Titre Original : El Llanto
2024 – Espagne
Genre : Fantastique
Durée : 1h43
Réalisation : Pedro Martín-Calero
Musique : Olivier Arson
Scénario : Pedro Martín-Calero et Isabel Peña
Avec Ester Expósito, Mathilde Ollivier, Malena Villa, José Luis Ferrer, Claudia Roset, Lía Lois, Sonia Almarcha, Tomás del Estal et Lautaro Bettoni
Synopsis : Quelque chose hante Andrea, mais personne, pas même elle, ne peut le voir à l’œil nu. Il y a vingt ans, à dix mille kilomètres de là, la même présence terrorisait Marie. Camila est la seule à pouvoir comprendre ce qui leur arrive, mais personne ne la croit. Face à cette menace oppressante, toutes trois entendent le même son écrasant : un cri.
Si de nos jours on ne parle presque plus du cinéma de genre Espagnol, contrairement au début des années 2000 où il avait explosé avec des réalisateurs comme Jaume Balagueró, Guillermo Del Toro ou encore J.A. Bayona, il existe toujours de nos jours, avec de nouveaux réalisateurs. Alors oui, Jaume Balagueró continue de tourner mais semble bien moins attirer le public comparé à l’époque de Darkness (produit par Brian Yuzna) ou REC (gigantesque succès qui aura donné trois suites, pour le meilleur et surtout pour le pire), et les deux autres réalisateurs que j’aurais choisis de citer ne sont pas anodins puisque toujours actifs, mais ayant réussis à s’exporter hors de l’Espagne. Le grand public, il connait maintenant plus Del Toro pour Frankenstein, Blade 2 et Hellboy, et Bayona pour Jurassic World 2. Mais et en Espagne donc ? Comme précisé, Balagueró tourne toujours, énormément, et d’autres réalisateurs tentent de se faire remarquer. El llanto, Les Maudites en France, co-produit d’ailleurs par Studio Canal, c’est le premier métrage du réalisateur Espagnol Pedro Martín-Calero, après quelques clips musicaux et courts métrages. Et à défaut de livrer un grand film ou une œuvre marquante dans son intégralité, il parvient à livrer un récit dense via trois personnages principaux, mais surtout à livrer une poignée de scènes qui parviennent à terrifier de par leur simplicité. Preuve une nouvelle fois que cette envie actuelle de toujours plus n’est pas forcément toujours constructive, et surtout pas toujours si efficace que ça. Les Maudites commence donc en nous raconter tout d’abord le quotidien d’Andrea (Ester Expósito, justement vue dans Venus pour Balagueró), étudiante normale, comme les autres, avec son petit ami en vacances loin de là, un groupe d’amies autour d’elle. Sauf que rapidement, quelque chose semble ne pas tourner rond.
Et plutôt que de se lancer dans un récit simple en mettant uniquement Andrea et le danger autour d’elle en avant, le film fait le choix de nous donner le portrait de trois femmes très différentes qui vont subir les mêmes soucis, avec Andrea d’abord, puis Camilla (Malena Villa), et enfin Marie (Mathilde Ollivier). Ce souci, il se manifeste tout d’abord par un son, des pleurs, un cri. Mais rapidement, la menace se fait plus visible, mais pas à l’œil nu, apparaissant dans les reflets, sur les vidéos, les photos. Une menace pesante, imposante, silencieuse, mais surtout dangereuse. Et une fois cette menace repérée, déjà qu’elle s’avère persistante, on remarque surtout qu’elle était là, avant, persistante. Les Maudites joue donc dans un premier temps sur cet élément, cette menace invisible à l’œil nu, mais toujours là, toujours à nous observer. Inquiétant, car jamais le film n’en fait des caisses, jamais le film ne joue sur la science du jumpscare, préférant l’atmosphère, la lenteur, et croyant en son public pour remarquer et s’inquiéter des détails dans le cadre. Et d’entrée de jeu, cet élément force presque le respect. Enfin, forcerait le respect, si justement le cinéma un peu partout, dans le genre, n’était pas en train de se réveiller pour enchainer les films jouant sur l’ambiance inquiétante sans venir nous exploser les oreilles (rien qu’en 2026, on peut citer Obsession, Hokum, Backrooms). Les Maudites joue dans cette cour-là, et précède en plus les métrages cités. Et passé 45 minutes qui montent crescendo dans la tension, voilà donc que le métrage se décide à changer de personnage principal, avec Camila, étudiante elle aussi, en audiovisuel, ce qui vu le concept du film, permet d’étendre le concept de cette entité invisible à l’œil nu. Même si cela n’était en réalité pas nécessaire, puisque nous sommes déjà dans un film, qui joue déjà sur le regard du spectateur par extension, et avec le cadre, ce qui est présent à l’intérieur, ou au contraire absent.
Puis viendra un troisième personnage (Française d’ailleurs) pour boucler l’aventure, et nous en révéler donc un peu plus, sans que le film ne vienne changer son fusil d’épaule, mais en amenant une violence un poil plus visuelle à l’écran. Pas sanglante, mais violente. Ça fonctionne encore une fois, surtout que le métrage ne se contente pas seulement de livrer une simple histoire d’entité meurtrière, mais double ça presque d’un fort aspect dramatique via le chemin de ces trois jeunes femmes. Rien de nouveau encore une fois dans le domaine, mais assez appliqué pour fonctionner. Et ce même si le rythme lent du métrage ne plaira pas forcément à tout le monde, un peu à l’image des films d’Osgood Perkins, dont le dernier film, Keeper, a bien divisé le public, la moitié s’ennuyant littéralement devant. Pas besoin de chercher à comparer ici, les métrages sont très opposés, mais dans un cas comme dans l’autre, c’est l’atmosphère qui prime, et il est vrai que malgré le changement de personnages, le film ne cherche pas non plus à vraiment se renouveler, faisant donc appel à la même menace, aux mêmes effets, et à la même montée graduelle de la tension. Et ça par contre oui c’est plutôt dommage. Sans doute pas aidé par le fait que le film réserve sa scène la plus marquante au final pour son second acte, donnant un troisième acte en deçà. Mais est-ce vraiment grave ? Si l’atmosphère parvient à vous happer, Les Maudites sera indéniablement un bon moment, avec quelques morceaux de choix. Le cas contraire, vous pourrez pester contre son rythme lent et son absence de réponse définitive sur la menace.

Les plus
Le trio d’actrices principales
Une entité assez flippante
La mécanique de la peur, sans jumpscares
Certaines scènes, mémorables
Les moins
Un rythme lent qui ne plaira pas à tous
Pareil pour le côté mystérieux, sans réponse
Un poil répétitif malgré trois personnages
En bref : Les Maudites, petit film Espagnol de 2024, ça n’en a pas l’air comme ça, mais c’est une agréable surprise, avec trois jeunes femmes qui voient leur quotidien basculer avec une entité quasi invisible qui les suit. Pas de jumpscares, pas de gros twists, juste beaucoup d’ambiance, et ça marche.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ The three lead actresses ♥ The entity is scary ♥ No jumpscares ♥ Some scenes are truly memorable |
⊗ A very slow pacing ⊗ No answer to the many mysteries ⊗ Maybe a bit repetitive with the 3 characters |
| The Wailing is a small Spanish production from 2024, and it doesn’t look like it, but it’s a nice surprise, with 3 young ladies seeing their lives going down because of an almost invisible entity following them. No jumpscares, no big twists in the end, just a moody flick, and it works. | |


















