MORTAL KOMBAT de Simon McQuoid


MORTAL KOMBAT

 
Titre original : Mortal Kombat
2021 – Etats Unis
Genre : Action
Réalisation : Simon McQuoid
Musique : Benjamin Walifisch
Scénario : Greg Russo et Dave Callaham

Avec Lewis Tan, Jessica McNamee, Josh Lawson, Asano Tadanobu, Mehcad Brooks, Ludi Lin, Chin Han, Joe Taslim et Sanada Hiroyuki

Synopsis : Cole Young est combattant d’art martiaux mixte raté qui est traqué par l’assassin du clan Lin-Kuei Sub-Zero. Voulant savoir les raisons de cette traque et pour protéger sa famille, il part à la recherche des combattants qui ont été choisis pour défendre le Royaume Terre dans la bataille qui les opposent aux force de l’Outre Monde.

Mortal Kombat, voilà qui ne nous rajeunit pas. Pour les plus vieux (ou les moins jeunes), ce fut un des chocs du début des années 90 en salle d’arcades, avec les jeux Mortal Kombat 1, 2 et 3. En soit, on ne va pas se mentir, pas des grands jeux face à leurs concurrents Japonais comme Street Fighter ou Virtua Fighter. Mais Mortal Kombat attire l’œil pour plusieurs raisons. À la pointe graphiquement et surtout proposant un contenu hyper violent et sanglant, il se démarque donc de la concurrence. On y joue plus pour voir les fatality ultra gore que pour son gameplay, hyper lourd. Ce qui n’a pas changé avec les années, ayant pu tâter l’avant dernier opus, Mortal Kombat X (oui le dixième donc), et étant resté de marbre face à un gameplay ultra lourd et pas toujours intuitif, là où d’autres sagas proposent un gameplay technique (Street Fighter) ou surtout plus accessible et souple (Dead or Alive). Mais Mortal Kombat au cinéma, ça ne date pas d’hier non plus, puisque c’était l’un des premiers méfaits dans le monde du cinéma de Paul W.S. Anderson, au départ uniquement Paul Anderson. Un film que j’apprécie, pour ces combats bien que vieillissants, pour le rire de Christophe Lambert, pour son thème musical devenu l’emblème de la saga entière alors que provenant du film, pour son rythme et son côté pas prise de tête. Mais en soit, il est vrai, ce n’était pas très bon, et les années ne sont pas toujours tendres avec lui, notamment en ce qui concerne quelques CGI sentant bon 1995. À savoir dégueulasses donc. Mais que l’on aime ou pas cette première adaptation, pour de bonnes ou mauvaises raisons, nous sommes tous cléments face à lui, car vint en 1998 le saint Mortal Kombat Annihilation, soit l’un des pires films existants, d’une laideur sans précédent, ayant coûté plus cher mais paraissant avoir coûté 10 fois moins tant les effets sont mauvais, les acteurs au rabais, la mise en scène immonde, le scénario sans queue ni tête, la photographie gerbante. Mortal Kombat était mort. Et en 2021, Mortal Kombat renait de ses cendres, grâce à un réalisateur débutant, Simon McQuoid, soutenu à la production par un certain James Wan, et une volonté de fidélité envers le jeu. Tout en se permettant des écarts bienvenus et plutôt intéressants, bien que pas toujours glorieux.

Mortal Kombat cuvée 2021 donc, c’est plus qu’une adaptation de jeu, c’est un film qui dés sa scène d’ouverture sent en réalité… le vrai film. Vous savez, un film, filmé simplement, avec des travellings, des dialogues, des personnages qui existent à l’écran, une vraie musique. L’opposé de ce que nous pond Paul Anderson depuis des années, la comparaison est inévitable, surtout lorsque le bougre nous sort un bien mauvais Monster Hunter en cette même année 2021. Année qui débutait donc plutôt mal en soit, avec un Monster Hunter pitoyable, un Godzilla VS Kong très moyen et les restes d’un Wonder Woman 1984 immonde. Si Godzilla VS Kong était vu par le public et l’industrie comme le sauveur des salles de cinéma, le film qui prouvait aux studios que le public voulait aller en salles et découvrir sur grand écran les films, Mortal Kombat lui s’annonce comme la bonne surprise de ce début d’année en terme de qualité. Alors attention, Mortal Kombat n’est pas un chef d’œuvre. Il ne pouvait pas l’être, en adaptant un jeu de combats dont l’histoire nous parle juste d’un tournoi pour décider du sort de la Terre. Mais en terme de spectacle pas du tout honteux, filmé proprement, bien éclairé, avec des combats forts sympathiques venant d’un film US, il se pose là. Dès sa scène d’ouverture donc, se déroulant à une bien lointaine époque, et faisant s’affronter Scorpion (Sanada Hiroyuki, Ringu pour les connaisseurs) et Sub-Zero (Joe Taslim), avant qu’ils ne deviennent les monstres sacrés que je viens de nommer. L’histoire reprend ensuite de nos jours, avec le classique background. Un tournoi, les guerriers de la Terre guidés par Raiden (Asano Tadanobu, que je suis content de le voir là), les forces d’Outre Monde face à eux, et du fight. Et pour ne pas perdre le spectateur qui n’y connaît rien aux jeux, le film nous ajoute un personnage de son cru, Cole, joué par Lewis Tan, faisant donc office de point d’entrée et de repère dans l’univers pour le néophyte. Une bonne idée. Même si en soit, le personnage manque de charisme, de présence, et par moment, de réelle utilité dans le récit. Mais l’intention est louable. Rester fidèle tout en touchant un large public. Et au lieu de nous offrir le fatidique tournoi, voilà que l’intrigue se déroule avant, car les forces d’Outre Monde n’ont pas envie de la jouer fair play, et préfèrent donc buter littéralement la concurrence avant le tournoi.

