AFTER THE RAIN (恋は雨上がりのように) de Nagai Akira (2018)

AFTER THE RAIN

Titre Original : Ko iwa Ameagari no yô ni – 恋は雨上がりのように
2018 – Japon
Genre : Drame
Durée : 1h52
Réalisation : Nagai Akira
Musique : Aleksandr Zatsepin
Scénario : Sakaguchi Riko

Avec Komatsu Nana, Ôizumi Yô, Seino Nana, Isomura Hayato, Hayama Shôno, Matsumoto Honoka, Yamamoto Maika, Hamada Mari, Ohwada Saki et Totsugi Shigeyuki

Synopsis : Tachibana Akira est une lycéenne de 17 ans. Promise à une carrière d’athlète, son rêve s’est brisé suite à une blessure à la jambe. Un jour, elle tombe sous la charme du patron de 45 ans d’un restaurant et commence à travailler là-bas à temps partiel.

Ah, les romances, les adaptations de manga, les films à destination du grand public Japonais… Tout un art, mais c’est vrai que ne vivant pas sur place, et n’étant de base pas attiré par le style, je ne suis aucunement au courant des tendances, de ce qui fonctionne sur le moment, et des derniers films du genre qui viennent envahir les grands écrans Japonais. Et c’est pour ça que de temps en temps, j’aime me lancer dans l’impossible, la vision d’un film qui de base n’est aucunement pour moi, mais qui semble assez représentatif des éléments que je citais en début de chronique. After the Rain, sorti au Japon en Mai 2018, est donc une adaptation de manga, visant un large public, souvent adolescent, et parlant de romances, multiples, et souvent innasouvies. Ça au moins, ça change déjà une donnée importante, il ne faudra pas s’attendre à de quelconques niaiseries, à des bisous tout timides sous des fleurs de cerisiers. Non, il n’y aura rien de tout ça. Néanmoins, difficile de nier à la lecture même du synopsis qu’il s’agît bel et bien à la base d’un manga, avec son héroïne, lycéenne de 17 ans, obligée d’arrêter sa passion pour le sport après une blessure, et qui tombe amoureuse du patron du restaurant où elle bosse à temps partiel. On est clairement dans le genre romance et tranche de vie, et même vie lycéenne. Et pourtant, After the Rain, si forcément son intrigue est cousue de fil rouge et de fer blanc, ou l’inverse, et bien ça m’aura plutôt surpris dans le bon sens du terme. Non pas car nous avons là un film d’une subtilité absolue, ou alors une intrigue bouleversante, mais car le film parvient à éviter certains clichés, et que dés l’ouverture, un élément m’a frappé. Le look visuel du métrage.

After the Rain cochait absolument toutes les cases pour n’être qu’une adaptation de plus à destination du grand public adolescent et féminin qui n’en a que faire des qualités cinématographiques d’un métrage, tant qu’il y a à l’image des bons sentiments, le tout recouvert d’un peu de niaiserie, et de préférence avec des idoles mises en valeur. After the Rain, s’il coche pourtant certaines de ses cases là, montre un visuel appliqué. La photographie est propre et agréable à l’œil, certains plans de caméra sont franchement travaillés sans pour autant être bouleversants bien entendu. Pareil au niveau du casting au final, puisque dans le premier rôle, on trouve Komatsu Nana, que j’ai découvert ironiquement il y a peu dans The World of Kanako, son premier long métrage (après vérification, je l’avais déjà vu dans It Comes…), jeune actrice plutôt douée, et pour ceux qui se poseraient la question, déjà mariée. Face à elle, Oizumi Yô, capable du meilleur (I Am a Hero, Asakusa Kid) comme du pire (Tokyo Ghoul, et tout un paquet de films fades au possible). Un casting certes pas exceptionnel, mais qui fait le taf, surtout quand à leurs côtés, on ajoute d’autres acteurs et actrices aux carrières alternant le bon et le moins bon, mais qui savent par moment démontrer un peu de talent quand on leur en donne l’occasion, comme Seino Nana, que le grand public a découvert dans le film Ouran High School Host Club (arf), mais que les cinéphiles déviants ont découverts eux dans Tokyo Tribe où elle nous montrait son jeu de jambe et sa culotte, et que les cinéphiles plus exigeants eux ont découverts dans Nowhere Girl de Oshii Mamoru. Une actrice qui par ses quelques choix là a toute ma sympathie. Et donc, After the Rain ? Comme je le disais, ce n’est pas pour son intrigue plutôt classique et qui ne parvient pas toujours à éviter les bons sentiments que l’on se souviendra de lui, mais plutôt pour le sérieux général avec lequel l’équipe a abordé le projet, déjà, d’une part.

Et d’un autre côté, car il faut bien avouer que si l’histoire est banale, la représentation des sentiments, souvent avec une petite pointe d’humour jamais lourde et plutôt discrète, fonctionne très bien. Beaucoup de non dits, de silences, de petits sourires, mais finalement, peu de vraies paroles, de sentiments criés à gorge déployée. À ce niveau là, le film fait preuve d’une sobriété extrêmement bienvenue. Et puis il y a l’humour du film, assez discrets car n’en faisant jamais des tonnes, mais qui fonctionne par moment très bien, que ce soit par une petite phrase bien sentie, ou par un gag visuel de répétition (comme le fait que notre héroïne va se taper plusieurs fois le même film au cinéma, dans la même salle, mais pas avec la même personne). Ça parait tout bête, mais dans le cadre d’un film relativement léger, et bien ça marche. Ça marche car ça s’insère bien dans le récit, dans la dynamique des personnages, et que le réalisateur n’insiste pas en nous tapant sur l’épaule pour nous signaler que là, il faut rire. Et du coup, avec sa durée un poil en dessous des deux heures, After the Rain passe comme une lettre à la poste. Sans être exceptionnel, sans laisser un souvenir impérissable aux spectateurs non plus évident, mais en faisant passer un agréable moment, simple, mais pas niais, et surtout bien emballé.

Les plus

De bons acteurs
Les interactions entre les personnages
Les petites notes d’humour bienvenues
Bien filmé

Les moins

Une intrigue banale et prévisible
N’évite pas quelques bons sentiments

En bref : After the Rain, s’il reste classique dans son intrigue et dans les thèmes abordés, entre les histoires au lycée, ces romances platoniques, le sport, tout ça, et bien ça reste un film plutôt prenant, correctement emballé, et qui fait passer un bon moment.

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