DOOM ANNIHILATION de Tony Giglio


DOOM ANNIHILATION

Titre original : Doom Annihilation
2019 – Etats Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Tony Giglio
Musique : Frederik Wiedmann
Scénario : Tony Giglio
Avec Amy Manson, Louis Mandylor, Nina Bergman, Kate Nichols, Dominic Mafham, Amer Chadha-Patel, Jemma Moore et James Weber Brown

Synopsis : Un groupe de Marines de l’espace se rend sur une des lunes de Mars, après avoir reçu un message de détresse. Ils vont y trouver des créatures démoniaques, qui pourraient menacer toute vie sur Terre.

Ah Doom. En 2005, la saga avait été déjà adaptée au cinéma pour la sortie de Doom 3. Ça avait donné le mauvais mais rigolo Doom de Andrzej Bartkowiak, avec Dwayne Johnson. C’était pas terrible oui, c’était souvent sombre, ça se prenait les pieds dans le peu d’histoire que ça racontait, il y avait une scène en vue FPS de 7 minutes totalement inutile, et puis, voilà. Car oui, quand on fait un film, si on nous retire la manette des mains, une scène FPS, c’est moins fun. Puis quand on adapte un jeu dont le postulat est « la porte de l’enfer s’ouvre », et bien si on nous change ça par une explication scientifique donnant « l’enfer est une métaphore », il y a de quoi crier. Un peu. Puis Doom est tombé dans le silence, autant en jeux qu’en films. Mais 2016 arriva, avec le remake de Doom sur les consoles nouvelles générations. Un bon carton, un jeu bourrin et sympa comme il faut même si un peu court. Doom est relancé, et d’ailleurs, une suite doit sortir cette année (en Novembre si je me souviens bien). L’industrie cinématographique ne pouvait pas en rester là, et le studio derrière Doom devait rebondir. Universal avait distribué Doom en 2005, et bien la branche Universal 1440 Entertainment produira ce coup-ci ce reboot de Doom, reboot qui fut annoncé discrètement en Avril 2018 déjà par le studio puis par certains acteurs via…instagram. Quelle communication. Un tournage rapide et sans doute fauché plus tard en Bulgarie, quelques reshoots, et voilà le film prêt à débarquer le 1er Octobre 2019. Un rapide coup d’œil à l’équipe car on adore faire ça ici. Ah, le film est réalisé par Tony Giglio, fort bien… Ok, je ne sais pas qui c’est, rapide tour sur imdb. Ah, Chaos avec Jason Statham, le film d’horreur Timber Falls en CV de réalisateur, et Death Race 2, 3 et 4 comme scénariste… Tout en ayant secondé monsieur Paul WS Anderson comme réalisateur de seconde équipe sur Resident Evil Afterllife. Hmmm je sens qu’on va devoir réfléchir sur Doom Annihilation !

Et le casting ? Amy Manson en premier rôle, plutôt habituée aux séries TV ou aux petits rôles, Dominic Mafham habitué au DTV (Sniper Legacy, Coeur de Dragon 3, Backdraft 2) en scientifique, quelques inconnus, et pour s’assurer de l’acting de qualité, Louis Mandylor. Comment ça ce monsieur ne vous dit rien ? Mais si, regardez bien son nom de famille, réfléchissez deux minutes et revenez me parler ! Oui, le frère de Costas Mandylor, vous voyez maintenant ? L’inexpressif des Saw, c’est son frère. Plot twist : Louis n’est pas un meilleur acteur, ici en tout cas. Mais comme on ne peut pas juger un film aux CV de ces acteurs et de son réalisateur, plongeons dans l’aventure de ce nouveau Doom. Après l’équipe envoyée sur une base sur Mars pour sauver les scientifiques, comprendre ce qui a mal tourné et tuer des monstres, nous avons ici une équipe, assignée sur une base sur Mars, mais pas de bol, dés leur arrivée, les scientifiques de la base font une expérience sur la téléportation en utilisant un portail et ça tourne mal. Il va donc falloir comprendre ce qu’il s’est passé, sauver les rares survivants, et tuer toute menace. Grosse modo donc, la même chose, même si l’on sent de la part du réalisateur scénariste une envie certaine de coller un peu plus à l’ambiance et au scénario de Doom 3 le jeu que la précédente adaptation, avec les militaires simplement assignés sur la base, l’expérience qui tourne mal, les humains possédés par des démons. Et pour se rapprocher encore plus de Doom le jeu, on aura enfin des démons, des vrais qui lancent des boules de feu comme dans les jeux, et même un portail vers l’enfer, qui sera utilisé et sera la cause de tout. Mais ceci ne fait pas de Doom Annihilation un bon film, et surtout, avec un titre comme Annihilation, comment ne pas penser à un des plus gros traumatismes des adaptations vidéoludiques, à savoir Mortal Kombat Annihilation.

On avait reproché à Doom en 2005 d’être trop sombre ? Ah ben on nous a écouté, ce Doom Annihilation est bien trop lumineux, ne sachant jamais jouer sur l’obscurité, la peur, le doute, les jeux d’ombres, rien. De plus, le film étant un DTV qui n’a pas du bénéficier d’un bien gros budget, il s’en dégage quasi constamment un côté totalement cheap. Doom Annihilation est un DTV oui, et on n’a pas besoin de se renseigner pour le savoir. L’éclairage est cheap, les décors sont souvent cheap, même les armes font très armes en plastiques qui doivent peser un poids plume. De plus, ce Doom version 2019 partage quelques défauts et quelques éléments avec le Doom version 2005, à savoir une première partie voulant jouer sur l’exploration et l’ambiance, et nous présenter des personnages clichés et peu intéressants. Du coup, ça parle, ça évolue dans des couloirs vides, rien de bien passionnant. La différence, c’est que même si trop sombre, Doom 2005 était un film de cinéma avec une mise en scène de cinéma, alors que Doom 2019 est un DTV qui sonne cheap. Aie ! Et l’action quand elle débarque ? Ben, malheureusement, elle fait toujours cheap, mais Annihilation a au moins le mérite de nous dire que devant nous, ce sont vraiment des démons, qui possèdent des humains les transformant en sorte de zombies. À l’opposé de l’enfer métaphorique et du virus qui contamine de la précédente adaptation. Sauf que dans les faits, ça nous donne encore des zombies qui courent qu’il faut flinguer avec des guns en plastiques. Diantre !

Et du coup sur toute la durée, on se dit qu’il y aurait eu moyen avec un meilleur budget d’avoir au moins un résultat potable, tandis qu’à l’écran, les fusillades s’enchaînent, et que quelques démons lanceurs de boules de feu débarquent à l’écran. Juste quelques uns, puisque le budget n’était pas bien haut pour nous faire une vraie attaque synchronisée de dizaines de démons. Et au milieu de tout ça, et bien, il reste le final. L’équipe se lâche là en CGI pour nous présenter ce qu’il y a de l’autre côté du portail, pour nous montrer l’enfer comme on dit. On ne peut qu’être déçu du résultat, même si au vu du côté cheap du reste de l’entreprise, je m’attendais à beaucoup pire. Ce n’est pas très beau, mais j’ai vu bien plus moche, et on pourrait même dire que ça passe. Et bien entendu, il y a les derniers instants qui annoncent une suite en cas de succès relatif, qui n’arrivera sans doute pas, car Doom Annihilation va se faire descendre par les fans du jeu, et par les amateurs de cinéma tout court. Pire que la précédente adaptation ? Et bien, j’aurais aimé dire que c’est meilleur et un peu plus fidèle, sauf que l’aspect bien fauché encore une fois ne joue pas en sa faveur, et là où Doom savait parfois se montrer ridicule et donc rigolo en 2005, ce nouvel opus n’a pas ce même capital sympathie. Sans doute juste un poil plus de gore, de vrais démons, la vision de ce qu’il y a derrière la porte de l’enfer, mais c’est bien peu pour 1h33 assez pauvres. Mais pouvait-il en être autrement avec un petit budget pour le marché de la vidéo ? Pas si sûr au final !

Les plus

Un poil plus fidèle
Un peu de gore

Les moins

Incroyablement trop cheap
Des décors et une photographie trop clean
Encore des zombies

 

En bref : Doom Annihilation n’est pas mieux que Doom en 2005. Il a coûté beaucoup moins cher, et fait beaucoup plus fauché, forcément, dans ses décors, son éclairage, ses monstres aussi. Il a beau être plus fidèle, et relativement rythmé, l’aventure reste basiquement du même niveau.

2 commentaires

    1. Je me suis dis la même chose en regardant mes captures en fait haha ! L’aspect cheap se voit mieux quand tout est en mouvement (les boules de feu bien bien crades, les monstres en costumes en latex peu crédibles, le peu de couloirs trop éclairés). Mais par contre avec le recul, la fin est pas si mauvaise, compte tenu bien entendu du budget.

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