Sortie : 18 Août 2026
Genre : Survival Horror
Studio : Frogwares
Éditeur : Frogwares
Joué et testé sur : Playstation 5
Existe sur : PlayStation 5, PC, Xbox Series
Synopsis : Arkham, Massachusets, 1929, alors qu’une Inondation surnaturelle fait couler petit à petit la ville, Calvin Rafferty et sa partenaire, Faye Bennett, une professeure de l’université de Miskatonic, ont accompli un rituel pour accéder au Monde des rêves qu’ils ont lu dans de vieux tomes de l’université. Toutefois, le rituel tourne mal et alors que Calvin parvient à revenir à lui, Faye est quant à elle maintenue dans un coma supernaturel. Trois mois plus tard, l’Inondation a noyé la ville et une peste de grouillants -des vers parasites qui tuent des gens et utilisent leurs corps comme des marionnettes- a infesté celle-ci qui est peu à peu désertée par ses habitants. Calvin recherche comme réveiller Faye et apprend l’existence d’un rituel nommé « L’Appel » dans un livre nommé « Récitations de l’âme ténébreuse » qui nécessite la dague d’Ult’hkandor ou dague d’Ulthar. Lors du dernier jour d’évacuation de la ville, Calvin est parvenu à se procurer la dague et a découvert qu’une copie du livre qu’il recherche est détenue secrètement dans la bibliothèque de l’université.




Le premier The Sinking City avait fait couler beaucoup d’encre, en plus de diviser à la fois le public et les critiques. L’encre, elle est venue après sa sortie, puisque le développeur Ukrainien Frogwares a eu bien des soucis avec l’éditeur du jeu, Big Ben. A tel point que le jeu fut à un moment donné dégagé des stores, avant de revenir dans une version pas totalement légale mais pourtant vendue par l’éditeur, avant de repartir et que Frogwares ne reprenne entre les mains son bébé. Par contre, oui, dès sa sortie, The Sinking Ciry a divisé, pour des raisons évidentes, et d’autres plus subtiles. Car le jeu qui se déroulait dans un univers Lovecraftien tentait quelque chose que le développeur n’avait jamais fait avant. A savoir, un monde ouvert, horrifique, avec en prime quelques passages de gunfights. Ce que le studio maitrisait déjà grâce à ces nombreux jeux Sherlock Holmes, ça, ça fonctionnait toujours. Mais il faut avouer que le reste avait ses défauts, en particulier les phases de tirs sans aucune sensation. Quant à l’open world, passé en réalité quelques chutes de framerates, moi, il m’avait convaincu, car la ville à explorer, à moitié submergée par les eaux, n’était pas non plus immense, et car le système d’enquête nous faisait explorer la ville de manière organique. Un indice à trouver, une personne à localiser ? Et bien forcément, oui, il fallait faire un tour au commissariat, ou bien au journal du coin, sans que le jeu ne nous prenne par la main. L’exploration se faisait donc naturellement, ce qui est bien trop rare de nos jours. L’annonce d’une suite m’avait évidemment enchanté. Retrouver l’univers de Lovecraft, les acquis du premier jeu et améliorer tout ça. Sauf que Frogwares a fait un choix, sans doute risqué, mais sans dite payant, et évitant totalement la redite. The Sinking City 2 n’est pas une suite. Il se déroule dans le même univers, mais dans une autre ville, avec un autre personnage principal, toujours avec des dieux anciens et des tentacules, mais il remplace son monde ouvert par une structure linéaire, son ambiance lourde et son enquête lente par du survival horror pur et dur.




