THE SUPERDEEP (Кольская сверхглубокая) de Arseny Syuhin (2020)

THE SUPERDEEP

Titre original : Кольская сверхглубокая
2020 – Russie
Genre : Horreur
Durée : 1h55
Réalisation : Arseny Syuhin
Musique : Dmitry Selipanov

Scénario : Arseny Syuhin et Samuel Stewart Hunter

Avec Milena Radulovic, Segey Ivanyuk, Nikolay Kovbas, Vadim Demchog, Kirill Koybas, Nikita Dyuvbanov et Viktor Nizonoy

Synopsis : Le Kola Superdeep est une base secrète soviétique massive, qui va être fermée après avoir entendu des sons étranges provenant des profondeurs. Une équipe de chercheurs est envoyée sur place en 1984, peu de temps avant la fermeture totale de la base.

Ah la Russie ! Je ne sais pas pourquoi j’ai la plus grande des sympathies pour le cinéma Russe, et ce même lorsqu’ils me font souffrir, comme avec The Mystery of the Dragon Seal coproduit par la Chine (je vous en parle bientôt). Mais finalement, dans le domaine de l’horreur et de la science fiction, et ce même si par moment la Russie cherche un peu à copier ce qui fonctionne en Amérique, et bien, c’est pas mal du tout, surtout que les budgets sont véritablement dérisoires, mais que le résultat à l’écran pourtant a sacrément de la gueule. Attraction, Coma, The Blackout, Sputnik, Mermaid. On aime ou pas, mais il y a de la qualité à l’écran. Alors, Superdeep, c’est une production axée horreur tournée en 2020. Imaginez un peu, nous sommes en 1984 (donc la Russie, c’est toujours l’URSS), et quelque chose de pas très normal se passe dans une base secrète, située des milliers de mètres sous terre, nommée le Kola Superdeed. Une équipe est envoyée sur place avant la fermeture totale du complexe. Un peu d’histoire avant toute chose. Le Kola Superdeed, c’est un réel projet de l’union soviétique, situé tout au Nord de la Russie, près de la frontière Norvégienne. Le but de ce projet était de forer le plus profondément possible, et tout cela commença en 1970. Encore maintenant, il s’agît du trou fait par l’homme le plus profond de l’histoire, bien que la base fut fermée en 1995. Sa profondeur ? 12 262 mètres. Ah ça ne plaisante pas. Voilà, le film prend ceci comme point de départ. Pourquoi pas. Cela ajoute une certaine dose de réalisme à l’ensemble. Qui trouve très, mais alors très rapidement ces limites. Déjà puisque le point le plus profond atteint par le projet fut atteint en 1989, et que le film prend ce point pour base, alors qu’il se déroule en 1984. Un détail que peu de gens remarqueront il est vrai. Ce qui est plus gênant et amène bien plus de problème, c’est le fait que le film semble avoir été pensé pour l’international, et donc, pour être tourné en Anglais, même si on se doute que les acteurs furent redoublés pour camoufler l’accent. Du coup on a une bonne synchronisation labiale, mais pleins de soucis en retour.

Voir un film Russe en Anglais, c’est étrange déjà, c’est un fait. Voir un film se déroulant en URSS, en 1984, où tout le monde parle Anglais, c’est un autre détail qui retire un peu de crédibilité à l’ensemble, surtout quand au début, un reportage passe à la télévision, et que ce reportage lui, il est en Russe. Et là où ça fait bien plus mal, c’est que du coup, en plus de perdre en authenticité, beaucoup de dialogues, d’acteurs, sonnent faux ! Alors certes, on est face à de la grosse série B, dont les emprunts à quelques grands films du genre sont bien voyants, mais bon, quand on prend un concept et une ambiance à la Alien, qu’on la transpose sous Terre, avec un soupçon de The Thing, on se dit que si Alien et The Thing fonctionnaient autant, avaient une telle tension, c’était autant grâce à la mise en scène, qu’à des personnages attachants ou auxquels on pouvait s’identifier. Et ce dernier point, il est absent de Superdeep. Pire, le scénario. Alors, on est d’accord, on a vu pire. Mais on en aura des facilités, des incohérences, des moments où l’on aura un petit sourire, comme ces personnages faisant face à une grande contamination, qui portent des combinaisons, des masques, mais bon, parfois, juste des gants et un foulard sur le bas du visage et ça passe. Ou alors lorsqu’on nous annonce une pièce où il fait plus de 200 degrés, où une tenue est obligatoire sinon c’est la mort, mais que notre super héroïne ira, avec juste un petit masque sur la tête, souffrant le martyre mais pas trop non plus, et s’en sortira finalement avec peu de séquelles. Scénario ou dialogue, passé le point de départ et quelques idées de scènes individuelles, ça fait mal, et on n’est clairement pas dans le haut de la série B. Mais pourtant, et même si au final c’est moyen, et même si au final, je ne peux totalement conseiller ou déconseiller le film, je n’arrive pas à détester Superdeep. Car par moment, il arrive à faire ce qu’il entreprend.

