BLOOD MACHINES de Seth Ickerman


BLOOD MACHINES

Titre original : Blood Machines
2019 – France
Genre : Science Fiction
Réalisation : Seth Ickerman
Musique : Carpenter Brut
Scénario : Seth Ickerman et Paul La Farge
Avec Elisa Lasowski, Anders Heinrichsen, Christian Erickson, Natasha Cashman, Walter Dickerson et Joëlle Berckmans

Synopsis : Deux chasseurs traquent une machine qui tente de s’émanciper. Après l’avoir abattue, ils assistent à un phénomène mystique : le spectre d’une jeune femme s’arrache de la carcasse du vaisseau comme si elle avait une âme.

Certains, comme moi, se rappellent de cette douce année 2016 et de l’apparition sur la toile du clip Turbo Killer pour Carpenter Brut. Un clip électro sentant bon les années 80, les néons, et surtout bénéficiant d’un soin visuel hallucinant. 4 minutes de pur bonheur, et en plus, oh surprise, ça venait de la France. Seth Ickerman, cité comme réalisateur, est en réalité un collectif de deux réalisateurs bien de chez nous, Raphaël Hernandez et Savitri Joly-Gonfard. Et dés cette année 2016, l’envie d’étendre le concept nait. Fin d’année, une compagne kickstarter est lancée, et ramasse plus que prévu, malgré le concept totalement fou. Faire un film de 30 minutes ayant les ambitions d’un long métrage Hollywoodien, mais finalement, se retrouvant avec le budget d’un film indépendant. Voir moins, car si j’en crois la page kickstarter toujours en ligne, ils auront récoltés la somme de 117 000 euros. Pas énorme pour de la science fiction. Mais c’est sans compter sur une équipe de motivés, et surtout le savoir faire des deux réalisateurs, habitués à tourner avec trois frois rien dans leur garage. Le film se tourne, non sans difficultés durant l’année 2017, et s’ensuivent deux années de post production. Oui, c’est long deux années. Et nous voici finalement en 2020, où l’on peut découvrir sur la plateforme Shudder le résultat final, durant 50 minutes au lieu des 30 minutes initialement prévues. Est-ce que Blood Machines fonctionne et délivre la marchandise attendue, tout en se faisant autant jouissif que Turbo Killer malgré sa beaucoup plus longue durée (50 minutes contre 4 minutes donc) ? Alors on ne va pas mentir, le changement de format, ainsi que la volonté (sans doute de la plateforme diffusant le métrage) de découper l’ensemble en trois épisodes durant entre 16 et 21 minutes, et donc d’avoir un générique coupant un peu le rythme toutes les 15 minutes, ce n’était sans doute pas les meilleures idées du monde.

Car en se voulant à la fois un film musical et un film de science fiction, et bien 50 minutes, c’est un peu court pour raconter une histoire et développer les personnages, ainsi que nous faire bien comprendre tout ce qu’il se passe, les tenants et aboutissants de l’histoire, même si la priorité du métrage n’est absolument pas là. Mais c’est un peu long également pour un clip musical, 50 minutes. Mais pourtant, pour peu que l’on apprécie le travail visuellement des deux réalisateurs, ainsi que la musique de Carpenter Brut, ça passe comme une lettre à la poste. Blood Machines est une lettre d’amour aux années 80, à la synthwave, à la science fiction. De la SF expérimentale, colorée, ça ne se refuse pas. Blood Machines est un pur plaisir pour les yeux. C’est d’ailleurs, avec son ambiance sonore, son principal atout. Dés la scène d’ouverture, avec ce vaisseau qui se crashe sur une planète, poursuivi par une autre vaisseau dont les deux pilotes sont là pour récupérer l’intelligence artificielle défaillante du dit vaisseau, ça en met plein la vue. Bien entendu, rien ne va se passer comme prévu, puisque sur cette planète, un groupe de femmes va réveiller l’intelligence artificielle du vaisseau, qui va prendre la forme d’une femme, et va se sauver dans l’espace. Une course poursuite va alors commencer. Voilà, basiquement, la base de l’histoire, et ce que l’on comprend au premier coup d’œil, le reste étant plus sujet à interprétation. Tant mieux dans un sens, le métrage évite le piège de l’explication à outrance. Mais le plus surprenant, du moins durant le premier épisode de 16 minutes, c’est le manque de musique. Blood Machines reste un film musical avant tout, mais la première partie reste silencieuse et met en avant son univers et son visuel. Ça fonctionne, et il faut dire que le design est très sympathique, entre des vaisseaux qui ont clairement de la gueule et donc, une réelle personnalité, et quelques idées originales, non pas dans ce que le film raconte, mais dans sa manière de mettre des éléments visuellement en avant.