Et à l’heure où le genre revient en force, avec des remakes, suites et jeux originaux, c’était un choix astucieux de la part du développeur, qui a donc de la concurrence, pour voir ce qui fonctionne ou pas, ce qui peut se greffer ou non dans son univers déjà existant, pour faire sa propre sauce. Pour The Sinking City 2 donc, prenez une pincée de Resident Evil, avec son backtracking, sa structure linéaire, et ces ennemis infectés, et saupoudrez le tout de ce qui se fait actuellement chez la concurrence, comme par exemple le crafting des munitions, l’inventaire limité, la carte qui indique par des couleurs si nous avons ramassé tout ce qui est dans une pièce, des énigmes environnementales où il faudra impérativement lire les notes ramassées sous peine de ne pas comprendre. Et bien entendu, une durée qui s’adapte au style du jeu. The Sinking City était un monde ouvert qui prenait son temps et pouvait s’étirer pour le 100% à entre 25 et 30 heures, The Sinking City 2 est un survival horror linéaire, parfois un peu corsé d’ailleurs, qui se termine, grand max, en 10 heures. Plus ou moins, en fonction de vos réflexes pour les combats et pour éviter les ennemis, et possiblement de votre capacité à résoudre rapidement les énigmes, pas si dures que ça, mais forçant parfois à bien fouiner. Et ça fonctionne. Sans rien révolutionner, les petits gars de chez Frogwares ont livré un jeu qui tient la route, se traverse avec plaisir, à sa petite ambiance sympathique, n’est ni trop dur ni trop facile, ni trop court ni trop long, et qui, en prime, sort dans un état stable et non buggé, et ça, c’est malheureusement souvent bien trop rares pour le souligner, même s’il est vrai que le genre de survival horror s’en sort en général très bien dans ce domaine.




Nous incarnons donc ce coup-ci Calvin, dans la ville d’Arkham, en train d’être ensevelie, et qui au lieu d’évacuer comme tout le monde, décide de rester et de partir à la recherche d’artéfacts dans le but de ramener sa petite amie à la vie, elle qui est dans le coma depuis plusieurs mois, après un rituel qui a mal tourné. Voilà pour la base. Et première chose qui saute aux yeux dès le lancement, c’est que The Sinking City, étant ce que l’on pourrait considérer comme un AA, a sacrément de la gueule. Avec des environnements peu variés certes mais crades et bien éclairés, des animations faciales souvent réussies, de beaux jeux d’ombres, et en prime, une eau bien rendue, et encore heureux, vu que la ville coule doucement mais sûrement sous les eaux. Visuellement donc, si l’on n’en attend pas le même niveau de polish qu’un Resident Evil Requiem (mais le budget est loin d’être le même), The Sinking City 2 séduit dès sa cinématique d’ouverture, et dès les premiers pas à bord du bateau pour se rendre au premier lieu à explorer, à savoir la bibliothèque. Avec quelques arrêts en chemin pour ouvrir la voie, la ville ayant été évacuée, et étant donc à moitié submergée. L’intrigue, sans être renversante, puisqu’elle utilise pas mal de clichés du genre horrifique, entre le détective qui veut sauver la femme qui l’aime, les rituels interdits qui tournent forcément mal, se suit plutôt bien, surtout que le jeu n’allonge quasiment jamais artificiellement son histoire. On pourra bien dire que scénaristiquement parlant, le long passage dans l’hôtel fait un peu office de quête annexe juste pour récupérer quelque chose pour un autre personnage, mais l’astuce n’est pas nouvelle dans le milieu du jeu vidéo. En soit, le jeu donc, il est découpé en plusieurs gros niveaux. La bibliothèque déjà, petit premier niveau, avant d’avoir a explorer un hôtel, faisant office de premier gros niveau, avant d’aller à l’hôpital et dans quelques lieux supplémentaires.