Le réalisateur, qui signe aussi le scénario (mais pas sa traduction en Anglais), et signe donc là son premier long, soigne par moment son visuel, et quelques scènes ont clairement de la gueule. De plus, il a au moins retenu une leçon des grands films du genre : savoir ménager ces effets, ne pas en montrer trop tout de suite pour bâtir le suspense. Et sur ce point, ça marche. On nous annonce un virus qui fait pourrir et assimile les corps, mais pour voir le résultat de tout ça, dans sa forme la plus dangereuse, il faudra bien attendre 1h20, sur 1h55. Et cette attente, cette anticipation, elle fonctionne. On se demande dans quel recoin se cache la bête, à quoi elle va ressembler. Dés que le film joue sur l’éclairage, l’attente, la tension, on guète. Quand finalement elle arrive à l’écran d’ailleurs, elle ne déçoit pas, et les quelques visions d’horreur à base de contamination et de corps en putréfactions sont du plus bel effet, le budget effets spéciaux ayant été à priori bon. Sans faute à ce niveau là, Superdeep parvient à convaincre dans ses scènes à effets spéciaux. Et c’est bien là tout le souci, ce grand écart constant entre ces moments réussis et les moments totalement foirés. Surtout que ça dure quasiment 2h. Du coup, aucune surprise à voir des avis aussi variés sur Superdeep. Un semi échec, ou une semi réussite, au choix, mais du coup, certains pardonneront les défauts et se focaliseront sur les qualités, d’autres ne verront que les défauts. Et moi je ne sais que penser.

Les plus

Les effets spéciaux
Quelques scènes bien troussées
Une envie de jouer sur le suspense

Les moins

Les dialogues sonnent faux
Les facilités et incohérences énormes
Ça dure tout de même deux heures

En bref : Superdeep, c’est moyen. Bancal. Tout n’est pas mauvais, les effets sont corrects et même parfois très bons, la tension par moment marche, mais il y a de gros soucis d’écriture, dans la narration, dans les personnages, dans les dialogues en anglais sonnant faux.

4 réflexions sur « THE SUPERDEEP (Кольская сверхглубокая) de Arseny Syuhin (2020) »

  1. Visiblement superdeep ça va pas super loin. Au moins j’aurais appris que les Russes s’amusent à creuser le trou le plus profond du monde. Pour y mettre quoi ? Allez savoir…

    1. Et c’est vrai ça, bonne remarque, pourquoi creuser aussi profondément pour y mettre une base. Si c’était juste une étude géologique, pas besoin de base, juste l’envoi d’une sonde pour prélever suffirait … Voilà qui va alimenter l’imagination de tous les amateurs de complots 😀

      Sinon oui le film est assez décevant sur pas mal d’aspects, mais les Russes prouvent qu’après les CGI, ils maitrisent aussi hyper bien les effets pratiques façon THE THING. Ou vu la bestiole et l’endroit, façon ZYGOTE, le court métrage de Blomkamp (j’ai des textes en préparation sur les trois courts métrages qu’il a fait).

      Tu me surprends en tout cas en venant réagir sur cet article, je m’attendais plus à te voir sur un JUNGLE CRUISE haha 😉

        1. Et oui, assez fou de voir sa carrière mine de rien. Je n’ai pas tout vu (ces actionners avec Liam Neeson, pas vu), je n’aime pas tout (j’avais à l’époque détesté son premier film, HOUSE OF WAX), mais il a souvent ma sympathie lorsqu’il fait des films concepts, ou de genre, et parvient à détourner mes attentes (surtout sur ESTHER pour ce dernier point). Mais là, quand même l’impression de voir un film avec énormément de fonds verts, et c’est dommage. Ce qui me fait rebondir sur le fait qu’une préquelle à ESTHER a été tourné, sans lui, mais toujours avec Isabelle Fuhrman, et je vois Julia Stiles (que j’aime bien, et qui est trop rare sur les écrans) au casting aussi. Je suis curieux !

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