L’INSPECTEUR NE RENONCE JAMAIS (The Enforcer) de James Fargo (1976)

L’INSPECTEUR NE RENONCE JAMAIS

Titre Original : The Enforcer
1976 – Etats Unis
Genre : Policier
Durée : 1h36
Réalisation : James Fargo
Musique : Jerry Fielding
Scénario : Stirling Silliphant et Dean Riesner

Avec Clint Eastwood, Tyne Daly, Harry Guardino, Bradford Dillman, John Mitchum, DeVeren Bookwaler, John Crawford, Samantha Doane, Bob Hoy, Jocelyn Jones et M.G. Kelly

Synopsis : L’inspecteur Harry Callahan ne sait plus où donner de la tête. Il lutte à la fois contre des gangsters et des terroristes et doit subir des chefs butés et parfois compromis. De multiples affaires s’entrecroisent dont il se sort avec brio, laissant quelques cadavres sur son chemin.

Ce bon vieux Callahan ! Parmi les rôles cultes qu’Eastwood aura représenté à l’écran, de l’homme sans nom chez Leone au cowboy vieillissant d’Impitoyable, il ne faut pas oublier ce bon vieux Callahan, le rôle qu’Eastwood aura le plus souvent interprété. Cinq films tout de même, de 1971 à 1988, sous l’œil de cinq réalisateurs différents (Eastwood réalisera le quatrième opus). Après Don Siegel et le culte Inspecter Harry, après Ted Post et le tout aussi culte Magnum Force, c’est James Fargo qui s’occupe du troisième opus intitulé The Enforcer, ou L’Inspecteur ne Renonce Jamais chez nous. Et après le tueur sanguinaire du premier film, et le groupe de flics bien truands comme il faut dans le second film, on nous met face à notre super flic un groupe de vétérans du Vietnam qui se revendiquent comme un groupe révolutionnaire, va voler des armes et des explosifs, et tenter de faire pression sur la ville de San Francisco. Le tout avec en prime, quelques soucis pour notre flic hard-boiled, comme une nouvelle recrue comme coéquipière, une femme en plus, la mort de son ancien partenaire, et une mairie qui fait de plus en plus pression sur la police car tout n’est devenu que politique, déjà en 1976. Revoir d’ailleurs L’Inspecteur ne Renonce Jamais en 2026, ça fait du bien, même s’il faut également bien admettre que c’est un gros cran en dessous des précédents opus. Ça fait du bien car ce genre de films, malheureusement, ne se produit plus vraiment, et que pour retrouver des gens qui tirent avant de poser des questions, des hauts placés hypocrites et une justice expéditive, il faut malheureusement se tourner vers des œuvres bien moins filmées, bien moins subtiles (oui, subtiles) et bien moins tout court. Mais oui, James Fargo n’est pas un réalisateur aussi solide que Siegel ou Post, et il suffit de jeter un œil à sa courte carrière pour s’en rendre compte, et elle ne brille pas vraiment.

