Titre Original : Roma a Mano Armata
1976 – Italie
Genre : Policier
Durée : 1h35
Réalisation : Umberto Lenzi
Musique : Franco Zanni
Scénario : Dardano Sacchetti
Avec Maurizio Merli, Arthur Kennedy, Giampiero Albertini, Ivan Rassimov, Biagio Pelligra, Aldo Barberito, Stefano Patrizi, Luciano Pigozzi, Luciano Catenacci, Carlo Alighiero, Maria Rosaria Omaggio et Tomas Millian
Synopsis : Un appel téléphonique anonyme prévient le commissaire Tanzi, de la brigade criminelle de la préfecture de Rome, que Manuel Ferrender se trouve en ville dans un tripot. Pour Tanzi, c’est une véritable aubaine. Il aura enfin l’occasion de mettre la main sur ce gros bonnet de la mafia. Malheureusement, l’opération destinée à le capturer dans ce bar ne mène pas à grand-chose. Ferrender réussit à s’enfuir et Tanzi parvient tout juste à arrêter un de ses complices.
Si l’on doit bien retenir une partie de la carrière d’Umberto Lenzi, ce ne seront pas ses quelques nanars des années 80, mais bien ses polars et giallo des années 70. Car bon, si dans les années 80, on trouve encore quelques séries B bancales mais potables comme Ghosthouse ou Cannibal Ferox, ça reste tout de même du pur cinéma d’exploitation surfant sur les vagues à succès. Non pas que les années 70 ne surfaient jamais sur les succès de l’époque, mais le cinéma Italien se portait tout simplement mieux. Niveau giallo par exemple, on retiendra de lui Le Tueur à l’orchidée, ou Spasmo, tandis que niveau polar, comment oublier La Rançon de la peur, ou justement le film du jour, Brigade Spéciale. Comme souvent écrit par Dardano Sacchetti, et comme toujours avec Tomas Millian, même si ce coup-ci il ne récupère qu’un rôle secondaire, le métrage joue clairement dans la cour de ce qui se faisait ses années-là, avec ce flic prêt à tout pour mettre la main sur son ennemi juré, chef de gang, même si pour arriver à ses fins, il devra flinguer d’autres truands, se faire gueuler dessus par le chef de la police, et résoudre quelques autres petits crimes. Maurizio Merli joue notre flic prêt à en découdre, rôle qui lui tient à la peau, et qu’il reprendra l’année suivante aux côtés de John Saxon dans Le Cynique, l’infâme, le Violent, toujours signé Umberto Lenzi, car on ne change pas une équipe qui gagne. Bon il faut dire que notre inspecteur, il n’a pas franchement de bol, tant on a souvent l’impression qu’il suffit qu’il fasse trois pas dans la rue pour qu’un crime se déroule devant lui. Un viol, un vol, un braquage. Il attire presque les ennuis en fait. Lenzi semble d’ailleurs souvent s’en amuser, sans doute dans le but de provoquer un peu le public.
Ce côté provocateur, on le retrouve finalement dans les interactions entre notre inspecteur et sa petite amie, la fort charmante Maria Rosaria Omaggio. Car ici, à Rome, le monde est violent, les hommes tuent, volent, violent, et la loi elle protège presque plus les truands comparé aux honnêtes citoyens. Notre inspecteur, il veut faire régner la loi, tandis que sa petite amie, elle, psychologue, cherche parfois des raisons sociales derrière la violence qui gangrène les rues, quitte parfois à remettre des personnes dangereuses dans les rues. L’ironie bien entendu, ce sera quant à peine relâchés, deux jeunes délinquants remettront le couvert, mais seront victimes d’un accident qui leur coutera la vie. Si bien qu’en réalité, même si le but de notre inspecteur est de mettre derrière les barreaux un dénommé Ferrender, on a plus l’impression que le scénario de Dardano Sacchetti lui s’en moque un peu, et préfère faire un état des lieux, donner une vision nihiliste de ce qu’il se passe à la fois dans les rues, et dans les bureaux, et en plaçant clairement le point de vue du côté du flic, de celui qui tire avant de poser les questions. Une morale douteuse et réac ? Peut-être, même si vu l’état du monde actuel, quelques balles ne seraient pas de refus. Mais qu’importe, car rappelons surtout qu’il s’agît de cinéma, et surtout, qu’il s’agît d’un genre très codifié ici, où notre super flic a raison peu importe ces actions, et où face à lui, les méchants sont très méchants, n’ont aucune morale et aucun honneur. Oui c’est le genre qui veut ça. Et ça fonctionne, car Umberto Lenzi l’accepte, accepte les clichés du genre, et surtout ne fait que rarement de détours dans le scénario, privilégiant en réalité le rythme et l’efficacité au fond, à la narration. D’où ce côté ironique lorsque les ennuis arrivent toujours devant l’inspecteur.
Un peu comme un heureux hasard. Ou malheureux, en fonction des circonstances. C’est à la fois la grande qualité du titre, mais aussi son plus grand défaut. Brigade Spéciale est un spectacle presque primitif, qui va à l’essentiel, qui se préoccupe plus de filmer le chaos, les bagarres, les poursuites, les atrocités et donc, les balles qui partent et le sang qui gicle, plutôt que de livrer des personnages profonds et un scénario solide aux multiples twists. Le seul véritable twist du film, on le voit d’ailleurs venir à l’avance, et il ne vient pas franchement changer la donne, juste annoncer que oui, le final est là. C’est en cela que Lenzi prouve qu’il est un bon technicien, en parvenant à montrer à l’écran le meilleur de ce que le script plutôt basique pour le genre peut offrir. Le casting lui fait ce qu’il peut, et à l’exception de Tomas Millian en truand bossu et de Maria Rosaria Omaggio, les autres donnent le minimum. Ils ne sont pas mauvais, mais Maurizio Merli par exemple reste monolithique, se contentant d’être cet inspecteur Harry en Italie. Mention spéciale par contre pour l’excellente bande son, bien qu’un peu répétitive. Pour le reste, les amateurs du genre trouveront ce qu’ils attendent, d’autres trouveront le film provocateur, et c’est le cas. Mais c’est solide, et c’est bien là le principal en réalité.

Les plus
Un film solide qui va à l’essentiel
Tomas Millian en truand, toujours très bon
Violent, immoral, rentre-dedans
Des poursuites, des fusillades, ça n’arrête jamais
Les moins
Un scénario basique
Le côté réac fera crier les fragiles
Maurizio Merli assez inexpressif
En bref : Brigade Spéciale est un polar ultra basique, mais aussi ultra efficace de la part de Lenzi. Pas son meilleur, mais finalement assez représentatif du genre, même si ça manque parfois un peu de fond.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ A strong film ♥ Tomas Lillian as the bad guy, always good ♥ Violent, immoral ♥ Pursuits, shootouts, it never stops |
⊗ A basic script ⊗ Yes, the « reactionary » stuff in the film is not for many ⊗ Maurizio Merli has no expression |
| The Tough One is a basic thriller, effective, from Lenzi. Not his best, but a good representation of the genre itself. | |






















