A TRAVERS MA FENETRE (A Través de mi Ventana) de Marçal Forés (2022)

A TRAVERS MA FENETRE

Titre Original : A Través de mi Ventana
2022 – Espagne
Genre : Romance
Durée : 1h56
Réalisation : Marçal Forés
Musique : Andreas Gutuen Aaser
Scénario : Eduard Sola d’après le roman de Ariana Godoy

Avec Clara Galle, Julio Peña, Guillermo Lasheras, Natalia Azahara, Hugo Arbues, Eric Masip, Pilar Castro, Abel Folk, RachelLascar Emilia Lazo et Lucía de la Puerta

Synopsis : Amoureuse depuis longtemps, Raquel découvre enfin que ses sentiments pour son voisin sont réciproques. Mais la famille du jeune homme ne voit pas l’histoire d’un bon œil.

On dit souvent qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Ça tombe bien, le film dont je vais vous parler, disponible sur Netflix, est l’adaptation d’un roman à succès. Et la blague ? C’est depuis une trilogie ! On a uniquement ce que l’on mérite après tout… Alors oui, ne pas juger à la couverture. Je suis passé outre, en voyant sa pochette et son synopsis. Pourquoi ? Car j’aime bien le cinéma Espagnol d’une part (car je suis un cinéphile sérieux) et car l’actrice principale, Clara Galle, est fort charmante (oui ben oui, si les femmes peuvent crier dans une salle en voyant Ryan Gosling, ben j’ai le droit aussi pour une belle femme !). Malheureusement parfois, la cinéphilie, ça nous fait faire des choses douteuses, qui nous font mal. Car A través de mi ventana, ou A travers ma Fenêtre car je ne parle pas un mot d’Espagnol sauf pour dire des grossièretés, comme beaucoup de monde, on pourrait presque dire que c’est le 50 Nuances de Gray de l’Espagne. Si si, regardez bien ! Une jeunette super charmante, soi-disant vierge, prude, pauvre (enfin, vu la taille de sa maison, on n’a pas la même vision de la pauvreté), qui fantasme sur son voisin, fils ultra riche, héritier d’un empire colossal, habitué à briser les cœurs. La première est cruche, un peu niaise, artiste dans l’âme car elle écrit vous voyez, le second est ténébreux, manipulateur, brise le cœur des dames. Tout les oppose mais pourtant, voilà qu’une romance va naitre entre les deux, qu’importe si dans le monde réel, on n’appellerait pas ça une romance (donnant une trilogie, encore une fois), mais une relation toxique. Oui, c’est à 100% comme 50 Nuances de Gray. C’est tout aussi nul ? Oh pas loin, car le premier opus de la saga Américaine, il avait beau être mauvais, risible, blindé de défauts, il pouvait compter sur quelques micros éléments pour au moins être regardable (pas comme les deux suites). La musique de Danny Elfman par exemple, ou des acteurs qui certes font des choses risibles car on leur demande, mais qui le font bien (Dakota Johnson a beau avoir une carrière bancale, elle est bonne actrice). Ici… c’est plus compliqué.

Plus compliqué car tout respire le film qui se voudrait cool pour plaire à un public jeune, donc on nous balance les mecs torse nus qui font du sport sous la pluie, avec ralenti et musique de jeune en fond, pour plaire à la fois aux jeunes et surtout aux jeunes femmes, mais on n’oublie pas non plus de mettre assez souvent Clara Galle en petite culotte dès qu’elle est dans sa maison, et à la dénuder ensuite dès que la relation commence. Si on peut attirer après tout les petits jeunes masculins, on ne va pas se priver. Pire, parfois, le film donne l’impression de vouloir mixer les pires éléments de 50 Nuances de Gray avec les pires éléments de Twilight. Sacré combo. On aura donc notre jeune femme qui va suivre son ténébreux jeune brun dans la forêt, des scènes de notre homme qui va stalker littéralement Raquel… qui n’est en vrai pas mieux, surveillant son voisin Ares, remplissant son disque dur jusqu’à saturation de toutes les photos qu’elle trouve de lui, et lui avouant clairement dans son premier face à face dans le film avec lui qu’elle est, je cite, « la femme la plus intéressante qui existe ». Oui, ça vole haut, parvenant à être aussi niais que l’autre saga, tout en rendant chaque personnage prétentieux par-dessus tout ça. Et difficilement de prendre quoi que ce soit au sérieux dans ces conditions. Durant deux heures, on souffre. Mais on tient le coup, en se disant qu’au choix, ça va forcément s’améliorer à un moment pour justifier une trilogie, ou alors franchir un cap pour être si nul qu’il devient hilarant. Malheureusement, ça ne viendra jamais. Trop stupide pour être prit au sérieux, mais trop sobre pour faire rire aux éclats. Du coup, on regarde, un peu dépité, face à des situations convenues et attendues. Oui, Ares s’introduit chez Raquel la nuit pendant qu’elle dort (comme dans Twilight), oui on a l’impression que Raquel est prête à l’orgasme alors qu’Ares n’a qu’effleuré sa jambe du bout des lèvres, oui Raquel et sa mère sont censées êtres pauvres et leur premier repas du film sera de la soupe (bien qu’elles vivent dans une maison que 85% de la Terre voudrait pouvoir se payer). Il faut limite voir un peu les à-côtés pour rire.