Encore une fois, une intention louable, sans doute pour se permettre plus de choses narrativement, et plus de variété au sein du métrage, plutôt que d’alterner simplement les combats dans des arènes les uns après les autres. Et ça fonctionne. La première heure se fait par exemple fort sympathique, bien que « relativement » calme. On place les enjeux, les différents personnages, connus des joueurs, comme Sonya Blade, Jax, Kano, Liu Kang, Raiden et j’en passe. L’ensemble fait clairement le boulot, même si on peut trouver à redire, notamment sur deux détails. Le jeu des acteurs, très variable, parfois convaincant, et parfois à la limite du ridicule, et des CGI, à la qualité variable également, allant du tout à fait potable et bien finalisé au bien voyant et un brin ridicule. Ah ça, il ne fallait pas attendre toujours des miracles avec un « petit » budget de 55 millions, ce qui est beaucoup pour un film de combats, mais peu pour un film à effets spéciaux. Mais Mortal Kombat marque des points par son côté fidèle, dans le ton. C’est parfois sanglant, on trouve des fatalités gore bien que furtives, on retrouves des combattants que l’on reconnaît au premier coup d’œil même si certains manquent à l’appel. Et puis tout à coup, tout s’emballe dans la seconde heure, avec du gore, des combats en pagaille, des pouvoirs qui se réveillent, des apparitions de personnages cultes (ah Goro), puis encore des combats, courts mais nombreux, et même une reprise du thème du premier métrage. Si bien qu’arrivé au bout de ses 1h50, le spectateur a eu pile ce qu’il voulait, mais reste sur sa faim. Mortal Kombat commençait à devenir jouissif, et on en veut encore. Surtout quand on se rappelle au final que tout cela se déroule avant le fameux tournoi, et que beaucoup de personnages iconiques ne sont pas encore là. Oui, on reste sur notre faim, tout en ayant passé un bien bon moment, pas parfait, mais honnête. La bonne nouvelle bien entendu, c’est que le succès du film, au box office où il sort et sur HBO Max rend une possible suite réalisable, et plutôt rapidement. Après tout, i y a une année de bénéfices à rattraper, et Mortal Kombat ne coûtant pas des milles et des cents, il est fort probable qu’une suite soit mise en chantier très prochainement, à la vitesse de l’éclair. Et c’est tout ce que l’on souhaite.

 

Les plus

Tant de personnages connus
Des fatalités
Des combats tout à fait sympathiques
La deuxième heure qui n’arrête pas

Les moins

Certains acteurs peu convaincants
Les CGI, souvent imparfaits

 

En bref : Mortal Kombat, et bien ce fut fort sympathique. Pas parfait, pas un film profond et métaphysique, mais un film divertissant, rythmé, blindé d’action, de fan service, et il n’en fallait pas plus.

4 commentaires

    1. Je m’en doutais un petit peu que celui-là ne serait pas spécialement pour toi. Mais bon, si jamais un jour, tu as un pistolet contre la tempe, et le choix entre MK et Godzilla VS Kong, tu sauras quel choix faire si ta vie en dépend 😛

  1. D’accord avec toi. Il est cool ce film. Ça m’a même donné envie de ressortir le jeu ahahah ! Il est plus que temps que les producteurs confient à d’autres que Paul W.S. Anderson leurs adaptations de jeux vidéo sur grand écran.

    1. Faillis resortir les 3 MK originaux qui étaient ressortis sur PS3 je crois après avoir vu le film, puis je me suis rappelé de comment j’avais ragé sur le boss de fin du tout premier, et en fait, rien relancé du tout haha !
      Toute l’ironie est que Paul Anderson est celui qui a popularisé les adaptations avec le MORTAL KOMBAT original, les films précédents ayant étés des échecs. Mais je crois que Paul en a terminé avec les jeux, si j’en crois les news il passe aux adaptations de bouquins maintenant.
      Et l’équipe de scénaristes sur ce MORTAL KOMBAT là doit normalement, si ça n’a pas été annulé, bosser sur d’autres adaptations de jeux. Dans une interview que j’ai retrouvé du scénariste principal, il annonçait comme projet suivant l’adaptation de F.E.A.R., et j’adore les deux premiers jeux, ça pourrait le faire, mais bon, on verra.

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