MARY SHELLEY de Haifaa Al-Mansour (2017)

MARY SHELLEY

Titre Original : Mary Shelley
2017 – Angleterre / Luxembourg / Etats Unis / Irlande
Genre : Biopic
Durée : 2h
Réalisation : Haifaa Al-Mansour
Musique : Amelia Warner
Scénario : Haifaa Al-Mansour et Emma Jensen

Avec Elle Fanning, Bel Powley, Douglas Booth, Tom Sturridge, Owen Richards, Joanne Froggatt, Stephen Dillane, Maisie Williams, Derek Riddell, Hugh O’Connor et Martin Hillips

Synopsis : En 1814, Mary Wollstonecraft Godwin entame une relation passionnée et scandaleuse avec le poète Percy Shelley et s’enfuit avec lui. Elle a 16 ans. Condamné par les bienpensants, leur amour tumultueux se nourrit de leurs idées progressistes. En 1816, le couple est invité à passer l’été à Genève, au bord du lac Léman, dans la demeure de Lord Byron. Lors d’une nuit d’orage, à la faveur d’un pari, Mary a l’idée du personnage de Frankenstein. Dans une société qui ne laissait aucune place aux femmes de lettres, Mary Shelley, 18 ans à peine, allait révolutionner la littérature et marquer la culture populaire à tout jamais.

Je ne connaissais pas du tout la réalisatrice venant d’Arabie Saoudite Haifaa Al-Mansour, bien que Mary Shelley, biopic sur la jeunesse de la jeune femme jusqu’à la publication de son fameux roman Frankenstein, était dans la liste des films que je devais voir depuis… depuis quasiment sa sortie en fait. Mais j’avoue être assez peu souvent attiré par les biopics. Non pas car ils ne donnent qu’un point de vue sur la réalité et occultent souvent des éléments, même si c’est souvent le cas (et apparemment le cas ici aussi, mais je ne suis pas assez connaisseur sur la vie de Mary Shelley pour m’écrier à chaque écart), mais surtout car le genre suit très souvent une ligne directrice facilement identifiable, faisant des biopics un genre très codifié, très prévisible, et donc par extension, pas forcément toujours passionnant, à moins d’être très curieux sur la personnalité mise en avant, ou justement très connaisseur. Ce qui, dans le cas de Mary Shelley, ce n’était pas mon cas, ne connaissant que peu la vie de l’auteur (quelques détails par ci par là, dont certains absents du film justement), mais n’étant pas particulièrement attiré pour autant, puisque le livre Frankenstein, tout comme ses nombreuses adaptations, je ne les apprécie pas vraiment. Oui, même le film culte de James Whale de 1931 malgré ses immenses qualités. Ni The Curse of Frankenstein de Terence Fischer pour la Hammer en 1957. Encore moins l’adaptation de Kenneth Branagh en 1994. Ni le récent Del Toro l’année dernière malgré son visuel et ses décors somptueux. Bon, il me manque la relecture The Bride de Maggie Gyllenhaal, mais pas sûr d’y adhérer plus que les autres. Et aussi The Erotic Rites of Frankenstein de Jess Franco mais là aussi… Mais pour le biopic de Mary Shelley, l’œuvre avait un élément qui m’avait attiré dès le départ. Donner le rôle principal à la talentueuse Elle Fanning, c’était un bon gros point dès le départ pour moi.

