CRAZY TSUNAMI (狂鳄海啸) de Zhou Jiuqin (2021)

CRAZY TSUNAMI

Titre original : 狂鳄海啸
2021 – Chine
Genre : Survival
Durée : 1h18
Réalisation : Zhou Jiuqin
Musique : Chen Zhipeng

Scénario : –

Avec Rong Fei, Wang Ying Lu, Canti Lau, Daniella Wang, Huo Wei Min, Xi Tong, Li Yang et Li Dong

Synopsis : Un tsunami dévaste une ville, et alors que plusieurs habitants sont bloqués sur place, un crocodile vorace s’échappe et les traque.

Je vous en parlais il y a peu, dans mon écrit sur le bien nommé Abyssal Spider, film aux qualités finalement pas si abyssales que ça. Et c’est à présent confirmé, la plateforme de streaming Chinoise iQiyi livre sa propre version pour leur public de films à succès (ou pas). Dans le cas de Crazy Tsunami, titre fleurant bon le nanar encore une fois, c’est tout simplement le récent Crawl de Alexandre Aja, avec un budget moindre et donc, forcément, un crocodile bien moins réussi. Après hein, dans le fond, je les comprend. Pourquoi payer pour acheter des droits puis reverser une partie des recettes aux producteurs et exploitants quand pour la même somme, on peut tourner notre propre version, la distribuer sur iQiyi et empocher 100% des gains. J’espère juste au final que cela n’empêche pas la sortie en Chine des films dont s’inspire la fameuse plateforme. Mais en tout cas, s’il y a bien autre chose qui se confirme de film en film, c’est que si les métrages semblent plus ou moins également suivre le modèle d’Asylum et autres chaines câblées comme Syfy (on a eu le serpent, l’araignée, le requin, là le crocodile), et bien ça n’y ressemble clairement pas. On est loin de la qualité des meilleurs du genre, anciens (Les Dents de la Mer) comme récents (Crawl, Instinct de Survie), mais on est également très loin de la qualité provenant des productions bas de gammes tournées à l’arrache pour une poignée de dollars. Ici aussi le budget est bas et limité, mais l’envie et le sérieux dominent, et si les CGI ne sont pas au point (et ne le seront probablement jamais en Asie), le reste n’a pas à rougir. Ici donc, comme je le disais, on est dans Crawl. Vous savez, un tsunami, les eaux qui montent, un père et sa fille bloqués dans une maison, et un méchant crocodile qui a faim pour bouffer tout le monde.

Mais ici, on multiplie le nombre de personnages, et on ne perd pas une seule seconde en bavardage. Le tsunami du titre, il est là dés la première minute du métrage. Pourquoi perdre du temps hein ? Le film commence, on a à peine le temps de dire ouf, de regarder à droite que paf, les eaux montent et engloutissent une bonne partie de la ville, dans des CGI allant du mauvais au passable, parfois au sein du même effet et du même plan, un comble. Mais c’est généreux et ça ne perd pas de temps, clairement. Puis on nous présente rapidement nos personnages principaux, dont un père et sa fille, qui est asthmatique (pas drôle sinon), et qui sont en conflit, et dont le père transporte un gros crocodile, Gustave, en hommage à ce vrai crocodile mangeur d’homme, et paf, le tsunami les atteint, et voilà que nos personnages se retrouvent dans un magasin, tandis que la ville est inondée, et surtout que notre crocodile est libre, et a faim, en profitant pour avoir sa première victime déjà. Voyons la durée. Sept minutes au compteur. Ah oui, je vous l’avais dit, c’est généreux, ça ne perds pas de temps, et comme ça ne dure que 1h18, ça ne peut pas perdre de temps. Une fois tout ces personnages, dont nos deux principaux, mais également un docteur, sa femme, un vieil homme et son fils mentalement en retard, enfermés dans le supermarché, la traque et le côté survival peut commencer. Nos personnages vont devoir survivre face à de bien nombreux soucis, que ce soit le crocodile, la montée des eaux, et aussi un grand méchant politicien pour qui la vie humaine n’a aucune valeur et qui pense déjà aux coûts de reconstruction. Pas une minute à perdre, puisque comme énoncé au-dessus, la fille de notre héros est asthmatique, et il va donc falloir utiliser les conduits pour rejoindre la pharmacie et récupérer de quoi la calmer. Simple, efficace, sans détours.

Notre crocodile lui va tout tenter pour se faire l’intégralité du casting, profitant de la montée des eaux, de l’arrivée de nouveaux personnages dans un petit bateau (comme dans Crawl tiens). Dans les plans larges, il est en CGI, discutable, même si on notera un certain effort lors des plans furtifs, mais aura aussi droit à sa version en dur pour les plans rapprochés, ceux où il ne bouge pas beaucoup, et si on sent également un côté faux, artificiel, ça fait néanmoins plaisir. On pourra pester par contre comme toujours dans ce genre de métrages sur un souci récurent, à savoir la taille de l’animal. D’autant plus flagrant dans la dernière partie du récit, qui se décide à innover (ooooh) avant de finir comme Crawl (aaaah) avec bras arraché et tout, et où l’animal semble changer littéralement de taille à loisir, suivant les plans et les besoins du film. Néanmoins, si le film est blindé de petits défauts, n’hésite pas à aller un peu trop dans le larmoyant pour le sort de certains personnages, et bien en le prenant pour ce qu’il est censé être, à savoir un film catastrophe à petit budget avec un crocodile mangeur d’hommes, et bien il fait bien les choses. Comme souvent, la photographie est clean, la mise en scène dynamique, c’est généreux, hyper rythmé, c’est un grand cran au-dessus des productions Asylum. En fait, on se dit presque que si le budget pour les équipes de CGI était plus élevé, le film pourrait même être vu par un plus grand nombre, être considéré comme un film de cinéma et non comme un film produit à la chaine pour une plateforme de streaming.

Les plus

Généreux et sans temps mort
Techniquement encore solide
Quelques scènes de tension fonctionnent
1h18 qui se suivent très bien

Les moins

Les CGI, toujours
Parfois trop larmoyant et appuyé dans ses effets

En bref : Crazy Tsunami, c’est Crawl en Chine. Et si le budget est moindre, et que les CGI sont de qualité variable, et bien le produit final est supérieur aux productions animalières que l’on connaît un peu trop bien venant des Etats Unis, et comble son manque de budget par un rythme effréné, de nombreuses attaques et une mise en scène sérieuse.

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