GHOULIES IV de Jim Wynorski (1994)

GHOULIES IV

Titre Original : Ghoulies IV
1994 – Etats Unis
Genre : Run you fool
Durée : 1h24
Réalisation : Jim Wynorski
Musique : Chuck Cirino
Scénario : Mark Sevi

Avec Peter Liapis, Barbara Alyn Woods, Stacie Randall, Raquel Krelle, Bobby Di Cicco, Tony Cox, Arturo Gil et Andrew Craig

Synopsis : Les Ghoulies sont de retour pour retrouver un certain Jonathan Graves, qui serait apparemment le seul à pouvoir les aider à retourner dans leur dimension. Mais une autre personne est à la recherche de Jonathan avec des intentions fort peu louables. Qui retrouvera Jonathan en premier ?

Si le dicton « quand on commence une saga, on la termine » vient clairement de moi au départ, il y a des sagas où il est très dur d’appliquer ses propres paroles. Il y a Leprechaun, dont je n’ai toujours pas vu le sixième opus, après le désastre pénible que fut le cinquième, et il y avait Ghoulies (et dans une moindre mesure, Hurlements). Car ces sagas, parfois longues, elles sont en général mauvaises dès le premier opus. Mais si j’ai pu survivre aux 11 opus de la saga Children of the Corn, tout est possible. C’est donc plus de 30 ans après avoir découvert les trois premiers films que je me suis penché sur Ghoulies 4. Car la saga Ghoulies, en plus d’être désastreuse, c’est un véritable bordel. Le premier opus, souvent considéré, à tort, comme une copie de Gremlins, était en réalité en préproduction avant le film de Joe Dante, et n’a que peu de rapports avec ledit film. Et à ce niveau, on peut presque parler d’arnaque, avec des Ghoulies quasiment absents du film et très mal animés. Un film au budget riquiqui produit par Charles Band, qui commença sa production en 3D (la mode de l’époque) avant de changer d’avis en cours de route, et qui, comble de l’ironie, devait au départ être distribué par la Fox, prête à investir 12 millions dans le projet. Mais une fois Charles Band seul, le script fut intégralement réécrit et le budget, on s’en doute, réduit (estimé à 5 millions, et ils ne se voient pas). Le film dû être un succès en tout cas, et une suite fut lancée en 1987, toujours produite par Charles Band. John Carl Buechler devait réaliser, mais au final, c’est Albert Band qui s’y colle, pour un film ressemblant pour le coup beaucoup plus à une copie de Gremlins, mais surtout, plus rythmé, plus digeste, plus divertissant. Un film tourné en Italie, avec un budget réduit, et où aucun des figurants ne parlait anglais. Un échec total en salles, et pourtant, en 1990 débarque en DTV un Ghoulies 3.

Mais Charles Band n’est plus, puisque pour tenter de sauver sa boite en train de faire faillite, il vend les droits. John Carl Buechler récupère la mise en scène, sorte de vengeance pour le second opus, et ça part cash en cacahouète. Ce coup-ci, les monstres parlent, et là où le second opus copiait Gremlins, ici, c’est l’humour qui est en avant, humour d’une débilité absolue et constante, pour un film pas fameux, mais qui, chez moi, fait, suivant mon humeur, office de plaisir coupable. Puis vint donc Ghoulies 4, le film à mauvaise réputation détesté même par les spectateurs cléments sur les précédents opus. Un film qui j’ai soigneusement évité pendant 30 ans. Mais, quand on commence une saga… Et en quelques secondes, tout espoir de voir un film au moins divertissant sont anéantis. Cinetel produit, Jim Wynorski produit, le budget est si bas que les Ghoulies ne seront pas des marionnettes mais des nains en costumes dégueulasses, une des actrices principales avoue amèrement regretter d’avoir joué dans le film, et en prime, ça a la prétention d’être une suite directe… du premier film, soit l’opus chiant au possible de la saga. Et dès le départ, pas de doute, l’univers Ghoulies est absent, et nous sommes chez Wynorski, avec une blonde méchante (car habillée en cuir) qui tue mollement des agents de sécurité, récupère une gemme, et invoque un méchant encore plus méchant. Sauf que la cruche, elle pénètre dans le pentagramme, ce qui détruit la gemme, libère deux Ghoulies, et malheureusement, lance l’intrigue. Mais pas de panique, son maître lui laisse une chance, disant à notre blonde qu’il y a une seconde gemme, et qu’il sait où elle se trouve. Sauf que ce débile, il se barre avant de donner l’information. Je cherche la petite bête ? Oui, mais il faut dire que ça m’a fait rire. Contrairement aux situations du film, aux personnages débiles et affligeants, et aux Ghoulies qui ne peuvent pas fermer leur gueule pendant 1h20. Tout sent tellement le foutage de gueule en plus, avec Alexandra (la blonde) invoquant son maître dans un entrepôt, avant que l’on ne voit les Ghoulies dans la même pièce, tenter de s’échapper discrètement cachés dans des barils, avec figurants en arrière-plan (et pentagramme toujours au sol), avant que la seconde suivante, les flics ne débarquent dans le même entrepôt.

Il y a, en plus d’être un film affreusement écrit, affreusement filmé, avec des maquillages aux fraises, un rythme absent et avec des acteurs qui semblent regretter d’être là (en plus d’être peu crédibles, comme la jolie blonde chef de la police, en longue robe rouge), d’affreux soucis de montage qui viennent nous interroger sur la notion même de montage, du temps qui passe. Wynorski semble ne pas connaître ici le concept d’ellipses, de fondus, enfin, aucune notion de base de cinéma, ce qui fait que l’on pourra parfois rire du film pour sa technique catastrophique, mais jamais avec le film qui pourtant, tente de faire rire, tout le temps, avec des personnages cons, des Ghoulies débiles, et des gags en pagaille. Il n’y a d’ailleurs plus grand-chose d’horrifique dans Ghoulies 4. Même le troisième opus, affreusement débile, fait bien plus office de film d’horreur que ce nouvel et heureusement dernier opus. Mais au moins, le réalisateur ne ment pas sur la marchandise, dès son ouverture, il nous prévient de l’univers dans lequel on s’apprête à pénétrer. Et très honnêtement, si je ne pensais pas écrire sur ce film, j’en serais très probablement resté à cette scène d’ouverture. Car Ghoulies 4, si on n’attend de toute façon pas grand-chose de lui vu le passé de la saga, et bien, on se dit que dans le fond, il y a pire, plus mal fichu, mais pourtant, on quitte la vision dans un état de mort cérébrale. Je ne remercie donc pas Jim Wynorski, mais au moins, je peux le dire, j’ai vu l’intégrale Ghoulies.

Les plus

1h24 seulement…

Les moins

Fauché
Stupide
Jamais drôle
Jamais horrifique
La gueule des Ghoulies

En bref : Ce qu’on ne ferait pas pour respecter ces propres dictons… La saga Ghoulies, c’est terminé, et Ghoulies IV, c’est un peu comme mourir.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Only 84 minutes… ⊗ Cheap
⊗ Stupid
⊗ Never funny
⊗ Never scary
⊗ The look of the Ghoulies
Oh what we can do just to stay true to what you always say and finish a franchise… Ghoulies, it’s over. And Ghoulies IV, it’s almost like dying.

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