandement critiqué, et que personnellement j’adore, ayant même le CD dans ma collection depuis un bon paquet d’années aujourd’hui. On est très loin du genre de thèmes de la saga, mais cela apporte un peu de fraicheur. Mais l’accueil glacial aura vite amené David Arnold dés le film suivant. Alors oui, Goldeneye a quelques défauts, un paquet de faux raccords, une Moneypenny qui ne m’a pas convaincu (la précédente était totalement effacée vous me direz), mais ça reste un de mes épisodes préférés, à côté des Dalton, de Casino Royale et de Goldfinger. Et ça reste sans conteste le meilleur opus de Brosnan.

Les plus

Un scénario intéressant
De bons personnages secondaires (Natalya, Onatopp, 006, M)
Pierce Brosnan fait un bon Bond
De bonnes scènes d’action
Et OUI, j’aime le score d’Eric Serra

Les moins

Bien à tous les niveaux, mais joue la sécurité

 

En bref : Pour son premier épisode en tant que Bond, Pierce Brosnan a droit a un excellent opus. Bien écrit, impressionnant quand il faut, savant prendre son temps pour développer ses enjeux et personnages, Goldeneye est un très bon opus.

2 commentaires

  1. Comment aimer un film dont la musique a été composée par Eric Serra ? « It’s only mystery » comme chouinerait l’autre 🙂
    J’aime bien Martin Campbell, notamment quand il porte « le masque de Zorro » ou qu’il prend d’assaut le « Casino Royale », mais là j’ai du mal. Je te promets de faire un effort et de retenter pour voir.

    1. Rahlala, Subway en plus j’aime beaucouo (je détestais avant, réhabilité il y a genre un an). J’aime beaucoup ce que Serra a fait pour Goldeneye. Sauf la chanson de fin.

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