Un Chuck Norris en 1982 (L’Exécuteur de Hong Kong), un étrange film d’action avec un ado sur un vélo qui sauve son père des terroristes en 1989 et un Born to Ride en 2011 avec Casper Van Dien et Patrick Muldoon, qui sent bon le produit fauché. Bon, certains se rappelleront qu’il a signé un énorme nanar en 1984 aussi avec Voyage of the Rock Aliens. Ou pour les courageux un film nommé Le Ranch de l’Amour. Bref, un réalisateur qui est loin d’avoir le pedigree de ses prédécesseurs. Dommage, car sur le papier, ce troisième opus, loin d’être honteux malgré tout, a de belles idées. Ce groupe constitué d’anciens du Vietnam (et de leurs petites amies, je pense), ça a du potentiel, mais ça ne l’exploite jamais vraiment à l’écran, d’ailleurs le film révèle finalement cette spécificité du groupe hyper tardivement. Le fait de mettre une femme comme coéquipière de notre flic qui aime tirer, c’est également une bonne idée, ça amène au départ quelques tensions, quelques clichés et à-priori, parfois balayés d’un revers de main, puisque la jeune femme, Kate (Tyne Daly) sauvera même la vie d’Harry en abattant sans sommation un des tueurs. Mais là aussi, on se dit que ça aurait mérité parfois un peu plus, vu que là-aussi, cet élément n’arrive dans l’aventure qu’au bout d’une demi-heure, sur un métrage de seulement 1h36, et que notre inspecteur, il fera malgré tout une partie de l’enquête tout seul, poursuivant un suspect sur les toits seul (madame est en bas), et aller casser quelques gueules dans un bordel tout seul comme un grand. Le point finalement le plus pertinent du métrage, car traité tout du long de l’aventure, il concerne l’aspect politique du film. Nous sommes habitués, dans ce genre de films, à voir le supérieur du héros l’engueuler dans son bureau après une opération radicale, à cause de dommages collatéraux, ou de destructions de biens publics. Mais le film pousse ici le bouchon plus loin en montrant les hommes au sommet manipuler parfois la réalité pour se faire bien voir, par le maire, par la presse, par le public.

Quitte à mentir, quitte à partir dans des fausses pistes, et donc quitte à faire perdre du temps à notre flic et sa coéquipière, et potentiellement risquer plus de vies innocentes. Là le film touche au but, et reste, dans le fond, d’actualité. Quoi que non, même pas dans le fond, il est clairement d’actualité, il suffit de voir ce qui se passe dans le monde pour en être convaincu. Le film fonce dans le tas évidemment, il grossit les traits, mais le message passe et ça fonctionne. Pour le reste, on suit une aventure au final assez courte, mais bien rythmée, trop bien rythmée peut-être vu les pistes laissées de côtés ou peu développées, jamais désagréable, mais bien en-dessous encore une fois des précédents. Jamais d’éclairs de génie dans la mise en scène, et même notre inspecteur Harry parait, la plupart du temps, un peu plus sage qu’à l’accoutumé. Ce qui est ironique, quand on sait que la tagline Américaine lors de la sortie du film fut « The « dirtiest » Harry of them all! ». Soit donc plutôt l’opposé du film en réalité, plus sage. Pas non plus aseptisé non plus, les corps sont toujours criblés de balles, les méchants punis, quelques innocents meurent, mais oui, on a souvent cette impression plus sage. Une petite déception donc, même si toujours un petit plaisir à revoir de nos jours. Surtout aussi que malgré ses défauts évidents, le film fait malgré tout le job, et évite certains pièges qui auraient été pourtant évidents ailleurs. Pas de romance entre coéquipiers ici, ouf. Un cliché d’évité. Que dire de plus ? On passe un bon moment, mais loin d’être inoubliable.

Les plus

Le plaisir de retrouver Harry Callahan
Son duo avec Kate fonctionne bien
Le côté politique en fond, intéressant
Pas mal d’idées

Les moins

Mais beaucoup d’idées trop peu exploitées
Un peu plus sage non ?
Une mise en scène passe partout

En bref : Eastwood revient à Harry Callahan dans L’Inspecteur ne Renonce Jamais, troisième film de la saga, sous la caméra de James Fargo ce coup-ci. C’est décevant, en dessous des précédents, mais pas mauvais pour autant, avec des idées intéressantes dans le scénario, et un rythme presque trop soutenu.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Always a pleasure to see Callahan
♥ The buddy movie style with Kate works
♥ The political point of view, interesting
♥ Many ideas
⊗ So many ideas stay on the side
⊗ Less dirty, right?
⊗ Not the best director at all
Eastwood is back with The Enforcer, third film of the franchise, with James Fargo behind the camera this time. A bit disappointing, not as good as the two first films, but not bad at all, with interesting ideas in the script and a great pacing.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Loving movies

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture