SLUMBER PARTY MASSACRE de Danishka Esterhazy (2021)

SLUMBER PARTY MASSACRE

Titre original : Slumber Party Massacre
2021 – Etats Unis
Genre : Slasher
Durée : 1h26
Réalisation : Danishka Esterhazy
Musique : Andries Smit
Scénario : Suzanne Keilly

Avec Hannah Gonera, Frances Sholto-Douglas, Mila Rayne, Alex McGregor, Reze-Tiana Wessels, Rob van Vuuren, Jennifer Steyn, Schelaine Bennett et Masali Baduza

Synopsis : En 1993, Trish Devereaux est l’unique survivante d’un massacre à la perceuse électrique lors d’une soirée entre amies. De nos jours, la fille de Trish, Dana, part pour un weekend entre copines avec Ashley, Maeve et Breanie, ainsi que la sœur de Maeve, Alix. Tombant en panne, les filles sont forcées de rester dans la même maison que la mère de Trish lors de la nuit du fameux drame.

S’il y a bien un remake que l’on n’attendait pas, c’est celui de Slumber Party Massacre. Déjà car, pourquoi ? Pourquoi faire un remake de Slumber Party Massacre ? Ce n’est pas un chef d’œuvre du genre, ni une œuvre maitresse, ni un film culte aujourd’hui oublié. Alors si, dans le fond, pour une poignée de cinéphiles déviants, on pourrait dire que le film de 1982 produit par Roger Corman et réalisé par Amy Holden, c’est culte. Pas très bon par contre, mais rigolo il faut l’avouer. De la nudité gratuite, un peu de sang, des personnages débiles, et en plus, un tueur qui, avec sa perceuse électrique à taille XXL, ne cherchait absolument pas à camoufler les sous entendus sexuels du genre du slasher. On ne pourra pas dire la même choses de suites tardives, même si l’on retiendra dans le genre du nanar son tueur rockeur avec sa guitare perceuse du second opus, et un retour plus ou moins au sérieux pour le troisième et dernier opus, débarquant à une époque où le slasher était mort, à savoir 1990. L’idée d’un remake était étrange. Ce qui est encore plus étrange, c’est que le remake fit crier certains « fans », en mode « oui, on va encore avoir droit à un truc féministe, un truc me too », car c’est réalisé par une femme, Danishka Esterhazy ce coup-ci, mais bon, il ne faut pas oublier que la saga de base, si c’est de la pure exploitation pour plaire à l’adolescent qui veut des boobs et du sang, et bien, toute la saga est réalisée par des femmes. Autant la simple idée d’un remake me paraît étrange, autant sa conception et tout, je ne vois pas où est le problème, même si au final, ce Slumber Party Massacre cuvée 2021 est clairement un produit dans l’ère du temps, on ne va pas se mentir. Mais qui conserve malgré tout le côté stupide et second degré des films originaux, a bien un tueur à la perceuse qui cherche à combler un manque, et des filles qui vont courir et crier pour sauver leur vie. Et même un combat entre une perçeuse et une guitare !

Mais désolé pour le fan, les femmes ne tomberont pas le haut, ni le bas, ni le string. Par contre les hommes oui. C’est en ce sens que le film est clairement dans l’ère du temps, en refusant de dénuder ces victimes féminines, mais en n’ayant aucun souci à le faire pour ses potentielles victimes masculines. Sinon, et bien, c’était pas si mal ce remake. En fait, un peu comme le premier métrage en 1982, ça ne vole pas haut, ce n’est pas mémorable, mais c’est plutôt court, ne dépassant même pas 1h30, c’est sanglant avec quelques effets bien fichus que l’original ne pouvait pas se permettre, c’est débile, parfois l’humour fait mouche, et ça se termine aussi vite que ça commence. Et d’ailleurs, ça commence fort, puisqu’en changeant un peu l’histoire (mais pas son ADN), le film se permet une introduction avec un premier carnage se déroulant en 1993. L’occasion de voir déjà 3 ou 4 meurtres, quelques effets sanglants, une ou deux lignes de dialogues débiles, le tout avant un générique plutôt stylé sur une musique plutôt solide. Perso là j’y croyais. Notre tueur est laissé pour mort même si son corps n’a jamais été retrouvé, et l’intrigue reprend bien des années plus tard avec la fille de l’unique survivante, qui part à son tour s’enfermer dans un lieu éloigné de la civilisation avec une bande de potes, et qui, comble du hasard, va tomber sur le tueur, bel et bien vivant, et qui va reprendre le carnage. En gros, la formule est la même qu’à l’époque. Personnages débiles qui font la fête et vont périr les uns après les autres, soirée pyjama, batailles d’oreillers. Et comme si le métrage se moquait gentiment du genre et de ses clichés honteux, la fameuse bataille d’oreillers, normalement synonymes de ralentis sur des corps frêles, fragiles et dénudés, ce fera parmi un groupe exclusivement masculin, qui tombe le t-shirt, permettant des ralentis sur des corps musclés, huileux. Oui, je l’admet, ça m’a fait rire.

Quand notre tueur reprend enfin du service, il est encore très difficile de prendre le tout au sérieux. Volontairement évidemment. La cause ? Il suffit de voir la gueule de notre tueur, qui fait ses gros yeux et semble être en plein orgasme permanent, et du coup, le voir prendre une tête pas possible, avec sa perceuse XXL dans les mains en poussant un grognement, juste avant de le revoir prendre une des poses iconiques de la saga (jambes écartes devant la caméra, perceuse entre les jambes), on rigole forcément, face à ce sous entendu totalement explicite et accepté par le film. De même, l’affrontement entre notre tueur et notre héroïne, qui arrive longtemps avant le final, car il y a des twists mes amis, avec coup de machette venant casser la perceuse, ramenant clairement, si ma mémoire est bonne, à la fin du premier film de la saga, amuse. Difficile donc à prendre le film au sérieux, mais lui aussi ne se prend pas au sérieux. Et tant mieux. Ce n’est clairement pas un grand film, mais il passe plutôt bien, amuse, et ces quelques nouveautés paraissent, au choix, totalement stupides, ou amusantes. Ce qu’il faut bien garder en tête de toute façon, c’est qu’il n’y avait rien à détruire de base avec la saga. Evidemment, on aurait pu rêver d’un épisode dénudant toutes ces actrices et allant à fond dans l’exploitation gratuite, mais le slasher l’a tellement fait depuis le début des années 80 jusqu’à tuer le genre qu’un film de plus dans le genre aurait-il été utile ou pertinent en 2021 ? Pas sûr. Ce qui est sûr, c’est que comme l’original, on l’oubliera assez vite, puisqu’il est tout aussi limité.

Les plus

Un remake respectueux
Assez amusant par moment
Débile, et conscient de sa bêtise
Quelques meurtres font plaisir

Les moins

Très limité
Rien de neuf dans le genre
Finalement tout aussi soft que les originaux

En bref : Slumber Party Massacre cuvée 2021, c’est comme en 1982, avec ce tueur frustré à la perceuse géante, ces batailles d’oreillers, ces meurtres, et puis voilà. Plaisant, limité, vite vu, vite oublié, mais pas désagréable oui.

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