Et sans surprise, si Mary Shelley est très académique, jamais original, et même presque étrange, puisqu’en voulant être une œuvre féministe se déroulant à une époque où le féminisme n’existait pas, il délaisse tout le côté gothique que l’on pouvait en attendre, Elle Fanning, elle, brille littéralement au milieu de l’œuvre. Entendons-nous bien, Mary Shelley n’est pas un mauvais film. Ni même un mauvais biopic, même si les plus pointilleux de l’histoire pourraient ouvrir le débat (sans doute passionnant d’ailleurs en réalité). Mais il peine très souvent à nous captiver, car il reste bien trop sage, bien trop convenu. Le métrage donc nous raconte la jeunesse de l’auteur, basiquement, de sa rencontre avec le poète Percy Shelley, et ce jusqu’à la parution, sous son nom, du roman Frankenstein (édité une première fois mais de manière anonyme, et avec un préface écrit par Percy Shelley justement, ce qui amena les lecteurs à confusion, à faire des conclusions hâtives). Un choix pas inintéressant, puisque finalement, Mary Shelley, femme et auteure, mit énormément d’elle-même dans son œuvre, comme tout auteur en réalité, et plaça toute sa douleur, toute sa solitude face aux autres et au monde qui l’entourait dans ses pages, dans les tourments de la créature du docteur Frankenstein. Ironiquement donc, comme le spectateur pense automatiquement à la créature lorsque l’on mentionne Frankenstein, alors que le récit débute et s’achève sur le docteur donnant son nom au roman, Mary Shelley s’attarde non pas sur son roman, mais sur tout ce qui a amené à l’écriture de celui-ci, aux complications de la vie de la jeune femme, entre ses soucis avec son père, sa fugue avec Percy Shelley, poète mais surtout homme déjà marié et père, jusqu’à ce qu’elle aussi, tombe enceinte, et que la dureté de la vie, que les conséquences de ses propres choix, ne viennent toujours la ramener à la réalité des choses, à sa propre solitude.

Rien de nouveau, rien de nouveau dans le genre non plus, mais pouvant compter sur sa très solide reconstitution d’époque (costumes, décors, c’est souvent très beau), mais aussi sur son casting pour maintenir l’attention du spectateur sur ce qui compte réellement dans ce récit : l’humain, seul, même lorsqu’il est accompagné des autres. Mary Shelley, seule, et pourtant avec Percy, et même avec son amie Claire, mais devant parfois assumer ses choix seule, souffrir en silence, douter en silence, doutant des autres (la fidélité de Percy envers elle par exemple, la fidélité de Claire aussi). Heureusement donc, sur ce point, le casting est un sans-faute, avec une Elle Fanning comme toujours superbe (après tout, elle parvient même à être bien dans le moyen Predator Badlands donc bon), mais autour d’elle, même constat, que ce soit pour Bel Powley (Claire), ou les deux hommes principaux de l’intrigue apportant retournements de situations, et souvent, ennuis, à savoir Douglas Booth (Percy) et Tom Sturridge (Lord Byron). Même niveau rôles très secondaires, on trouve quelques têtes connues comme Maisie Williams. Dommage donc que tous ces talents soit au service d’une intrigue qui aurait pu, ou aurait dû s’aventurer plus loin sur pas mal de points, et d’une mise en scène loin d’être honteuse, mais qui ne tente, elle aussi, jamais rien. C’est d’ailleurs souvent ce que l’on retient à l’issue du film. Un biopic sympathique, qui avait beaucoup de potentiel, mais qui malheureusement ne l’exploite que rarement. C’est toujours mieux que rien, et il faut avouer qu’un biopic sur Mary Shelley, ce n’est pas forcément quelque chose que l’on s’attendait à voir, et ça, c’est dans le fond quand même très bien.

Les plus

Elle Fanning, toujours parfaite
Une belle reconstitution d’époque
Dans le fond, s’attarder sur l’avant Frankenstein est intéressant

Les moins

Très académique
Très prévisible
Aurait pu oser bien plus de choses

En bref : Le biopic sur Mary Shelley est malheureusement un peu décevant, trop sage vis-à-vis de son sujet, de ses thématiques, et même niveau mise en scène. Heureusement, pour les curieux, cela reste malgré tout un drame plutôt intéressant porté par un grand casting.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Elle Fanning, always perfect
♥ The period re-enactment
♥ To tell us the story before Frankenstein, interesting
⊗ Too academic
⊗ Too predictable
⊗ It could have tried many things
Mary Shelley’s biopic is a bit disappointing, too proper with its subject, its themes, and even in terms of staging. Fortunately, for the curious ones, it remains a rather interesting drama carried by a great cast.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Loving movies

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture