L’ARME SECRETE (The Hitman) de Aaron Norris (1991)

L’ARME SECRETE

Titre Original : The Hitman
1991 – Etats Unis
Genre : Policier
Durée : 1h30
Réalisation : Aaron Norris
Musique : Joel Derouin
Scénario : Robert Geoffrion et Don Carmody

Avec Chuck Norris, Michael Parks, Al Waxman, Alberta Watson, Alan C. Peterseon, Salim Grant, Ken Pogue, Marcel Sabourin, Bruno Gerussi, Frank Ferrucci, James Purcell et Candus Churchill

Synopsis : L’agent Cliff Garrett est grièvement blessé par une rixe. Pour les besoins d’une enquête, il se fait déclarer mort, prend une nouvelle identité et devient « Hit man », un assassin. Il s’arrange pour infiltrer le milieu mafieux afin d’y réaliser une arrestation massive.

En 2026, nous avons perdu Chuck Norris. Certains facts nous dirons que Chuck Norris ne meurt pas, mais qu’il arrête juste d’être visible. Toujours est-il que face à la nouvelle, j’ai eu envie de me jeter sur des œuvres de l’acteur, sauf que ces films les plus connus, que ce soit les Portés Disparus ou autres Delta Force, je les ai déjà vu, et je les ai en Blu-Ray. Pareil pour l’énorme Invasion U.S.A., ou encore pour ce que beaucoup (dont moi) considèrent comme son meilleur film, Sale Temps pour un Flic en 1985. Il reste donc, assez tristement, les œuvres moins connues, moins aimées. Il y a Le Temple d’Or, tentative de la Cannon de lancer Chuck comme héro d’un film d’aventure plus familial, Héros et la tentative de donner à Chuck un rôle plus sensible, ou quelques nanars dans les années 90 comme Sidekicks, Face à l’Enfer ou L’Esprit de la Forêt. Finalement, je me serais tourné vers The Hitman, renommé L’Arme Secrète en France, un métrage de 1991 produit à une période assez particulière, puisque la Cannon était en fin de course, d’ailleurs renommée Cannon Pictures (après The Cannon Group), mais l’argent manquait tellement que quelques soucis de productions furent là. Le film d’ailleurs au départ avait été pensé pour Charles Bronson, autre star de la Cannon. Le studio allait d’ailleurs tellement mal que les deux producteurs célèbres de la société ne sont pas cités au générique, le métrage étant à la place produit et coécrit par Don Carmody, qui aura fait un sacré bout de chemin par la suite, en produisant des films divers et variés comme la comédie musicale Chicago, le Pompéi de Paul W.S. Anderson, l’immonde Silent Hill Revelation, les opus 2, 4 et 5 de Resident Evil (pourquoi pas les autres ? Bonne question), mais aussi de vrais bons films comme Esther, Silent Hill 1, le premier Détour Mortel, L’Avocat du Diable, et pour la blague, Battlefield Earth.

La réalisation n’atterrit pas bien loin puisque le frère de Chuck, Aaron Norris, reprend le bébé, après avoir déjà signé pour son frère Portés Disparus 3 (fantastique nanar) et Delta Force 2 (belle déception), mais aussi Platoon Leader avec Michael Dudikoff. Michael Parks joue les méchants flics ripoux, après avoir déjà eu le mauvais rôle dans le cinquième Justicier dans la Ville face à Bronson, tandis que Chuck joue un flic, trahit et laissé pour mort, qui passe sous couverture et devient tueur à gages pour détruire l’organisation, une balle dans la gueule à la fois. Pas subtil pour un sou mais aucunement la raison pour laquelle on se lance dans un métrage de Chuck Norris, L’Arme Secrète fait, étonnement, pour un film tardif de Cannon, plutôt bien le boulot, en étant un polar qui a plutôt fière allure visuellement malgré son côté étriqué, et peut compter sur la coupe mulet, la moustache et les high kick de Chuck pour divertir. Pour le reste, oui, nous sommes bien au début des années 90, avec tout ce que cela comporte de clichés, de rues sombres où les machines à fumées sont en marche et les filtres bleutés sur l’image. Et surtout, L’Arme Secrète pourrait être vu comme un premier pas pour Chuck Norris vers un bousculement de sa carrière, passant de son rôle classique de flic qui fait tout exploser avant de poser les questions donc, rôle qu’il a tenu jusque là dans la plupart des films de la Cannon, et où face à lui, les femmes sont surtout là pour obéir (il le dira clairement quand une jolie demoiselle lui demandera si il veut son avis), pour devenir doucement ce mec au grand cœur qui aide la veuve et l’orphelin, et tentera même de protéger et d’apprendre à se défendre à un jeune voisin subissant du harcèlement scolaire, lui redonnant confiance en lui, l’entrainant à se défendre. L’idée de transmission en gros. Mais cet élément reste ici encore un peu trop superficiel, comme greffé au récit à l’arrache plutôt que de donner de la profondeur au personnage.

La partie polar, malgré les clichés des années 90, dont certains qui pourraient être offensants pour certains aujourd’hui (les minorités, les femmes, tout ça tout ça), fonctionne bien mieux, ça explose des voitures, ça flingue des innocents, bref, tout ce que l’on attend d’un film s’appelant en VO The Hitman. Quelques pains dans la gueule, une guerre entre trois gangs différents, des morts, quelques répliques cinglantes (« Drop Dead »), et ça fait, de manière primitive certes, plutôt bien le job. Ça n’a certes jamais les moyens des heures de gloire (quoi qu’on pense de la qualité des films) du studio, mais mine de rien, ça fait quand même ce qu’il faut, quand il faut, rythmant un récit certes balisé et prévisible, en insérant ci et là quelques tortures, mises à morts, petites bastons, avant un final bien plus explosif, et évidemment, face à Norris, un méchant, très méchant et sans aucune pitié. On ne s’ennuie pas devant le film (là où trois ans plus tard, on se fera chier ferme sur Le Justicier L’Ultime Combat), et c’est du coup bien là au départ la seule chose qu’on lui demandait, de juste nous divertir, sans trop faire n’importe quoi. Pas inoubliable, loin d’être le meilleur Chuck Norris (autant en vrai bon film qu’en plaisir coupable), mais par contre, techniquement parlant, sans doute le meilleur travail d’Aaron Norris.

Les plus

Un polar violent plutôt bien rodé
La simplicité des années 90
Un final explosif
Michael Parks en méchant qui cabotine

Les moins

Un scénario basique
Compétent, mais des allures de mini DTV
Quelques sous-intrigues peu abouties

En bref : L’Arme Secrète, The Hitman en VO, c’est un peu le film où le Norris flingueur laisse doucement place à un homme au plus grand cœur. Bancal, mais un polar plutôt compétent, rythmé, et avec des scènes violentes qui font plaisir.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A well made violent thriller
♥ The simplicity of the 90s
♥ An explosive finale
♥ Michael Parks is fun as the bad guy
⊗ A simplistic script
⊗ Competent, but it looks like a straight to video
⊗ A few subplots are not well developped
The Hitman, it’s the film when Norris the gunman slowly becomes the man with a big heart. Not great, but a competent and well paced thriller.

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