Mais c’est véritablement à partir du second épisode que Blood Machines montre ce qu’il a dans le ventre. Deux scènes en particulier, musicales et assez longues, imprimeront la rétine des connaisseurs et des fans du style. La première prend place dés le début du second épisode, avec la poursuite dans l’espace de l’intelligence artificielle, nommée Mima, jouée par Joëlle Berckmans, déjà présente dans le clip Turbo Killer. Elle est encore magnifiquement mise en avant, même si le métrage appuie énormément sur la sexualité de la machine et de l’actrice, se retrouvant le plus souvent totalement nue. L’autre scène qui marque, c’est bien entendu la scène finale, longue et rappelant encore une fois Turbo Killer dans son concept et son design, tout en allant bien plus loin. Et c’est pour cela, dans ses quelques moments purement jouissifs et hallucinants, que l’on pardonne ces quelques égarements, Blood Machines délivrant dans un sens exactement ce que l’on attendait de lui, même si on pouvait également attendre plus de lui. Soit qu’il soit un peu plus court pour nous livrer bien plus de séquences comme ces deux scènes marquantes lors des épisodes 2 et 3, soit en se faisant plus long pour exploiter son concept et son univers à 100%. Mais finalement, est-ce vraiment un mal ? Blood Machines reste un métrage à part, qui s’adresse avant tout à ceux qui trouveront exactement ce qu’ils attendaient dans le métrage. Pour les autres, vous pouvez toujours tenter, l’aventure ne durant au final que 50 minutes, même si vous n’aimez pas, vous ne perdrez pas beaucoup de votre temps.

Les plus

Visuellement hypnotisant
La musique de Carpenter Brut
La direction artistique qui en met plein les yeux
Deux scènes jouissives

Les moins

Trop court pour développer son univers
Trop long pour un simple clip musical

 

En bref : Blood Machines, c’est la synthèse des années 80, de la synthwave, et de la science fiction, pour 50 minutes pas parfaites mais souvent jouissives et impressionnantes.

9 commentaires

  1. Trop court pour développer son univers
    Trop long pour un simple clip musical

    C’est ce qui me faisait peur. Mais ça a l’air bien finalement ! Merci pour la review. Je suis archi fan de Carpenter Brut. J’écoute en boucle les titres présents sur les albums HOTLINE MIAMI 2 ou encore FURI, par exemple.

    1. Pareil, j’écoute très souvent les morceaux Roller Mobster et Le Perv de HOTLINE MIAMI 2 ! Là j’ai rajouté à ma playlist 3 morceaux de BLOOD MACHINES, et j’ai d’ailleurs fais du thème mon réveil matin 😀 Bon ça me motive pas pour autant pour aller bosser, mais ça fait le taf haha.

      Mais oui, il y a des défauts, mais certaines scènes sont si marquantes que je pardonne. Ça laisse un souvenir que je n’oublierais pas de sitôt.

  2. Mazette, ça a une drole de tête ce film !
    Je découvre une univers, y compris musical. Le nom de Carpenter Brut ne m’était pas inconnu, ceci dit.
    Va falloir que je m’imbibe sérieusement !

    1. Tu peux tenter leur clip TURBO KILLER donc, bonne mise en bouche, hyper bien fichu, et seulement 4 minutes. Après, ils ont bossés sur l’ost du jeu Hotline Miami 2 qui est excellente (avec d’autres groupes du même style genre Perturbator).
      Après si tu n’adhères pas au clip, pas la peine d’aller plus loin dans cet univers.
      Et demain soir, je te ferais découvrir autre chose, je tiens enfin une vieille promesse : il va y avoir du Misty Mundae 😀

      1. Wow, la claque!
        On n’est pas loin aussi de l’univers de Bertrand Mandico (cf le Niemand de Kompromat). Du coup j’ai très envie de voir le film !

      2. Et bien, content que ça t’ai plus à ce point dis donc !
        Si ça t’intéresse, je pourrais te filer une copie digitale du film, je viens de faire la même à mon pote Oli qui squatte maintenant également ton blog 😉

      3. Ah non je n’ai pas ton mail, vrai que ça aiderait pour les messages un peu plus perso ou qui parfois ont tendance à dévier grandement des sujets de base.

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