La liberté du joueur, comparé au premier jeu en tout cas, est très limité, puisque la route est toute tracée, que notre bateau nous amène aux différents niveaux, sans forcément avoir d’autres lieux à visiter sur la route. Un choix de design qui, au final, donne surtout au jeu un rythme de croisière extrêmement bien rodé, et qui sait en prime se renouveler un petit peu, avec par exemple cette créature qui va nous traquer dans le niveau de l’hôpital, changeant donc un peu nos habitudes de gameplay, comme pour donner un petit sentiment d’urgence à une quête qui n’en manquait déjà pas de base. Car on prend plaisir à travers le jeu d’une traite ici, The Sinking City 2 n’affichant pas de réelles fausses notes, du moins, pas dans ses intentions, ni dans son visuel, ni dans la qualité de l’audio ou autre. Son level design est souvent bien pensé et logique, les niveaux ne sont jamais excessivement longs, et en prime, le gameplay, là où l’on pouvait le plus avoir peur, vu le précédent jeu, fonctionne bien. Le feeling des armes fonctionne bien mieux, on peut les améliorer toutes deux fois en ramassant divers items, et on traverse sans mal les différents niveaux. Et le reste, à savoir les énigmes et les ennemis ? Les énigmes ne sont donc plus au centre du jeu, même si on trouvera à chaque niveau son lot de portes fermées, et donc de clés à récupérer, d’éléments à insérer dans des boites pour les ouvrir, et de codes à déchiffrer pour ouvrir des coffres. Alors oui, on aurait sans doute apprécié un peu plus de diversité entre les différents niveaux, mais c’est au final un peu le cas dans les autres franchises horrifiques. A chaque lieu ses clés, ses codes, ses objets, juste pour débloquer une porte et avancer.




Niveau ennemis, il y a forcément eu une copie totalement refaite depuis le premier jeu puisqu’on passe de jeu atmosphérique d’enquête à pur survival horror. Quelques ennemis reviennent, comme ces espèces de pourritures sur pattes qui galopent dans tous les sens, où ces gros mastodontes qui font office d’ennemis de fin de niveaux parfois, mais ici, des vers viennent réanimer les cadavres. Et vu le nombre de cadavres qui jonchent les lieux explorés, il y a de quoi faire, et le joueur va justement devoir faire des choix, entre esquiver et courir, tout en sachant que la zone s’il doit repasser par-là restera dangereuse, soit tuer les ennemis, en visant vite, et surtout bien, car les munitions sont extrêmement limitées ici. Voir trop parfois. Mais l’habitué du genre sera aux anges. Par contre oui on pourrait bien pester, par exemple, sur le manque de variétés des ennemis. Alors certes, dans Resident Evil aussi, on se tape des zombies pendant une bonne moitié de l’aventure avant que le bestiaire ne s’étoffe. Ici, pareil en fait. Trois ennemis humanoïdes différents, ceux de base, ceux qui nous balancent quelque chose à la gueule, et un mutant mixant les deux, en plus donc des types d’ennemis qui reviennent du premier jeu. C’est vite limité, pour un jeu d’environ 10 heures. On aurait en fait pu espérer plus, surtout vu les lieux très différents visités, comme cet hôpital glauque où la folie n’a pas attendue la montée des eaux pour faire surface. Mais encore une fois, tout cela, c’est du détail, puisque si l’on aime le genre, et bien ce second opus, malgré ses défauts, nous donne exactement ce que l’on était venu chercher. Pour les complétionnistes, un new game plus se débloque après, avec possibilité de dépenser des points pour acheter armes, munitions illimitées et même quelques talents accessibles juste par cette boutique, et plaçant sur notre route de nouvelles notes à ramasser pour étoffer l’univers. Rien de transcendant, mais appréciable. Et une bonne surprise, malheureusement disponible uniquement en digital, le développeur éditant lui-même son jeu, mais compensé par un prix réduit salvateur.

Les plus
Un vrai survival horror
Une durée de 10h, parfaite pour le genre
Des environnements assez variés
Visuellement ça tient la route
L’univers de Lovecraft
Très bonne atmosphère
Les moins
Quelques énigmes un peu répétitives
Pareil pour les ennemis, peu variés
Le côté enquête très en retrait
En bref : The Sinking City 2 prend le contre-pied du premier jeu, en étant linéaire, et très axé survival horror. Certains seront déçus que l’enquête soit en arrière-plan, et que le tout soit donc linéaire et se boucle en 10h, mais c’est un choix payant tant la proposition est solide. L’amateur sera en terrain connu et parcourra avec plaisir les différents lieux qui le mèneront à la fin de l’aventure.





