TREMORS: SHRIEKER ISLAND de Don Michael Paul (2020)

TREMORS SHRIEKER ISLAND
Titre original : Tremors: Shrieker Island
2020 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h43
Réalisation : Don Michael Paul
Musique : Frederik Wiedmann
Scénario : Don Michael Paul et Brian Brightly

Avec Michael Gross, Richard Brake, Jackie Cruz, Jon Heder, Caroline Langrishe, Ron Smoorenburg et Bear Williams

Synopsis : Des riches chasseurs modifient génétiquement des œufs de Graboïdes pour créer une expérience de chasse inouabliable. Mais il ne faut pas longtemps pour que leur proie s’échappe de leur petite île et commence à terroriser les habitants d’un centre de recherche. La directrice du laboratoire et son second, Jimmy, trouvent le seul homme qui soit expert dans l’abattage des Graboïdes : Burt Gummer !

Qui aurait cru en 1990 lorsque Ron Underwood réalisa Tremors avec Fred Ward et le jeune Kevin Bacon que le film deviendrait culte, et deviendrait une longue saga sous la bannière d’Universal ? Et bien pas moi, même si Tremors fut rapidement culte, la VHS ayant tournée comme pas possible à l’époque. Puis le DVD. Et maintenant le Blu-Ray. Mais voilà, depuis Tremors 4, les créateurs originaux ne sont plus derrière le projet, et c’est Don Michael Paul à la barre depuis 2015. 5 ans, et trois films pour la saga, tout en prenant le temps de livrer entre deux métrages d’autres DTV pour la Universal, comme Death Race 4, Sniper Ghost Shooter ou un nouveau Le Roi Scorpion. Après un Tremors 5 moyen mais sympathique malgré tout et un Tremors A Cold Day in Hell qui faisait plus fauché qu’autre chose et enfonçait un peu plus la saga, que pouvions nous attendre de Tremors 7, nommé Shrieker Island ? Pas grand-chose. Après avoir voulu délocaliser l’aventure dans le 6 dans des lieux enneigés, Shrieker Island veut être l’opus du renouveau, tout en étant clairement l’opus qui citera le plus le reste de la saga. N’ayez crainte, Burt Gummer est toujours présent, et après tout, c’est lui le lien entre absolument tous les opus, même lorsque l’histoire se déroule 100 ans en arrière dans Tremors 4. On délocalise ce coup-ci sur une île tropicale (le film fut tourné en Thaïlande), et on met dans les pattes de Burt, venu une nouvelle fois sauver la situation, une équipe de chasseurs expérimentés qui sont là pour une petite partie de chasse. Pour faire plaisir aux fans, on nous remet également les fameux Shrieker, la version sur patte et voyant avec des infrarouges à détection de chaleur, venus tout droit de Tremors 2. Et avec un tel procédé et surtout le nouveau lieu de l’action, il n’est pas bien difficile de comprendre vers quoi Tremors 7 veut aller. Oui, on pense bien évidemment à Predator. Et si le spectateur ne l’a pas compris, pas grave, le film citera le film culte de McTiernan à de nombreuses reprises, en reprenant quelques éléments clés (la gatling dégommant toute la jungle, l’astuce de se recouvrir de boue), tout en offrant à la fameuse vue subjective à détection de chaleur des Shrieker un bruitage qui n’est pas sans rappeler celui de l’alien rasta de l’espace !

Bon point pour le métrage, en dehors de l’éternelle présence de Michael Gross, on trouve face à lui en chef des chasseurs Richard Brake, décidemment toujours habitué aux rôles de psychopathes depuis ses passages chez Rob Zombie. Mais en réalité, il a toujours joué les psychopathes, même dans Doom ou Le Dahlia Noir. Heureusement qu’ils sont tous les deux là, car le reste du casting, plus jeune, n’échappe pas aux clichés et sont beaucoup moins marquants. Ils ne sont là que pour se faire manger par les Shriekers, ou pour lancer de la citation (envers Predator) voir de l’auto citation, envers le reste de la saga et les faits d’armes de Burt. Par moment, ça amuse, et à d’autres, c’est un peu lourd, faisant tomber le film dans les mêmes travers que le précédent. Heureusement finalement, le métrage sait tirer profit de son changement d’environnement, et s’il ne propose rien de nouveau dans le genre, il le propose pour la saga, et se permet du coup de magnifiques décors et panoramas qui donnent un côté bien plus exotique au métrage. D’autant plus que malgré quelques rares plans assez fauchés qui trahissent le côté DTV du film, la photographie du métrage est propre et efficace, et sait mettre en valeur ces décors. Mais ça ne fait pas tout, et nous sommes bien face à un film de monstres ! Quand est-il donc des fameux Shriekers, et de leur modèles précédents, eux aussi présents dans le métrage ? Ils ont subis quelques modifications, et si leur cri était déjà bien perçant dans le second opus, il a ici été bien boosté, servant d’arme pour étourdir les ennemis et les attaquer avec plus de facilité. Un ajout représenté visuellement de manière discutable, prouvant que Don Michael Paul n’est pas réellement un grand réalisateur, mais qui a le mérite d’être là

Le reste du métrage, comme l’ensemble de la saga finalement, ne se prend pas réellement au sérieux. Tant mieux vous me direz. Burt en fait des tonnes, étale sa connaissance en armes à feu et en survie. Face à lui Richard Brake en fait toujours des tonnes et nous lâche son fameux rire, les créatures sont souvent présentes et comme c’est de coutume depuis le cinquième opus, ils sont majoritairement en CGI, mais les incrustations sont pour la plupart réussies et les effets passent clairement. Le rythme est plutôt bien géré, et on suit l’aventure avec son côté bon enfant, ses multiples références. Voir Burt et son nouvel acolyte vouloir se la jouer Predator et Evil Dead dans une grotte, c’est plutôt fun au final. Même si une fois sur deux, quand le film veut se montrer bad ass, il échoue, sans doute la faute à un budget trop faible pour les ambitions. Mais on retiendra par contre sa générosité, dans ses nombreuses attaques, dans son rythme, son ton léger, et l’ensemble du casting semble s’amuser. On regrettera par moment la facilité, notamment à cause de l’auto citation, et la reprise de certains éléments venant de la première partie de la saga, des épisodes 1 à 4, mais le métrage parvient in extremis à se justifier dans ces derniers instants. Un peu tardivement ? C’est vrai oui, mais cela permet de conclure ce nouvel épisode de manière positive. Encore un nouvel opus oui, tardif, pas extraordinaire comme beaucoup d’opus depuis le 3, mais sympathique.

Les plus

Burt est encore là
Richard Brake fait son numéro
Un changement d’environnement sympathique
Un ton léger

Les moins

Quelques moments un peu plus fauchés
Une énième suite
Des références de partout, trop de références

En bref : Énième opus DTV pour la saga, heureusement supérieur au précédent, mieux rythmé, dépaysant aussi de par le lieu de l’action. Parfois trop référentiel, et trop peu sérieux, mais bien plaisant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *