OUTLAND : LOIN DE LA TERRE (Outland) de Peter Hyams (1981)

OUTLAND : LOIN DE LA TERRE

Titre original : Outland
1981 – Angleterre
Genre : Science Fiction
Durée : 1h49
Réalisation : Peter Hyams
Musique : Jerry Goldsmith
Scénario : Peter Hyams
Avec Sean Connery, Peter Boyle, Frances Sternhagen, James Sikking, Kika Markham et Clarke Peters

Synopsis : Dans un futur lointain sur une colonie minière d’une lune de Jupiter, un marshal enquête sur une série d’incidents et met au jour un trafic de drogue.

Après s’être déjà frotté à la science fiction en 1977 avec Capricorn One, Peter Hyams revient au genre dés 1981, et avant 2010, la suite osée de 2001 qu’il signera trois ans plus tard. Pourtant au départ, Outland est prévu comme un western, mais le succès d’Alien en 1979 vient changer la donne. Alien et Outland ont d’ailleurs un point en commun, puisque la musique est dans les deux cas signée par Jerry Goldsmith, et certains éléments dans le design des décors et leur aspect plutôt sombre et réaliste sont également assez proches. Mais au final, dans son scénario et son ambiance, Outland est beaucoup plus proche du western que de la science fiction. Plusieurs incidents ont lieu sur une colonie minière de la lune de Jupiter. Pour enquêter, on y envoie un marshal, O’Neil, joué par nul autre que Sean Connery, qui, débarrassé du rôle de James Bond depuis plusieurs années, se fait plaisir en enchaînant des projets bien variés, mais qui souvent passent plutôt inaperçu, même si Outland, comme d’autres, devinrent cultes avec le temps. Pour lui, il faudra attendre la seconde moitié des années 80 pour retrouver totalement sa prestance, notamment grâce à Brian De Palma et Les Incorruptibles. Mais revenons à Outland. Sean Connery joue donc le marshal O’Neil, ou plutôt, comme il s’agît d’un western, du shérif, et en enquêtant, il va découvrir que les incidents ont lieu à cause d’une drogue augmentant la productivité des ouvriers, au détriment de leur santé mentale. Drogue validée et donnée d’ailleurs par le gérant de la colonie minière. Dans sa trame et surtout ses sujets, Outland, malgré son côté science fiction, reste très réaliste et surtout assez social.

Démantelant toute cette histoire, on va tenter d’acheter notre brave Marshall, mais il ne cédera pas. Deux tueurs qui doivent arriver par la prochaine navette sont embauchés pour l’assassiner. Et bien entendu, tout le monde sur place refuse de l’aider, par lâcheté, par peur de mourir, pas peur de se mettre les autres à dos, de perdre leur travail. Les raisons sont nombreuses. Dans cette partie là, Outland plonge à pieds joints dans le western pur et dur, avec notre pauvre Sean armé d’un fusil et devant se défendre seul contre tous. Oui, dans son intrigue, au-delà de son propos social, Outland ressemble comme deux gouttes d’eau au western culte Le Train Sifflera Trois Fois de Fred Zinnermann. Sean Connery est bel et bien ce shérif, ou plutôt ce cowboy bad-ass du far west, et il tient en parti le film sur ses épaules. À ses côtés, les seconds rôles sont souvent peu développés, à l’exception du rôle de Peter Boyle, le patron de l’exploitation. On ne saura que peu de choses des autres, peu de choses de la famille d’O’Neil. Et au-delà de Sean, c’est bien l’aspect visuel qui interpelle le spectateur. L’histoire elle et simple, très simple, et dans sa seconde heure, Outland ne se révèle être qu’un face à face. Mais un face à face efficace et couillu. En tout cas, avec un budget confortable pour 1981, Peter Hyams, à la fois scénariste, réalisateur, et directeur de la photographie non crédité (pour faire simple, il a embauché un directeur de la photo juste pour le créditer et que le studio lui foute la paix, sympa) livre un travail plutôt impressionnant et prouve qu’il est à l’aise dans le genre.

