THE WOLF HOUR de Alistair Banks Griffin


THE WOLF HOUR

Titre original : The Wolf Hour
2019 – Etats Unis / Angleterre
Genre : Drame
Réalisation : Alistair Banks Griffin
Musique : Danny Bensi et Saunder Jurriaans
Scénario : Alistair Banks Griffin
Avec Naomi Watts, Jennifer Ehle, Brennan Brown, Kelvin Harrson Jr. et Jeremy Bobb

Synopsis : Juillet 1977. June Leigh, était autrefois une figure célèbre de la contre-culture, mais c’était il y a une décennie. Cette ancienne romancière vit désormais seule dans son appartement au sud du Bronx, coupée du monde extérieur. Alors que le tueur en série surnommé sème la terreur dans tout le quartier, June n’a qu’à regarder par la fenêtre pour voir la violence s’intensifier sous l’effet de la canicule estivale. La ville est sur le fil du rasoir, un autocuiseur sur le point d’exploser dans les émeutes incendiaires de New York de 1977.

Un contexte historique, un huis clos dans un appartement, une actrice présente dans 98% des plans, un mix entre le thriller et le drame, sur le papier, The Wolf Hour avait tous les atouts pour me plaire. Des critiques très positives lors de ces différents passages en festival, que ce soit en Amérique ou en France, mais des retours public beaucoup moins enthousiastes, certaines ne voyant pas l’intérêt du film ou critiquant l’absence d’histoire tangible. Ah, voilà qui titille encore plus ma curiosité. The Wolf Hour se déroule donc dans un petit appartement miteux à New York, en 1977, durant une période assez violente qui amena à un blackout complet de la ville. June, jouée par Naomi Watts, est une écrivain, agoraphobe, qui ne quitte jamais son appartement, faisant appel à des coursiers pour livrer des paquets, et se faire livrer ses courses. Elle observe le monde depuis sa fenêtre, se sert d’une corde pour jeter ses ordures jusqu’à la rue, vit dans un bordel monstre. Une vraie recluse qui a peur du monde extérieur, ou disons plutôt de la réalité des choses et du contact humain. Pour ne rien arranger, elle se fait harceler par quelqu’un qui sonne à n’importe quelle heure chez elle. Et en plus, elle n’arrive à rien écrire, quelque peu traumatisée par le raz de marée familial provoqué par la sortie de son précédent roman, best seller pourtant. Voilà pour la base, et en fait, la moelle même du récit de The Wolf Hour, un film concept en quelque sorte, qui rappelle un peu le Polanski des années 60 et 70, notamment sa fameuse trilogie composée de Répulsion, Rosemary’s Baby, et Le Locataire. En particulier le premier et le dernier.

The Wolf Hour est un pur film d’ambiance, qui mise tout sur les deux éléments que l’on voit constamment à l’écran, à savoir donc l’appartement, et June. Heureusement, pour le premier, le jeune directeur de la photographie Khalid Mohtaseb livre une copie très propre, sombre, mais contrastée, convenant parfaitement au climat qui anime New York à ce moment là. Et heureusement pour June, elle est interprétée par la talentueuse Naomi Watts, la révélation des Enfants du Maïs 4 en 1996…. Euh je veux dire de Mulholland Drive en 2001, qui aura continué à prouver de manière régulière son talent avec par exemple 21 grammes en 2003, Les Promesses de l’Ombre et Funny Games en 2007, Adore en 2013 ou récemment Twin Peaks the Return. Une carrière intéressante, où l’on pardonnera les quelques erreurs de parcours, comme le pas très intéressant Dream House en 2011, les deux opus de Divergente, ou encore le huis clos produit par Besson Oppression en 2016. Ici, elle est habitée par le rôle, et Alistair Banks Griffin, réalisateur et scénariste, la met parfaitement en valeur, que ce soit en grand angle dans la pénombre de son appartement, ou en plan rapproché joliment éclairé lorsque June panique ou se laisse aller. De par son ambiance et son personnage central et quasi unique, The Wolf Hour se fait oppressant (bien plus que le film Oppression tiens), l’on pourrait même dire dépressif par moment. Plus qu’une intrigue avec son lot de faux mystères, The Wolf Hour traite surtout de son personnage central, de ses traumas, de ses rares tentatives de connexions avec le monde extérieur. En bref, le cheminement qui l’amène de sa situation initiale de recluse au début du film jusqu’au dénouement. Voilà là la déception du public vis-à-vis du film. The Wolf Hour est un faux thriller.

Quelqu’un harcèle June en sonnant à sa porte constamment. Qui ? Pourquoi ? Peu importe, cela ne fait que refléter au final la réalité de New York durant cet été 1977. June observe le monde extérieur et sa violence depuis sa fenêtre, mais cela n’amène finalement pas grand-chose, à part confirmer l’isolement de June et amener au fameux blackout qu’a connu New York. Des faux mystères en quelque sorte, là pour poser une ambiance lourde plus que d’éventuels rebondissements narratifs. Et ça a marché du tonnerre sur moi, du moins pendant 1h20. L’ambiance fait le boulot, le sentiment d’oppression vécu par June est tangible, Naomi Watts totalement investie, ces rares interactions avec le monde extérieur, que ce soit une amie qui veut prendre soin d’elle, un flic un peu louche, son livreur finalement plus gentil qu’il n’en a l’air fonctionnent très bien. J’ai été happé par cette descente dans le mental du personnage. Et puis il y a la fin, plus classique et plus clair dans là où le film veut en venir depuis le début en prenant place à cette période de l’histoire, et j’ai trouvé ça immédiatement moins prenant. Vingt minutes pas déshonorantes et pertinentes avec le reste du film, mais auxquelles on accroche moins. Ou du moins, auxquelles j’accroche moins. Mais malgré ce final décevant, j’aurais beaucoup adhéré à la proposition du film, et je dois même avouer que revoir un drame où l’appartement peut-être vu comme une extension du mental du personnage principal, ça m’a fait plaisir et rappelé de grands moments de cinéma.

Les plus

Naomi Watts, juste et investie
Une mise en scène et photographie léchées
Une première heure oppressante
Ça rappelle les débuts de Polanski

Les moins

Un final en deçà du reste

 

En bref : Faux thriller mais vrai drame oppressant, The Wolf Hour prend place uniquement dans un appartement et majoritairement avec Naomi Watts à l’écran. Et ça fonctionne du tonnerre malgré un final un peu prévisible et classique.

2 commentaires

  1. En effet, ce que tu décris fait penser à du Polanski pur jus. On peut aussi penser à « Bug » de Friedkin, sans peut-être la parabole isolationniste d’un pays parano et assiégé.
    Et puis Naomi Watts en brune, j’achète.

    1. C’est totalement du Polanski, même jusqu’à sa gestion du décor par moment. Bug j’avais beaucoup aimé, mais pas revu depuis un bail alors que j’avais sorti le dvd (aucun Blu-Ray en France il me semble snif) pour le revoir.
      Ah ah, amateur de Naomi Watts donc à ce que je lis 😉

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