OBSESSION de Curry Barker (2026)

OBSESSION

Titre Original : Obsession
2026 – Etats Unis
Genre : Horreur
Durée : 1h48
Réalisation : Curry Barker
Musique : Rock Burwell
Scénario : Curry Barker

Avec Michael Johnston, Inde Navarrette, Cooper Tomlinson, Megan Lawless, Andy Richter, Haley Fitzgerald et Darin Toonder

Synopsis : Et si vous pouviez réaliser votre rêve le plus fou ? Un jeune introverti met la main sur un objet magique capable d’exaucer n’importe quel souhait. Son crush de toujours tombe alors raide dingue de lui… jusqu’à l’obsession la plus totale. Faites attention à ce que vous souhaitez !

Obsession se traine une excellente réputation derrière lui, et c’est donc ce qui en fait un film dont on se méfie. Après tout, oui, c’est vrai, Blumhouse produit, et la société niveau horreur grand public n’a pas eu que de grands succès public et critique récemment (les Five Nights at Freddy’s) Si l’on rajoute que le film se serait tourné pour moins d’un million sur seulement 20 jours, et qu’il s’agît du second long métrage du réalisateur, et on a des craintes. Bon, pour Blumhouse et le réalisateur par contre, les comptes sont bons, car si en effet le film a coûté moins d’un million, la vente des droits après son passage en festival aura directement ramené pas moins de 15 millions dans les caisses, et vu à l’heure actuelle son score de plus de 200 millions au box-office  rien qu’aux Etats Unis… Une opération donc rentable pour eux avant même l’exploitation du film en salles. Bon, mais maintenant, le film est sorti, et on peut enfin juger ce qu’il vaut par nous-même, et contre toute attente, c’était au final très sympathique, bien qu’imparfait. Alors qu’au début, c’est vraiment la crainte qui est là, face à ce personnage qui peut faire un vœu, et qui va se réaliser, on sent venir le film concept comme Blumhouse les adore. Heureusement les craintes sont vite effacées face à ce qui s’annonce en réalité bien plus comme un pur métrage d’ambiance, presque un film d’auteur, avec une ambiance horrifique certes, mais lourde, lancinante. La violence même sera plutôt rare à l’écran (ce qui en renforce l’impact). Et le film se concentre alors intégralement ou presque sur son duo de personnages principaux, à savoir Bear et son crush Nikki, qui après son vœu, va devenir possessive et follement amoureuse.

La première bonne nouvelle, c’est que le métrage peut compter sur deux ou trois éléments qui fonctionnent vraiment bien. Le premier, c’est donc son duo d’acteurs, venant du monde de la télévision (et donc inconnus pour moi) avec Michael Johnston et Inde Navarrette. Le premier est plutôt convaincant en jeune homme timide, timide au point qu’il restera tout le long du métrage passif, préférant se prendre un torrent d’emmerdes dans la gueule plutôt que d’évoluer enfin, de prendre sur lui et de s’affirmer. La seconde, elle surprend, par sa capacité à pouvoir passer d’une émotion à une autre en un éclair, au sein du même plan, passant de femme amoureuse attendrissante à véritable psychopathe flippante, avant de jouer assez souvent avec un entre-deux assez grotesque, mais souvent très drôle, mais aussi franchement inquiétant. Mais avoir de bons acteurs, c’est une chose, mais il faut que le reste suive à côté. Heureusement le film a un autre atout dans sa poche, et il est pèse plutôt lourd dans la balance, puisque Curry Barker, réalisateur scénariste et monteur de son film, fait des choix de mise en scène qui donnent une ambiance particulière à son métrage, avec un montage volontairement lent, un nombre de plans assez réduit, privilégiant donc l’attente, l’atmosphère, et les réactions des acteurs, plutôt qu’un faux rythme endiablé et une multitudes de plans de coupes. Pareil au niveau des angles, le réalisateur privilégie souvent des mouvements de caméra très lents, que ce soit de subtils travellings ou de légers zooms. Vu les tirades parfois extrêmement longues qu’il fait jouer à ses acteurs, ce n’est pas plus mal, ça laisse clairement le texte respirer. Bon point également, même si presque plus anecdotique, mais Obsession ne se prend jamais trop au sérieux au point de sur-expliquer son concept. On ne saura finalement pas grand-chose du fameux jouet qui exauce les vœux, rien de tout ça.

Le métrage préfère rester dans la simplicité de son propos, qui est, en plus de jouer constamment entre le rire et l’angoisse, plutôt astucieux, puisqu’il détourne le code habituel de l’homme toxique dans une relation en faisant de la femme une psychopathe flippante, tout en faisant de l’homme malgré tout le point de départ de tout ce bordel, et qu’il n’agira pourtant jamais en conséquence. Et pourtant, face à Nikki, on ne peut que prendre la défense du pauvre Bear, qu’importe s’il est fautif de la situation, s’il n’ose jamais se bouger le cul, et met limite sa dignité au placard. Une écriture de personnages et un jeu donc plutôt subtil pour faire passer ça à l’écran. Mais tout n’est pas rose pour autant, car en jouant sur ces éléments justement, en refusant souvent d’expliquer plus que nécessaire, et en nous donnant un personnage principal évoluant peu, Obsession finit néanmoins, dans ses mécaniques qui reviennent, dans sa narration, par tourner en rond. Toujours les mêmes ressorts qui sont utilités, et ils ont beau fonctionner, un peu de diversité n’aurait sans doute pas fait de mal. Alors on ne s’ennuie pas, on s’amuse de certaines situations grotesques (ah la soirée), mais on se dit aussi qu’Obsession reste un peu trop en surface de son sujet, passionnant lui. Dommage. Néanmoins, le film étant à la fois plus sérieux dans son scénario et dans sa mise en scène que la moyenne actuelle du genre (mais, genre, bien bien au-dessus), on a presque envie de lui pardonner, et on espère que le réalisateur aura un budget plus confortable pour la suite pour mener à bien ses ambitions.

Les plus

Deux acteurs franchement très bons
Une mise en scène posée
Une ambiance tour à tour inquiétant ou drôle
La frontière avec le grotesque est là, mais jamais totalement franchie

Les moins

Un côté assez répétitif dans ses mécaniques

En bref : Le dernier né de Blumhouse, Obsession, est pour une fois assez fidèle à sa réputation. Il a des défauts, qu’on peut imputer sur son bas budget, mais le réalisateur démontre un talent certains malgré ça, et a su s’entourer d’acteurs donnant vie aux situations entre horreur et comique.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ The two leads are honestly very good
♥ Classy filmmaking
♥ The atmosphere can be creepy then funny
♥ The grotesque is never far, but never totally here
⊗ It gets a bit repetitive in fact
The last film from Blumhouse is up to its reputation. It has flaws, yes, you can say it’s because the money was very low, but the director shows some real talent there, and found great actors to give life to those situations between horror and humour.

2 réflexions sur « OBSESSION de Curry Barker (2026) »

  1. Très belle analyse. J’ai moi aussi apprécié le film, notamment pour son approche plus atmosphérique que démonstrative. Là où beaucoup de productions récentes misent sur les jumpscares et l’explication à outrance, Obsession préfère installer un malaise progressif qui repose avant tout sur ses personnages et sur le travail de mise en scène. Je te rejoins également sur la performance d’Inde Navarrette, capable d’être à la fois touchante, drôle et franchement inquiétante d’une scène à l’autre. Certes, le récit finit parfois par tourner un peu en rond et n’exploite peut-être pas totalement la richesse de son concept, mais il y a une vraie personnalité derrière la caméra. Un film imparfait, mais suffisamment singulier pour marquer les esprits et donner envie de suivre la suite de la carrière de Curry Barker.

    1. Ce genre de petits métrages fait beaucoup de bien au cinéma horrifique, et en fait en général vu son carton (9éme plus gros succès de l’année actuellement). 2026 est une année très riche pour le cinéma de genre, et ce qui fait encore plus plaisir, c’est que le public semble vraiment vouloir montrer aux gros studios ce qu’il veut, et qu’on arrête de le prendre pour un con. On échappera pas à quelques échecs injustifiés, et quelques gros succès discutables (oui j’ai vu le SUPER MARIO GALAXY, oui j’ai soupiré, alors que j’avais bien aimé le premier). Le plus étonnant pour OBSESSION, c’est que le réalisateur vient de youtube, alors que depuis quelques temps, les vidéos qui marchent dessus sont à l’opposé de ce que l’on voit là. Pas de montage ultra cut, pas de plans nébulés, de faux rythme, mais une ambiance lente qui s’installe et fonctionne. Il faut que je tente de me faire dans les prochains jours BACKROOMS (déjà 10ème succès de l’année, et vu qu’il vient tout juste de sortir, ça va monter), lui aussi réalisé par un mec venant de youtube.

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