CROWS ZERO 2 (クローズZERO II) de Miike Takashi (2009)

CROWS ZERO 2

Titre Original : クローズZERO II – Kurōzu Zero 2
2009 – Japon
Genre : Baston
Durée : 2h13
Réalisation : Miike Takashi
Musique : Otsubo Naoki
Scénario : Muto Shogo

Avec Oguri Shun, Yamada Takayuki, Meisa Kuroki, Yabe Kyôsuke, Kiritani Kenta, Takaoka Sôsuke, Kishitani Goro et Fukami Motoki

Synopsis : Quelque temps avant que Genji ne fasse ses premiers pas à Suzuran, le lycée de Suzuran, commandé à l’époque par Noboru Kawaishi, s’était opposés aux élèves à la tête rasée d’Hôsen. Au cours de cette bataille, le chef de la bande utilisa une arme blanche et poignarda le chef adverse, ce qui entraîna sa mort. Le film commence lorsque Kawaishi sort du centre où il a été placé pour son crime et va se recueillir sur la tombe de sa victime, où le lycée d’Hôsen l’attend pour venger la mort de leur chef. Il s’enfuit pour ne pas se faire lyncher et retrouve Serizawa et Genji, qui le sauvent et rompent ainsi la trêve qui avait été établie entre les deux lycées.

Je n’ai jamais été un grand fan de Crows Zero, le premier film signé Miike Takashi. Lors de la découverte du métrage, j’avais trouvé ça tout juste sympa. Avec le recul et une nouvelle vision, le constat s’abaisse, ce n’est pas très bon. Alors oui, il y a toujours quelques éléments à sauver. Quelques bastons rendent plutôt bien, certains plans sont très beaux, on a plaisir à reconnaître certains acteurs que Miike adore utiliser, comme Endo Kenichi, bien que son rôle soit mineur, ou à redécouvrir aujourd’hui les débuts de quelques acteurs, comme Yamada Takayuki, revu depuis dans 13 Assassins, Lesson of the Evil, The Devil’s Path ou encore la série Netflix The Naked Director. Et puis il y avait quelques scènes délirantes qui ne pouvaient venir que de l’esprit de Miike. Mais voilà, c’était trop long, ses tentatives pour mettre de l’émotion plombaient l’ensemble, les personnages étaient plus cons que bad ass, et personne n’était attachant. Après tout, ils sont au lycée, ils devraient étudier plutôt que de passer l’intégralité de leur temps à se foutre sur la gueule. L’ajout d’un second degré total aurait finalement pu être salvateur, mais non, ça se prenait beaucoup trop au sérieux. L’honneur, le pouvoir, tout ça tout ça. Et Crows Zero 2 ? Je n’avais pas aimé dés la découverte en 2009. Redite pure et simple du premier opus. Mais 13 ans se sont écoulées depuis, et j’ai eu envie de lui redonner une chance. J’étais certain de ne pas apprécier bien plus, mais de pouvoir sans doute y déceler encore ci et là quelques qualités. Alors, ce fut le cas ? Et bien pas vraiment ! Enfin si, mais ce n’est pas suffisant. Car Crows Zero 2, c’est en effet la même, avec plus du tout, mais sans trop se fouler. C’était ma première impression, et c’est ma nouvelle impression, et le film ne fait rien pour effacer ce sentiment. Il suffit de voir l’ouverture, qui mélange baston, un poil (mais pas trop hein) d’humour, avant un générique, chanté, utilisant le même groupe, la même chanson que le premier film, et les mêmes procédés de montage. Ça sent la fainéantise, ou le recyclage, car même l’apparition du titre est exactement pareil, précédée de l’exact même plan censé être un corbeau en vue subjective.

Passé l’introduction, le constat ne change pas vraiment, les enjeux sont toujours aussi fins, nos personnages aiment toujours autant se foutre sur la gueule, et malgré le dénouement du premier film, et bien tout le monde ne s’entend toujours pas dans le lycée. Tout ça pour rien dirons certains ? Pas faux dans le fond. Pire, le film refuse de se séparer d’un seul acteur du précédent métrage, tout en introduisant tout un paquet de nouveaux personnages. Résultat, ils sont trop nombreux, la moitié ne sert à rien, et l’autre moitié n’est pas assez développée pour avoir un tant soit peu de consistance. En résulte un rythme encore plus bancal que sur le premier film, l’effet de surprise et les quelques délires à la Miike en moins. L’exemple le plus flagrant est Ken, qui servait en quelque sorte de mentor (raté) au héros, Genji, lors du premier film. Alors que son « arc » était terminé dans le premier film, ce second refuse de le laisser tranquille, et tente maladroitement de l’insérer dans l’intrigue. Il est peu présent, il ne sert strictement à rien, et il vient tout ralentir, pour rien. Pareil pour le nouveau personnage censé être le point de départ de l’histoire, un ancien élève coupable de meurtre, Kawaishi, sortant du centre de détention, et censé raviver la guerre entre le lycée Suzuran et un autre lycée, celui d’Hôsen. Seulement là aussi, le scénario ne sait pas quoi en faire, il apparaît de temps en temps, le scénario essaye de le raccrocher à d’autres personnages et à des intrigues secondaires, permettant donc de revoir le temps de quelques scènes ce cher Endo Kenichi, ou Ayano Gô. Mais c’est lourd, maladroit, inutile. L’idée d’approfondir le propos n’était pas mauvaise, tant le propos était mince dans le premier, mais ça se plante encore une fois.

Mais il reste la baston vous me direz non ? Oui, dans le cas de ce Crows Zero 2, le film fait le choix de la suite classique : toujours plus. Plus de combattants, plus de bastons, une baston finale deux fois plus longue que celle du premier film. Le premier film opposait deux clans dans le lycée, cette fois-ci, ce sont les élèves de deux écoles différentes qui se foutent sur la gueule. Du coup, deux fois plus de figurants à l’écran, des lieux plus variés, avec à la place de la cour, et bien, la cour, les couloirs, les salles de classe, avec le boss de fin sur le toit. C’est généreux en ce sens. C’est l’anarchie à l’écran, et pourtant, il y a dans un sens une certaine maitrise, puisque l’on comprend tout ce qu’il se passe. Bien entendu, ce n’est pas de la baston chorégraphiée, c’est plus du combat de rue, où on se met sur la gueule le plus fort possible en espérant que notre adversaire saigne et soit assez sonné pour ne pas se relever. De l’action brutale et basique donc. Mais sympathique. Mais par contre, il faut l’avouer, avec autant de figurants à l’écran, et des lieux souvent plus petits, la mise en scène contient moins d’idées pour faire sortir du lot tel ou tel moment. On y gagne en bordel et en brutalité, on y perd den esthétique. Mais passé ce long moment qui se cogne, il faut bien avouer que Crows Zero 2, c’est un peu comme le premier, en encore plus maladroit, et du coup, pas en meilleur.

Les plus

La baston finale, longue et violente
Toujours quelques bons acteurs

Les moins

Toujours trop long
Des nouveaux personnages mal intégrés (ou peu développés)
Toujours aussi maladroit
Le retour inutile de quelques personnages
Pas très intéressant

En bref : Crows Zero 2, c’est un peu comme le premier, avec plus de baston, mais toujours aussi vide, peu intéressant, avec des personnages un peu cons.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

%d blogueurs aiment cette page :