Titre Original : Ginger & Rosa
2012 – Angleterre
Genre : Drame
Durée : 1h30
Réalisation : Sally Potter
Musique : –
Scénario : Sally Potter
Avec Elle Fanning, Alice Englert, Alessandro Nivola, Christina Hendricks, Luke Cloud, Ray Lonnen, Brock Everitt-Elwick, Max Scully, Annette Bening et Oliver Platt
Synopsis : Londres dans les années 1960. Ginger et Rosa, deux ados inséparables vivent ce moment unique du passage de l’enfance à l’âge adulte. Entre parano de la guerre froide et apprentissage de la liberté, révolution sexuelle et féminisme politique, blue jeans délavés et rock contestataire, cigarettes et premiers baisers, elles entrent en rébellion contre leurs mères, pour finir par se déchirer, irrémédiablement.
Les chroniques adolescentes au cinéma ne manquent pas. Certaines marquent et éclipsent les autres, comme ce fut par exemple le cas de Virgin Suicides. Ginger & Rosa, dans le fond, fait beaucoup penser au métrage de Sofia Coppola. Avec cette même douceur, cette même délicatesse même en réalité. Mais avec un peu moins de force, et ce malgré de très sérieux atouts. Son atout principal, on s’en doute, il suffit de regarder le casting, il s’agît de la grande Elle Fanning, encore toute jeune à l’époque, mais montrant déjà un sacré talent et une très belle palette d’émotions. Ce que Ginger & Rosa a en plus comparé à Virgin Suicides par contre, c’est clairement son contexte historique, et géographique, dans l’Angleterre des années 60, alors que le monde est en pleine guerre froide, avec la crise des missiles à Cuba, et que le monde s’interroge sur son avenir, sur le danger du nucléaire, sur notre possible extinction. Mélanger ce fond avec le classique récit du passage de l’adolescence à l’âge adulte, c’est bien trouvé, et la scénariste et réalisatrice Sally Potter a eu du flair là-dessus. Alors qu’est ce qui rend le métrage bon, parfois doux, parfois émouvant, mais néanmoins un poil décevant ? Simple, Sally Potter semble avoir tout misé sur le personnage de Ginger, sur sa jeune star, Elle Fanning, mais au détriment des autres personnages, malgré le bien beau casting entourant l’actrice. Si bien que quand le récit se concentre sur Ginger, le film brille, l’actrice brille, mais dès lors que les conflits sont alors un peu externes, que ce soit vis-à-vis de sa meilleure amie Rosa, ou de son père joué par Alessandro Nivola, ou encore de la mère incarnée par Christina Hendricks, ça fonctionne moins.
Oui, même Rosa, pourtant parfaitement interprétée par Alice Englert, semble en retrait une bonne partie du récit, et donc ces moments, notamment lors du final où tout le casting est réuni dans une seule pièce (non ce n’est pas du théâtre filmé), ça laisse entrevoir de belles pistes, des moments forts, mais ça ne marche pas pleinement. On pourrait en rire et dire qu’au final que le film aurait pu tout simplement s’appeler Ginger, sans Rosa. Pourtant oui, placer le récit à ce moment là historiquement et à ce moment là dans la vie des deux jeunes femmes a du sens. Surtout que Ginger, rêvant de devenir artiste, qui a peur pour son avenir, peur de la bombe, veut faire changer les choses, elle a souvent l’air plus adulte que les adultes parfois, et par extension, on la traite comme une adulte en retour, alors que soyons clair, elle reste une enfant, et elle reste surtout sensible comme une enfant. Difficile de lui en vouloir, vu son environnement, vu le climat social, vu sa famille, séparée. Ginger est touchante, de par ses rires, de par ses larmes, parfois son silence, et ses longs plans sur son beau regard bleu. Heureusement, malgré ses réserves, Ginger & Rosa reste un métrage sérieux, touchant, recommandable, mais aussi techniquement solide. Les années 60 sont plutôt bien construites, la photographie jolie, le montage va à l’essentiel et d’ailleurs le métrage dure 1h30 tout pile. C’est sans réelle fausse note, mais on aurait sans doute aimé que ça creuse plus loin, à tous les niveaux, dans le fond comme dans la forme. Mais au moins, ça n’en fait pas des caisses, et ça fait ce qu’il était supposé faire, à savoir, rester intime. Un bon drame donc, juste pas inoubliable, et que l’on ne reverra sans doute pas une seconde fois, mais agréable, doux et pertinent.

Les plus
Elle Fanning touchante
Autour de la star, un bon casting Anglais
La période historique mêlée à l’adolescence
De belles images
Les moins
Mais autour de Fanning, tout le monde est en retrait
Le fond, comme la forme, auraient pu aller plus loin
En bref : Ginger & Rosa est une belle fable sur l’adolescence dans l’Angleterre des années 60, avec sa peur du nucléaire, ses doutes sur l’avenir. Tout ne fonctionne pas, mais c’est assez bien rodé et joliment joué pour plaire.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Elle Fanning, perfect and touching ♥ Around the star, a great English cast ♥ The historical period mixed with a teenage story ♥ Beautiful images |
⊗ Around Fanning, everyone takes a step back ⊗ Both visually and storywise, it could have gone further |
| Ginger & Rosa is a teenage story during the 60s in England, with the fear of nuclear, doubts about the future. Not everything works, but it’s well made and the cast does a great job. | |














