ANGEL (天使行動) de Teresa Woo (1987)

ANGEL

Titre Original : Iron Angels – Angels – Fighting Madam – 天使行動
1987 – Hong Kong
Genre : Girls With Guns
Durée : 1h40
Réalisation : Teresa Woo
Musique : Stephen Shing
Scénario : Teresa Woo

Avec Moon Lee, Saijo Hideki, Elaine Lui, Oshima Yukari, Alex Fong, David Chiang, Hwang Jang-Lee, Peter Yang et Wang Hsieh

Synopsis : La police organise une grosse opération pour mettre fin au trafic de drogue du Triangle D’or et brûle tout un champ où l’organisation cultivait de la drogue. Pour se venger, l’organisation décide d’éliminer tous les membres des forces spéciales ayant participés à l’opération. La police, complètement impuissante et dépassée devant de telles pratiques, décide de s’approprier les services des Angel, des agents secrets habitués des infiltrations et coups d’éclats en tout genre.

Alors que j’adore les Girls With Guns, je dois me confesser, je n’avais jamais vu la trilogie Angel, trilogie un peu fondatrice du genre. Car si on peut dire que Yes Madam de Corey Yuen en 1985 a initié le genre, Angel en 1987 lui a donné une forme bien plus concrète, forme que l’on retrouve dans de très mais alors très nombreux films du genre qui seront produits par la suite. D’ailleurs, le succès fut tel qu’on ne compte même plus le nombre de films du genre débarquant après 1987 et ayant Angel dans le titre (Angel Terminators, Killer Angels, Angel on Fire et j’en passe) Et encore mieux que ça, Angel a finalement donné au genre deux visages que l’on retrouvera dans un nombre improbables de films du genre, parfois 4 ou 5 par an, à savoir Moon Lee, à la carrière jusque là limitée avant tout à des minuscules rôles chez Jackie Chan, et à des rôles secondaires dans Zu en 1983 et Mr Vampire en 1985, et Oshima Yukari, qui… et bien même cas de figure, après trois ou quatre films peu remarqués, Angel débarque et la voilà propulsé sur le devant de la scène en tant que seconde représentante du genre en question. Et ça, c’est fort. Alors pourquoi Angel a-t-il forgé l’image du genre telle qu’on la connaît aujourd’hui ? Qu’avait-il de plus que Yes Madam ou In the Line of Duty ? En tout cas, pas la simplicité de son titre, puisque si à Hong Kong, son titre anglais est bien Angel, pour sa sortie US, il devient Iron Angels, dans d’autres pays, Midnight Angels, Angels ou encore l’improbable Fighting Madam. Ce qui est certain, c’est qu’en découvrant Angel sur le tard, et après certains métrages qui suivent, son influence se fait clairement ressentir, sans pour autant être identique.

Car si le genre a souvent délocalisé ses intrigues aux Philippines ou en Thaïlande ou les tournages coûtent moins cher (c’est le cas ici aussi), le genre est surtout réputé pour miser beaucoup sur ses séquences d’action, pas toujours toutes réussies, mais souvent nombreuses. Terasa Woo, qui réalise et signe le scénario du film, avait une vision quelque peu différente, puisque l’action est rare, mais excellente (précisons le d’entrée de jeu), et qu’elle tente de donner un aspect sérieux et qui tient la route à ce qui entoure ces scènes d’action. Oui, malgré son intrigue finalement classique et que l’on reverra 150 fois en seulement quelques années. Vous savez, une organisation qui veut se venger de la police et va exécuter froidement des flics, des femmes super fortes qui sont sur le coup et vont traquer les méchants. Oui, rien de vraiment fantastique dans son intrigue, même si le simple nom d’Angels fait sourire et rappelle Charlie et ses Drôles de Dames. Rien de fantastique, mais rien de déshonorant pour autant en vérité, la réalisatrice a clairement soignée son métrage pour lui donner une allure sérieuse, et rythme son récit. Même si la légende, persistante, veut que le film soit en réalité réalisé par Ivan Lai… L’action est souvent courte (trop courte dirons certains, dont moi) mais entre les séquences explosives, on ne s’ennuie pas pour autant avec de simples discussions de bureau. Il est après tout question de vengeance, de trafic, de vol d’or, d’espionnage, et du coup, même lorsque ça ne se bastonne pas, ou que ça ne fusille pas les figurants par paquet de trente, et bien, il se passe quelque chose qui fait avancer l’intrigue. Et mine de rien, un tel sérieux, ça fait plaisir, aussi simples les enjeux soient-ils.

L’équilibre tient donc à peu de choses, mais il est là. Des acteurs et actrices souvent charismatiques et dans le bon ton, des combats courts mais secs et violents, un film qui ne fait pas avancer son intrigue que par des discussions de bureau, mais en ajoutant également à son récit quelques scènes d’espionnage (infiltration dans une maison, filature), ou de tortures, avec une Oshima Yukari qui se fait clairement plaisir dans le domaine du sadisme (et du rire à répétition). Oshima Yukari et Moon Lee d’ailleurs, les deux plus grandes représentantes du genre en question, sont resplendissantes dans le film, et auront droit à un combat d’anthologie sur la fin qui envoi du lourd. Court certes, mais sauvage, bien violent, fluide, bien chorégraphié, avec quelques coups qui impressionnent. Du tout bon donc, si bien qu’arrivé au générique de fin, je me serais repassé le combat. Ce n’est pas le seul moment de bravoure, puisqu’il y aura également quelques combats courts mais musclés entre hommes, une attaque dans un manoir où ça mitraille et explose de tous les côtés, avec quelques cascades impressionnantes et possibles seulement à Hong Kong. Bref, oui, Angel, c’est du tout bon, et on se dit que parfois, la réussite d’un film, ça tient aussi à peu de choses.

Les plus

Moon Lee et Oshima Yukari
Une intrigue simple mais bien fichue
Jamais ennuyeux
L’action, courte mais très bonne

Les moins

Mais c’est vrai, l’action est courte
Intrigue bien fichue, mais basique

En bref : Angel, ça a ouvert la voie pour tout un paquet de films plus ou moins inspiré. Si forcément, on ne peut que reconnaître que niveau action, on a vu plus généreux ailleurs, en terme de film à proprement parlé, Angel est sans doute plus solide que beaucoup d’autres.

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