Comme lorsque Raquel présente son meilleur ami et qu’il s’appelle Yoshi (parfois il en faut peu pour rire). Ou en regardant le casting et se rendant compte que la mère d’Ares s’appelle Hidalgo, et est jouée par Rachel Lascar… ça ne s’invente pas. Pour le reste, c’est souvent l’ennui, avec un film qui ne fait ni rêver par ses décors Espagnols, souvent filmés platement et rarement en avant, ni rêver par sa représentation des riches et des pauvres (les pauvres sont quand même aisés, et les riches vont dans des clubs avec pleins de néon, et incitent leurs fils à coucher avec tout le monde waou). Quant à la romance peu crédible et les scènes de sexe, elles ne vont pas relever le niveau. Raquel censée être un peu prude fait souvent du rentre-dedans à Ares (la scène derrière la boite de nuit, où elle s’assied sur ses genoux, l’embrasse et place ses mains sur son derrière), et chaque rebondissement dans leur relation se voit venir à des kilomètres tant ça respecte absolument tous les clichés du genre, des tentatives de dragues aux moments coquins, à la famille de riches qui n’accepte pas que leur fils sorte avec une pauvre, jusqu’au final avec ce bal de fin d’année et son homme qui va courir pour rejoindre sa dulcinée sur place après une embrouille. Et au final, les scènes coquines, même avec de la nudité, restent incroyablement prudes, beaucoup trop pour qu’on se dise que tout ceci est crédible une seule seconde. Au final, oui, on peut le dire, on perd clairement deux heures de notre vie devant le spectacle. La première suite annonçant un « voyage torride en bord de mer » va-t-elle remonter le niveau ? Ai-je vraiment envie de savoir ? Aussi mignonne puisse être Clara Galle, non, en réalité, je me contrefiche de comment leur histoire d’amour va finir, surtout que si les suites sont aussi prévisibles que le premier opus, je sais déjà tout, je sais déjà la fin, où ils se retrouveront quoi qu’il arrive après de gros doutes, et possiblement d’autres relations en cours de route. Bref, j’aime bien le cinéma Espagnol, mais le cinéma populaire romantique produit pour Netflix et adaptant des romans à succès pour faire fantasmer les jeunes et la ménagère, beaucoup moins.

Les plus

Clara Galle est fort charmante, c’est vrai
Si ça y allait encore plus à fond, on pourrait en rire

Les moins

Cliché de chez cliché
On prédit tout à l’avance
Des personnages prétentieux et dur à apprécier
Ne sait même pas mettre en avant un côté exotique
Niveau cul, c’est très prude

En bref : A Travers ma Fenêtre, c’est le croisement improbable entre 50 Nuances de Gray et Twilight, en Espagne, en tout aussi risible, tout aussi prude, tout aussi chiant.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Clara Galle is lovely, yes
♥ If only it went all in, it could have been funny
⊗ Some many clichés
⊗ Everything is predictable
⊗ Pretentious characters, not easy to like
⊗ It can’t even give us good shots of Spain
⊗ The sex too is lame
Through my Window is the crazy combo between 50 Shades of Grey and Twilight, in Spain, and it’s as much ridiculous, lame and boring.

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