LES DEMONS DE LA NUIT (Shock) de Mario Bava et Lamberto Bava (1977)

LES DEMONS DE LA NUIT

Titre Original : Shock
1977 – Italie
Genre : Fantastique
Durée : 1h33
Réalisation : Mario Bava et Lamberto Bava
Musique : I Libra
Scénario : Lamberto Bava, Gianfranco Barberi, Alessandro Parenzo et Dardano Sacchetti

Avec Daria Nicolodi, John Steiner, David Colin Jr., Ivan Rassimov, Lamberto Bava, Paul Costello et Nicola Salerno

Synopsis : Dora, témoin du suicide de son mari, se fait interner en hôpital psychiatrique. Lorsqu’elle retrouve enfin sa liberté, elle retourne vivre dans son ancienne maison, avec Bruno, son nouveau compagnon et son fils Marco, issu de son premier mariage. Parce que Bruno est souvent en déplacement de par son travail, Dora gère seule l’éducation de Marco. Mais ce dernier agit de manière étrange et Dora le soupçonne d’être pourvu de pouvoirs télékinésiques. Le jeune garçon semble très attiré par le mur de briques qui se trouve dans la cave…

Les fins de carrière des grands réalisateurs, c’est toujours quelque chose de passionnant, à défaut de toujours convaincre cinématographiquement parlant. C’est encore plus intéressant dans le cinéma Italien, vu sa chute dans les années 80. Car du coup, certains réalisateurs ont eu une fin de carrière brutale en se tournant vers la télévision, d’autres ont tentés de lutter malgré tout, et bien entendu, certains ne sont tout simplement plus là aujourd’hui. Argento par exemple, il est l’un des rares à avoir pu continuer à livrer des films quasi exclusivement pour le cinéma, et oui, sa carrière, malgré quelques sursauts (Le Sang des Innocents, Card Player par si mauvais), était au plus bas, mais finalement, son dernier film (avant dernier vu l’annonce du tournage d’un nouveau film bientôt) relevait un peu le niveau, sans être un adieu mémorable. A l’opposé par exemple, on trouve Lamberto Bava, qui s’est très vite tourné vers la télévision après Delirium en 1987, ne revenant que très rarement au cinéma, et pour des films souvent jugés mineurs (mais n’ayant ni vu son Body Puzzle de 1992 ni son The Torturer de 2005, aucun jugement). Deux réalisateurs par contre ne sont plus là aujourd’hui, et ont tous les deux marqués le cinéma Italien. Mario Bava et Lucio Fulci. Mais là où le second aura vécu la chute du cinéma Italien et aura tenté jusqu’au bout, livrant déception sur déception entre 1982 et 1990, Mario Bava, lui, aura signé son ultime film en 1977 avec Shock, bêtement renommé Les Démons de la Nuit chez nous. De quels démons parle le titre Français ? Je cherche toujours. Un film loin de son heure de gloire, mais jamais honteux pour autant, et un film finalement important puisque faisant presque office de passage de flambeau, puisque Lamberto, le fils de Mario donc, réalise quelques séquences en plus de signer en parti le scénario, avant de devenir un réalisateur à part entière dès 1980.

Alors oui, Lamberto Bava avait, en réalité, déjà signé un film avant, sous pseudonyme, en 1975. Mais finalement, c’est bien Shock, auprès de son père, qui a dû aider. Est-ce la raison pour laquelle le métrage apparaît comme un Mario Bava mineur ? Peut-être, car si la mise en scène n’a rien de honteuse, et qu’on trouve là encore quelques effets d’optiques dont Mario Bava était si friand, l’ensemble paraît malgré tout plus sage, moins bien ficelé d’un bout à l’autre. Mais encore une fois, rien de honteux, surtout que pour ce quasi huis clos dans une grande maison avec une famille constituée de la mère, du beau père et du jeune garçon, le film peut compter sur la prestation de Daria Nicolodi dans le premier rôle. Il est rare de la voir au premier plan (souvent, elle est justement au second plan, souvent chez Argento, dans Inferno, Ténèbres, Phenomena), et elle s’en sort plutôt bien, dans le rôle de cette mère qui peu à peu, perds pied. Il faut dire que son petit garçon, Marco, se montre étrange dès sa première apparition dans le film, alors que la petite famille s’installe dans la maison. Dora de son petit nom, elle n’est pas exploratrice, mais elle traine ses traumas derrière elle, depuis le prétendu suicide de son mari, et tente donc de reconstruire sa vie avec Bruno, en prenant soin de son fils Marco. Qui semble très réceptif à quelqu’un ou quelque chose qui se trouverait dans la maison. Le film ne fait pas dans l’originalité, et d’ailleurs, il est très facile de deviner où tout cela va nous amener, tant les indices laissés ci et là par le scénario sont d’une évidente clarté. Mais en soit, ça, ce n’est pas très grave. Le vrai souci premier du métrage en réalité, c’est que, du moins dans sa première partie, on ressent comme un petit fossé entre les scènes jouant sur l’angoisse, voire le fantastique, et les scènes un peu plus banales, entre le couple, avec le petit garçon.

Un peu comme si Mario Bava était seulement intéressé par son concept et les scènes concernant ce concept, plus que par ses personnages, et donc la profondeur que le script pourrait leur donner. Ou alors il a confié à son fils le soin de réaliser ces scènes plus banales, mais on me dira encore une fois que je ne suis pas fan de Lamberto Bava et manque donc d’objectivité. Heureusement, passé un certain stade donc, le tout se resserre, les enjeux se font plus simples et limpides (encore une fois, même si on devine tout à l’avance), le danger et les menaces se font plus présentes, plus pesantes, et Shock prend son envol, enchainant les scènes très efficaces, les bons coups, les effets spéciaux étonnement convaincants encore aujourd’hui, sans oublier donc Daria Nicolodi, portant le film sur ses épaules, littéralement, étant dans quasiment tous les plans. Dur de lui en vouloir donc, quand le métrage se termine par 45 minutes qui montent crescendo en tension. Et comme œuvre finale de sa carrière, Mario Bava n’avait pas à rougir ici, même si cela reste un métrage mineur. Car mineur ne veut pas dire mauvais. Shock est très loin d’être mauvais. Sa première partie est hésitante, mais il prend ensuite son envol et révèle son potentiel. Et au final, le spectateur lui passe un bon moment.

Les plus

Un film de fin de carrière loin d’être honteux
Daria Nicolodi parfaite dans le rôle principal
Des effets convaincants
La seconde partie du film hyper prenante

Les moins

Des moments bien moins convaincants dans la première partie
Dans les grandes lignes, ultra prévisible

En bref : Les Démons de la Nuit, ou Shock, c’est le dernier métrage de Mario Bava, avec l’aide de son fils, Lamberto. C’est loin d’être honteux, même si parfois trop hésitant au départ et donc un peu lent à démarrer, mais ça se révèle par la suite totalement recommandable.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Nothing to be ashamed for this final film
♥ Daria Nicolodi perfect in the lead
♥ Convincing special effects
♥ The second half is interesting and a good watch
⊗ Some moments are not that convincing in the first half
⊗ Pretty predictable
Shock is Mario Bava’s last film, and with the help of his son, Lamberto. It’s not bad, at all, even if the first part is far from perfection and a bit too slow, but then, when it really starts, it gets really good.

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