PREY de Dan Trachtenberg (2022)

PREY

Titre Original : Prey
2022 – Etats Unis
Genre : Science Fiction
Durée : 1h39
Réalisation : Dan Trachtenberg
Musique : Sarah Schachner
Scénario : Patrick Aison

Avec Amber Midhunder, Dakota Beavers, Dane DiLiegro, Storme Kipp, Michelle Trush et Julian Black Antelope

Synopsis : En 1719, dans une tribu de Comanches, la jeune Naru veut à tout prix devenir une guerrière. Mais les traditions ancestrales de son peuple l’en empêchent. La jeune femme est malgré tout très proche de son jeune frère, Taabe, qui est amené un jour à diriger la tribu. Naru se sent aussi forte qu’un homme et va pouvoir le prouver quand un grand danger, le Predator, menace la tribu.

Imaginez un peu, nous sommes en 2022, et après plus d’une vingtaine d’années de purgatoire, je vous annonce qu’il y a un nouveau film Predator, et qu’il est bon, voir très bon. Forcément, vous allez vous mettre à rire, en me rappelant que Predator, c’est surtout le film de McTiernan, et que ce film, il est sorti sur les écrans en Juin 1987, soit il y a 35 ans. Pour certains, dont moi, nous soulignerons l’effort de Predator 2 en 1990, film souvent injustement boudé de Stephen Hopkins, honnête artisan par ailleurs, qui transposait son concept dans la ville. Le reste, on l’oubliera, entre des versus immondes contre l’Alien qui tua à petit feu les deux licences, un Predators en 2010 que j’avais pu découvrir sur grand écran mais qui honnêtement ne vaut pas grand-chose malgré une première partie honnête mais finalement plus remake que suite, et un The Predator en 2018 oh combien marrant, sauf que un film Predator, depuis quand ça doit être drôle ? Donc oui, c’était gore histoire de, drôle histoire de, et c’était nul. Sauf que rapidement, on eut entendu parler d’un cinquième opus. La saga allait tellement mal que l’on n’attendait rien du métrage. Mais entre 2018 et 2022, les choses ont changé, drastiquement. Dan Trachtenberg est annoncé comme réalisateur, lui qui avait signé l’excellent 10 Cloverfield Lane, le film doit se dérouler dans les années 1700, et la Fox se fait racheter par Disney. Ce dernier point à son importance, puisqu’il cristallisait toutes ces craintes envers le projet, quand on sait ce que Disney fait des licences qu’elle récupère. Oui, je pense très fort à toi Star Wars, mais pas que. Donc, du fan service, un réalisateur aux mains liées, de l’incompétence à pas mal de niveaux. Et puis surtout, il restait le cas de la sortie du métrage, mais ça, on y reviendra bien plus tard. Mais voilà, avec un tel réalisateur, bien qu’il fasse ici l’opposé de son premier film (passé du huis clos dans un bunker à un survival en forêt), j’avais envie d’y croire, je voulais croire qu’il avait eu la liberté de s’exprimer et de faire son film.

Et bien vous savez quoi ? J’avais raison de faire de Prey une de mes attentes de l’année. Et du coup non, je n’attendrais pas la fin de mon texte pour mon coup de gueule, mais voilà, Disney a enfin un vrai bon film, Predator a enfin droit à un vrai bon film, et au lieu de nous laisser profiter des sublimes décors naturels sur grand écran, Disney préfère balancer ça sur sa plateforme de streaming, histoire d’être sûr de rafler quelques abonnements, et de continuer de tenir les abonnés déjà présents en prison. Bon, j’arrête, et parlons un peu du film. Se déroulant en 1719, Prey s’annonce donc comme une préquelle, mais pas n’importe laquelle. Celle qui trace sa route, référence le premier film uniquement dans sa proposition, à savoir un survival en milieu hostile, et évite tous les pièges du film Disney en 2022. Du fan service ? Non, juste une ligne de dialogue et un petit élément tardif dans le métrage. Une durée monstre pour faire croire à du contenu alors que nous n’avons que du vide ? Non, ça ne dure que 1h39 générique inclus. De vaines tentatives pour étendre l’univers, pour rattacher les wagons ? Que nenni, nous n’apprendrons rien du Predator, rien ne reliera véritablement le film au premier, Prey visant l’efficacité de sa première image à sa dernière, et voulant donc être un simple film qui ne nous tape pas sur l’épaule chaque seconde pour nous dire « hey hey t’as vu, c’est comme il y a 35 ans », mais qui peut être vu par un nouveau public, et plaire à tous. Prey donc nous emmène dans une tribu comanche en 1719, pour suivre Naru, soigneuse qui rêve de devenir chasseuse comme son frère Taabe. Alors qu’un lion menace la tribu et qu’elle parvient à rejoindre la petite équipe envoyée pour traquer la bête, une autre créature bien plus dangereuse chasse elle aussi dans les environs, et aucun suspense ni spoil, nous savons tous qu’il s’agît de ce bon vieux Predator. Le film a l’intelligence, même si tout le monde connait le Predator et son apparence, de le faire rentrer très rapidement dans le récit sans pour autant le montrer frontalement non-stop, ce qui lui retirerait de son aura, et puis, d’autres films se sont déjà occupés de la niquer cette aura. Le Predator chasse dans son coin tout ce qu’il juge digne d’intérêt, pendant que Naru, après quelques péripéties, part seule en forêt pour chasser également, remontant progressivement la chaîne alimentaire.

Des mignons petits lapins, des loups, un ours (The Revenant n’est pas loin), avant finalement que le Predator ne devienne la menace principale pour tous les personnages humains, et que le film se lâche alors totalement. Le plus souvent pour le meilleur, quelques fois pour le pire, enfin non, mais pour un résultat moins convaincant déjà. Car même si Prey est un bon voir très bon film, qui bien qu’il n’invente rien, réussi tout ce qu’il entreprend, à savoir un survival en forêt parfois viscéral, violent et hyper efficace, il faut souligner quelques menus petits défauts. On pourrait citer ces quelques prédateurs en CGI, qui dans certains plans passent nickel, tandis que dans d’autres, leur aspect faux saute aux yeux. Je pourrais aussi vous parler personnellement de ces trappeurs français qui ont un accent tout sauf Français, mais là c’est clairement mineur, puisque je n’étais pas là en 1717 pour voir comment parlaient les Français, surtout dans ces périodes où les colonies étaient nombreuses. Non, car au-delà de ces rares éléments qui font un peu tiquer, Prey fait du bien, extrêmement de bien. On a là un film sérieux, sans humour, sans fan service, bien pensé, parfois bien tendu, qui redonne de la grandeur à notre chasseur, lui redonne son côté bestial et violent. Et qui par-dessus tout, le fait avec respect tout en traçant sa route. Et pour le coup, la mise en scène de Dan Trachtenberg est excellente, privilégiant les plans larges sur une superbe nature, les travellings latéraux de toute beauté et j’en passe. Même les scènes de nuit bénéficient d’un éclairage très soigné et donne vraiment un côté inhospitalier à cette nature, et rappellera, pour les gameurs, les passages nocturnes en forêt dans The Last of Us Part 2, uniquement éclairés par une torche. Et puis, quand il faut être violent, le film ne recule pas, ça décapite, ça tranche des membres, ça arrache des colonnes vertébrales comme à la bonne époque. Même la bande son évite le gros piège dans lequel les deux précédents métrages avaient chuté. A savoir qu’ici, Sarah Schachner livre une partition utilisant beaucoup de percusions, rappelant donc un peu ce que Alan Silvestri avait fait sur les deux premiers films, mais en ne copiant jamais les thèmes connus et existants. Bref, voilà, moi je suis conquis, même si on est loin du chef d’œuvre mais ça on s’en doutait. Reste à voir si ma seconde attente du mois d’Août sera une bonne surprise aussi !

Les plus

Après 30 ans d’enfer, le Predator revient en forme
Mise en scène, photographie, c’est très beau
Les décors naturels
Par moment hyper violent
Un film sérieux, sans humour
Un propos simple, juste un survival dépassant de peu 1h30

Les moins

Des CGI perfectibles
Dans le fond, ça reste très classique

En bref : Prey, c’est le retour inattendu du Predator, malheureusement privé de sortie salle, mais qui fait malgré tout tellement plaisir à voir. Simple, allant à l’essentiel, ne s’étirant pas, étant conscient de ce qu’il doit être et le fait sans parasiter sa narration de fan service, non, c’est du très bon boulot.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ After 30 years in hell, the Predator is really back
♥ Cinematography, editing, directing, it’s beautiful
♥ The natural location
♥ Sometimes very violent
♥ A serious film, no jokes
♥ A simple 90 minutes survival
⊗ Some CGI are not perfect compared to other shots
⊗ Basically, it’s a very classical tale
Prey, it’s the unexpected good return of the Predator, unfortunately not on the big screen, but still very enjoyable. Simple, going fast, no pacing problems and just a little more over 90 minutes, without fan service, it’s a good job!

6 réflexions sur « PREY de Dan Trachtenberg (2022) »

  1. Ton engouement fait plaisir à voir. Moi j’arrête les frais, je ne me force plus. Toutes ces daubes… Le reboot féminin de GHOSTBUSTERS, le dernier PREDATOR, etc. Je ne les ai pas vus et ne les verrai pas. Même celui-là… j’étais parti pour faire l’impasse, mais tu m’as convaincu, je ferai un dernier effort. Mais j’aurais préféré un nouveau film de monstre, une nouvelle créature, une nouvelle IP.

    Je te rejoins au sujet de PREDATOR 2. Un vrai bon film.

    1. Le GHOSTBUSTERS féminin, pas vu, pas intéressé. Les précédents PREDATOR, ce n’était pas bon, mais à chaque fois, j’ai vu, en espérant un retour réussi. Là, même si on pourra dire que ce n’est que l’énième retour d’une licence, on sent malgré tout que c’est fait avec sérieux par un réalisateur, qui aime l’original, veut revenir à son essence, mais sans le copier bêtement, et ouais, ça fait du bien, je pense même que je reverrais le film, et un jour, le Blu-Ray sera fièrement dans ma collection aux côtés des deux premiers opus (premier que je viens de me refaire à l’instant d’ailleurs).

  2. Ooooooh mais me dis pas que je vais devoir souscrire un abo à Disney+ ! Après lecture, j’en veux de ce Predator qui ne fait pas de fan service. Certes, la surprise n’est plus là, et j’espère que cette petite Comanche a autant de charisme que les biceps de mon culturiste autrichien préféré. Je te fais une confiance aveugle.

    1. Disney + (ou voir le film avec un pote qui a l’abonnement vu que moi je refuse de m’abonner), ou attendre le futur Blu-Ray US (ou Finlandais, ou Norvégien, vu que j’ai vu que pour une raison inconnue, ils avaient des éditions de listées pour plus tard dans l’année dans pas mal de pays d’Europe du Nord). Mais oui, comme je te disais dans notre discussion sur l’immonde JURASSIC WORLD, voilà, c’était l’un des films privé de sortie cinéma que j’attendais, et la déception qu’il soit cantonné au petit écran est pire avec un tel résultat, et une telle mise en scène de cinéma (les plans très larges, les décors, les champs, la forêt, un moment plongé dans la brume). Et le film échappe à tous les défauts habituels des suites/remakes/reboots de 2022. Pas ou si peu de fan service (une ligne de dialogue et un élément dans ses derniers instants), pas du tout d’humour pour désamorcer les situations, une femme en avant mais sans forcer le trait, juste un personnage qui est une femme et est écrit comme telle, c’est tout. Plus j’y pense et plus j’ai envie de le revoir, et plus je me dis que l’attente de sortie physique sera longue, mais que le film sera fièrement rangé après PREDATOR 1 et 2 dans ma collection.

        1. Clairement, et je peux confirmer pour l’avoir revu avec un ami, même si pas parfait (quelques CGI, tout ça), ça reste un grand OUI.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

%d blogueurs aiment cette page :