ALICE DOUCE ALICE de Alfred Sole


ALICE DOUCE ALICE

Titre original : Alice Sweet Alice
1976 – Etats Unis
Genre : Suspense
Réalisation : Alfred Sole
Musique : Stephen Lawrence
Scénario : Alfred Sole et Rosemary Ritvo
Avec Linda Miller, Paula Sheppard, Mildred Clinton, Niles McMaster, Jane Lowry, Rudolph Willrich et Brooke Shields

Synopsis : Avant de fêter sa première communion, la jeune Karen,est assassinée. Les suspicions se reportent sur sa sœur, Alice, dont le comportement trahit une certaine instabilité. Bientôt, d’autres agressions et meurtres se produisent : à l’arme blanche et par une silhouette féminine, vêtue d’un ciré jaune et portant un masque.

Alice Douce Alice, c’est un de ces films cultes aujourd’hui oublié et que l’on ne trouve pas facilement, mais qui bénéficie d’un statut d’excellent film de la part de ceux qui l’ont vu. Un film Américain de 1976, avec Brooke Shields dans un petit rôle pour sa première apparition à l’écran, gamine, et extrêmement influencé par le giallo Italien et leur esthétique des années 60 et début des années 70. Un film d’ailleurs qui, comme La Baie Sanglante ou Black Christmas, est quelque peu considéré comme un précurseur du slasher, deux ans avant Halloween et quatre ans avant Vendredi 13. Pourtant en y regardant de plus près et surtout après la vision du métrage, aucun doute là-dessus, Alice Sweet Alice tient plus du giallo ou du moins du thriller mâtiné de giallo que du slasher. Il s’agît là d’ailleurs du seul véritable film connu de son réalisateur, Alfred Sole, qui n’a pas fait grand-chose de bien passionnant à côté il faut dire, si ce n’est un slasher, un vrai, inconnu de tous (Pandemonium) et un film érotique (inconnu également). Bref, Alice Sweet Alice est un film mettant en scène, comme son titre l’indique, la jeune Alice, une jeune fille de 12 ans vivant avec sa mère et sa sœur Karen. Leur père lui est parti et s’est depuis remarié. Et en à peine quelques scènes, Alfred Sole parvient à poser une vraie ambiance. Et ça, c’est fort. On ressent tout de suite en quelques plans exactement où le réalisateur veut nous emmener. On sent le malaise dans cette famille austère, on sent la jalousie d’Alice pour Karen, la préférence de la mère pour Karen, les thèmes qui vont être abordés lorsque la famille part visiter le prêtre du coin, qui lui aussi semble favoriser Karen.

Toutes les bases sont posées rapidement, et Sole parvient à placer quelques plans forts intéressants dans son métrage d’entrée de jeu. Jusqu’à ce, qu’à peine dix ou quinze minutes après le début du métrage, Karen soit assassinée le jour de sa communion, et que tous les indices semblent pointer du doigt la jeune Alice. Et l’enfant maléfique ou du moins avec de mauvaises intentions, ce n’est pas nouveau au cinéma. Dans les années 60 c’était déjà le cas avec Le Village des Damnés de Wolf Rilla et Rosemary’s Baby de Roman Polanski, mais ce thème continue de s’étendre dans les années 70, avec la même année que Alice Sweet Alice, un petit titre que tout le monde connaît : La Malédiction de Richard Donner. Mais Alfred Sole, également co-auteur du scénario, ne part pas dans un délire satanique ou venu d’ailleurs, il reste terre à terre dans son approche, et finalement, le personnage d’Alice n’est là que pour semer le doute et exposer ce qui ne va pas dans l’environnement qui l’entoure. Et en ce sens, Alice Sweet Alice est en effet une grande réussite. Qu’Alice soit coupable ou non n’est pas important, tant l’environnement proposé par le réalisateur et son approche réaliste dérange. Le malaise familial, la jalousie entre les sœurs, la sœur de la mère qui ne semble pas apprécier Alice, qui est d’ailleurs presque invisible aux yeux du prêtre qui fait de jolis cadeaux à sa sœur. Mais ça va bien plus loin, puisque l’on sent une approche assez anti religion dans le métrage, présente du début à la fin, et ce dés un plan anodin d’Alice devant un tableau Chrétien (plan magnifique d’ailleurs). La religion n’est cependant pas le seul thème abordé, puisqu’avec Alice au premier plan, le métrage va nous parler également de sa sexualité (l’actrice n’avait en vrai pas 12 mais 19 ans) et de ses rapports avec son environnement.

Le principal autre personnage qui sera en avant, outre la famille d’Alice et le prêtre, ce sera le gérant de l’immeuble où Alice réside, qu’Alice s’amuse à insulter dés qu’elle le peut, et dont on peut très rapidement se poser des questions sur la raison de la relation aussi tendue entre les deux. Et puis, en dehors de son propos, Alice Sweet Alice a un autre avantage, et c’est ce qui a marqué les spectateurs, à savoir donc, ces meurtres. Non pas que ceux ci soient ultra sanglants ou aient des idées ultra choquantes, ou qu’ils s’étendent sur la durée. C’est même l’opposé, c’est souvent ultra court, mais ça débarque sans prévenir comme pour fournir un petit électrochoc. Et ça marche. Mais le film est loin d’être parfait, et après une première heure tendue et passionnante, le métrage va alors mettre Alice de côté le temps d’une petite bobine de 20 minutes, et se focaliser ainsi sur son père, sa mère, sa tante. Mais sans la présence d’Alice, le métrage perds quelque peu de sa force. Alors oui, il révèle alors dans ses moments là le coupable, et il lui reste encore une demi-heure au compteur, ce qui permet d’expliquer et de rendre crédible le pourquoi du comment, et le final sera lui également très réussi, mais le métrage devient peut être alors trop classique, trop passe partout une fois Alice non présente à l’écran. Mais rien de bien grave, car si vous avez la chance de tomber sur le métrage, n’hésitez pas et laissez vous porter par son ambiance.

Les plus

Une ambiance prenante
Des meurtres brefs mais chocs
Les thèmes abordés
Paula Sheppard dans le rôle d’Alice

Les moins

Une partie un peu moins intéressante

 

En bref : Sorte de thriller très influencé par le giallo Italien, Alice Sweet Alice a de très bons atouts dans sa poche, notamment son ambiance particulière et des thèmes (religion, sexualité) bien en valeur.

4 commentaires

  1. Je connaissais le titre mais pas le contenu. Ça donne envie, ça sent le Giallo jusque dans la couleur du ciré de la petite. A l’époque des enfants tueurs, il me semble que la demoiselle n’était pas la plus tendre.

    1. Il est malheureusement assez difficile à trouver. J’ai du me faire violence pour le voir en qualité pas top et en français. Il y a clairement quelques influences giallo, mais aussi un petit côté slasher avant l’âge d’or qui est sympathique.
      Niveau enfants tueurs, j’ai Bloody Birthday de 1981 à voir, mais aucune idée de ce que ça vaut.

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