Les plans dans l’espace sont magnifiques, la gestion des décors et de l’espace en met souvent plein la vue, et les nombreux décors intérieurs sont crédibles, faisant le choix de la science fiction réaliste, et donc pas du tout glamour. Il est même assez étonnant de remarquer que James Cameron semble s’être quelque peu inspiré de Outland pour son Aliens le Retour quelques années plus tard. Enfin, pas si étonnant que ça quand on prend en compte le fait que Cameron avoue être fan du travail de Hyams, et que c’est lui qui le conseilla à la production des années plus tard pour réaliser…La Fin des Temps (qu’importe la qualité finale du film). Bref, Outland est un bon film, et surtout un film qui vieillit bien puisqu’il décrit un futur tout à fait possible et peu fantaisiste. Mais Outland n’est pas pour autant parfait, et avec un scénario au final assez mince, il n’échappe pas mi-parcours à quelques petites longueurs. La fin de la première partie, à partir du moment où le vrai coupable est démasqué et que la vie de O’Neil est en jeu, met un certain temps avant de passer la seconde vitesse pour nous amener au fameux duel de notre marshal seul contre tous. Ce n’est pas ennuyeux, loin de là, mais le film semble alors vouloir quelque peu retarder l’inévitable. Ce qui est dommage, puisque la dernière demi-heure se fait plutôt tendue lorsqu’elle se déroule dans le vaisseau avec ce jeu de cache cache, puis carrément dans l’espace pour le grand final.

Les plus

Un western dans l’espace
Le côté science fiction réaliste
La dernière partie
Visuellement ça a de la gueule
Sean Connery

Les moins

Quelques petites longueurs 

En bref : Véritable western mais dans l’espace, Outland a un scénario très classique mais parvient à passionner. Visuellement il contient beaucoup de bonnes choses, et Sean Connery est très bon dans son rôle. Quelques longueurs mi-parcours, mais rien de véritablement gênant pour apprécier le film.

7 réflexions sur « OUTLAND : LOIN DE LA TERRE (Outland) de Peter Hyams (1981) »

  1. Un formidable western spatial emmené avec autorité par un Sean Connery en grande forme. Un classique, à l’instar du passionnant « Capricorn One »… Très bon texte, tu as tout dit ! Dommage que Peter Hyams reste encore aujourd’hui un cinéaste un brin sous estimé (il faut revoir aussi son excellent thriller « La Nuit des Juges », bientôt en Blu-ray chez L’Atelier d’Images). Sinon, Hyams a fait bien pire que « La Fin des Temps » : le calamiteux « D’Artagnan »… Sinon, son fiston John n’a pas l’air non plus manchot : tu as vu ses « Universal Soldier » ?

    1. Et bien, je ne pensais pas avoir autant de fans de ce film (bon, les deux plus grands commentateurs ^^).
      Oh La Fin Des Temps, c’est nanar, mais je trouve ça regardable. D’Artagnan, jamais osé… et c’est pas prévu.
      J’ai vu ses deux Universal Soldier au fils Hyams. Le premier qu’il a fait est sympathique, même si ça reste un film d’action de série B basique (mais bien troussé). Le second qu’il a fait par contre, c’est un autre niveau : des idées de mise en scène, ultra violent, assez expérimental (pas mal d’emprunts au cinéma de Gaspar Noé j’ai trouvé). J’aime beaucoup.

  2. Tu ne pouvais pas me faire plus plaisir avec ce film. Je l’adore. Bien meilleur que « High Noon » (de Fed Zinnemann, pas de « r »). Tiens, rien qu’à lire ton article me vient l’envie de me le projeter à nouveau. Hyams avait déjà sacré bien relevé le pari avec Capricorn One. de son « 2010 » je n’ai qu’un vague souvenir diffus de l’avoir vu, mais incapable de faire revenir la moindre image en mémoire. Et puis la suite de sa filmo… hélas. Mais j’invite tous ceux qui n’ont pas vu « Outland » de voir cet excellent western/Polar/Film Noir spatial (à faire jaunir Carpenter de jalousie). Un Sean Connery à son meilleur, qui retrouvera Hyams dans « The Presidio », film que je n’ai pas vu.

    1. Et bien si j’avais vu, j’aurais posté cet article plus tôt, il attendait depuis des mois quand j’ai eu la chance de voir le film pour la première fois.
      Retente son 2010. Forcément moins bon et moins percutant que le Kubrick, mais un film de SF bien troussé et intéressant.
      Pas vu non plus son The Presidio, mais étant donné que j’aime bien Hyams (bon pas récemment hein quand même), ça peut se tenter si je le trouve.
      En tout cas je prépare quelques petits films cultes/oubliés des années 80 bientôt. Dont L’Invasion Vient de Mars de Hooper que j’ai vu pour la première fois hier soir.

      1. « The Presidio » (qui, jadis, passait souvent sur TF1) reste tout de même bien inférieur à la bombe « Outland ». Mais le film vaut le coup d’œil ne serait-ce que pour la prestation de Connery, parfait en vieux briscard de l’US army (avec quelques jolies punchlines en prime). En revanche, de Peter Hyams, je vous en conseillerais un bien meilleur : « Le Seul Témoin » (1990). Un suspense bien troussé avec un autre géant aujourd’hui à la retraite : Gene Hackman…

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