TEMPLE de Michael Barrett


TEMPLE
Titre original : Temple
2017 – Etats Unis / Japon
Genre : Fantastique
Réalisation : Michael Barrett
Musique : Edmund Butt
Scénario : Simon Barrett

Avec Logan Huffman, Natalia Warner, Brandon Sklenar, Takenaka Naoto, Uchida Asahi et Kurokawa Mei

Synopsis : Christopher part au Japon avec son amie Kate et son petit ami James. Kate se met en tête de visiter les temples des régions reculées, et après avoir trouvé un livre étrange dans une boutique, ils partent tous les trois vers un tout petit village pour voir un temple en haut d’une montagne.

Coproduction entre les Etats Unis et le Japon, Temple ne bénéficie pas d’une bonne publicité. D’ailleurs, autant dans son contenu qu’au final dans sa réception, il me fait penser au petit film The Forest de Jason Zada, petit film avec Natalie Dormer qui s’est un peu fait descendre de partout, mais qui en soit propose un spectacle correct. Temple, avec ses critiques désastreuses et sa moyenne imdb de 3,6, c’était un peu la même chose. On remplace Natalie Dormer par trois touristes Américains, à savoir Christopher qui filme un peu tout, sa meilleure amie Kate et son petit copain James. On remplace la forêt maudite par quelques superstitions et par un temple maudit perché en pleine montagne à côté d’un petit village, et voilà. Alors, on peut le dire, Temple n’est pas le film du siècle, il ne va pas renouveler le genre, autant du côté Américain (les touristes perdus dans des lieux hostiles, la caméra embarquée, on commence à connaître), que du côté Japonais (les superstitions, le temple, les locaux peu bavards), mais il s’en sort finalement plutôt bien. En fait, en sélectionnant ce petit film sur Netflix, je m’attendais à tout, surtout au pire, que les quelques instants suivant le lancement du film furent plutôt salvateur. C’est bien filmé, agréable à l’œil, malgré le petit budget la photographie est on ne peut plus soignée, ça joue même plutôt bien, on reconnaît quelques acteurs Japonais comme Takenaka Naoto (que j’avais découvert il y a bien longtemps dans les premiers métrages cinéma de Miike, mais dont la carrière compte plus de 200 œuvres). Bref, on est confiant.

Et avec en plus sa courte durée de 1h18, on se dit pourquoi pas, et oui, en un rien de temps, j’en serais arrivé au bout, en m’exclamant à la fin « ben c’était sympa comme tout au final ». Prenant son temps (tiens, comme The Forest d’ailleurs), Temple nous fait suivre donc le périple de 3 Américains depuis leur arrivé à Tokyo jusqu’à certains tragiques événements. Le film alterne les tons et les styles, sans pour autant céder à la tentation de telle ou telle mode. Oui, Christopher passe son temps avec sa caméra et filme un peu tout, même ce qu’il ne devrait pas filmer (Kate et James faisant des choses pas très catholiques la nuit dans leur chambre), mais le métrage n’en abuse pas et soigne l’enrobage pour ne pas nous faire penser à un énième found footage filmé avec les pieds. Oui, le métrage nous amène vers des horizons bien connus, avec des fantômes, des monstres ou autres apparitions étranges et furtives à l’écran, mais le fait de manière simple. À savoir, pas de jumpscares et de sons qui débarquent au volume 500 pour nous faire sursauter. Il préfère poser son ambiance durant 1h18 sans offrir au jeune public les grosses sensations fortes dont il semble tant friand (et que je déteste tant). Du coup, Temple commence en fait bien, même s’il faut aussi avouer qu’en jouant autant sur l’ambiance avec une courte durée, le métrage aborde un rythme lent, très lent. En vrai, il ne se passe même pas grand-chose la plupart du temps, même si au final, l’exploration du Japon par ces trois touristes était plutôt sympathique.

C’est bien entendu une fois arrivé au petit village et une fois que le groupe prend la route du temple dans la dernière partie que tout va se bouger, et malgré quelques maladresses, et surtout un final qui veut en faire un peu trop, et bien encore une fois, ça tient plutôt bien la route. Le film nous délivre quelques très beaux plans d’atmosphères en pleine forêt de nuit, joue beaucoup sur les ombres et silhouettes pour ne pas en révéler trop (et ainsi ne pas tomber dans le ridicule, malgré un ou deux éléments plutôt grotesques), et si certaines images semblent bien clichées, comme avec ses « enfants démons » (mais bon, le film est une co-production avec le Japon, donc forcément), l’ensemble passe bien. Alors oui, certains rares moments sont un peu confus, et les personnages, bien que pas catastrophiques, ne sont pas des plus attachants, mais durant toute la courte vision, j’ai cherché l’élément qui faisait détester ce film à son public, sans réellement mettre la main dessus, tant les 1h18 sont passées rapidement et tant l’ensemble tient tout de même la route. Pleins de petits défauts, mais finalement, un certain capital sympathie pour une œuvre pas inoubliable, mais qui cherche à surfer sur plusieurs genres sans tomber totalement dans ses travers. Et rien que ça, en plus d’être solide visuellement, ça vaut la moyenne.

Les plus

Plutôt bien filmé
Quelques bons moments d’atmosphères
Un film court et plaisant

Les moins

Des personnages pas assez développés
Un final un peu confus et même raté
Assez classique

En bref : Temple ne mérite pas sa piètre réputation. Certes niveau peur et film horrifique, on a vu bien mieux, mais le film évite les caméras qui tremblent ainsi que les jumpscares énervants, et se fait plaisant à suivre.

2 commentaires

  1. Un final où on ne voit plus rien surtout j’ai l’impression ! C’est tout de même un peu limite de la part d’un réal qui est d’abord directeur de la photo. 🤔
    Je crois que je deviens allergique aux films tournés au caméscope. Ça me fatigue.

    1. Étant très curieux et comme j’avais envie de te répondre avec de la substance, je me suis renseigné. Le film a donc été tourné avec la caméra Sony F55. Caméra beaucoup utilisée pour des séries, ou pour certaines scènes de films comme Fast and Furious 7, Tomorrowland, ou intégralement pour Insidious 3 de Whannell.
      En tant que Directeur de la photo, j’ai remarqué qu’il a surtout beaucoup bossé sur des comédies (les deux Ted, le troisième Harold et Kumar, Zookeeper). Je pense que pour passer à la mise en scène, il a voulu tenter plus de choses, d’où l’horreur, un visuel sombre et une ambiance lente.
      Mais bon, promis, après deux films disponibles (voir produits) sur Netflix, je change de registre pour le prochain écrit.

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