MIMIC de Guillermo Del Toro (1997)

MIMIC

Titre Original : Mimic
1997 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h42
Réalisation : Guillermo Del Toro
Musique : Marco Beltrami
Scénario : Matthew Robbins et Guillermo Del Toro

Avec Mira Sorvino, Jeremy Northam, Alexander Goodwin, Giancarlo Giannini, Charles S. Dutton, Josh Brolin, Alix Koromzay, F. Murray Abraham et James Costa

Synopsis : Pour juguler une épidémie propagée par des insectes, le docteur Susan Tyler et son mari Peter Mann manipulent le code génétique des petites bêtes, créant ainsi une génération de clones qui détruit ses congénères. Trois ans plus tard, le remède a donné vie à une espèce mutante qui habite dans les sous-sols de la ville. Ces insectes ont maintenant la taille de l’homme et sont dotés d’un système de camouflage naturel, le mimétisme.

Très souvent lorsque l’on aborde la carrière de Guillermo Del Toro, les mêmes titres reviennent, que ce soit de ses débuts (Cronos), dans ses adaptations (Hellboy), ou tout simplement ses films les plus connus et appréciés (Le Labyrinthe de Pan, Crimson Peak). Allez, certains irons jusqu’à citer son blockbuster avec des robots qui se foutent sur la gueule, Pacific Rim, et certaines personnes de bon goût rappellerons à leur interlocuteur de Guillermo Del Toro a réalisé Blade 2. Mais son second long métrage en 1997, premier film Américain qui aurait bien pu être le dernier tant l’expérience fut douloureuse, personne ou presque n’en parle. Je veux bien entendu parler de Mimic, produit par les fameux frères Weinstein, qui ont étés chiants durant toute la production (Guillermo aurait failli être dégagé du projet, jugé pas assez effrayant, avant que Mira Sorvino, alors en couple avec Tarantino, ne fasse pression sur les producteurs), et même la postproduction (le montage original ne plait pas à Del Toro, qui livrera des années plus tard son Director’s Cut). Oui, faire un film de genre pour les Weinstein dans les années 90, sauf si l’on était une de ses poules aux œufs d’or (Tarantino ou Rodriguez donc), c’était compliqué. En réalité, pas que dans le cinéma de genre, puisque Jim Jarmush lui-même avec son Dead Man s’est heurté aux producteurs, et a refusé catégoriquement de changer son montage, ce qui affecta au final la distribution du film. Mais en réalité, même sans toute cette histoire, Mimic est presque un film oublié, que le studio, et donc les frères Weinstein, ont bien entendu remonté, et surtout tentés de capitaliser sur son petit succès d’estime en lançant deux suites pour le marché de la vidéo, et oui, un jour je les verrais… un jour. Pourquoi oublie-t-on Mimic ? Est-ce un film inintéressant ? Ou alors juste un simple film de genre ?

La dernière question contient peut-être la réponse. Pourtant Mimic, justement, avec son postulat de pure série B, avec ses créatures géantes dans les souterrains de New York, pouvant presque rappeler dans les faits C.H.U.D., a ce petit quelque chose qui permet clairement de l’élever au-dessus de pas mal de petites séries B de l’époque, et c’est bien le savoir-faire de son équipe, et la vision de Del Toro, qui peu importe le film, ne traite pas son film par-dessus la jambe et s’applique. Visuellement donc, malgré quelques effets vieillots aujourd’hui, Mimic est une franche réussite, avec une très belle photographie, des idées de plans qui font plaisir à voir, bref, une esthétique bien à lui. Une esthétique qui est sa principale force. Le genre de style qui nous fait clairement dire que finalement, peu importe le genre, quand un réalisateur s’applique sur un film et se donne les moyens de ses ambitions, le résultat parle de lui-même. Mais oui, Del Toro, néanmoins, ne fait que filmer une simple histoire de monstres, contenant parfois quelques éléments qui sont bien à lui, mais qui n’en reste pas moins clichée et déjà vue. Que ce soit dans la narration même avec ses personnages qui s’engouffrent dans l’antre des monstres, le fait que les créatures soient finalement une mutation causée par les humains, et qu’ils se retournent donc contre leurs créateurs, sans oublier les classiques personnages blessés qui se sacrifient pour aider le reste du groupe, l’enfant qu’il faudra sauver et qui est plus malin qu’il n’y paraît, et une fin ouverte en cas de succès pour les suites. Ça a beau être écrit avec le plus grand des sérieux, tout cela reste hautement prévisible et cliché. Mais pas mauvais. Surtout que mine de rien, Del Toro a su réunir un casting de têtes parfois connues, et parfois qui vont le devenir. Et surtout un casting plus que solide, avec Mira Sorvino et Jeremy Northam dans les rôles principaux, Giancarlo Giannini (Casino Royale, Hannibal), Charles S. Dutton (Seven, Alien 3) et Josh Brolin (Avengers, Dune, Sicario) à leurs côtés.

Du bien beau monde. Mimic n’est pas la pépite culte oubliée, mais n’est pas le film honteux que certains pourraient penser face à son omission lorsque l’on parle du réalisateur. Ses défauts sont évidents et sautent aux yeux, de son scénario classique et cliché à ses quelques plans en CGI dont l’incrustation aujourd’hui saute aux yeux. Heureusement, à ce niveau-là, le film a un autre atout dans sa poche, qui sent bon les années 90, et il s’agît des effets spéciaux pratiques, parfois impressionnants, gluants, dégoulinants, sanglants, et qui ont donc clairement de la gueule. L’on pourrait presque, grâce au travail sur la photographie (signée Dan Laustsen, qui continua de travailler par la suite pour Del Toro, et des films comme les John Wick ou Solomon Kane, ainsi que certains bons Christophe Gans) et sur les effets (les créatures furent créées par Fred Cervantes, qui bossa sur Land of the Dead), sentir la crasse sortir de l’écran. Mimic a quelque chose qui manque a beaucoup de films de genre actuels, à savoir, de la texture, un côté tangible. Tout en étant, en prime, crade et efficace. Et puis, aussi, c’est bête, mais avec Mimic, on se rappelle qu’à l’époque, le cinéma de genre osait tuer des enfants. Oui, pas d’humour ici, juste de la série B qui sait être méchante, et au final, c’est surtout pour ça, malgré ses défauts, que je l’apprécie.

Les plus

Une série B sérieuse, sans humour
Parfois bien sombre, crade et violent
Des effets spéciaux qui ont de la gueule
Un casting assez surprenant

Les moins

Une simple petite série B
Un côté extrêmement classique et prévisible
Les quelques CGI, ratés

En bref : Mimic est peut-être, dans un sens, le moins bon Del Toro, sans doute le plus classique, mais ça n’en fait pas un mauvais film, puisqu’il filme sa série B de monstres en s’appliquant.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A serious B movie, with no humour
♥ Sometimes dark, violent and dirty
♥ Special effects look good
♥ A surprising cast
⊗ Just a little B movie
⊗ Extremely classical, and predictable
⊗ The few CGI are outdated
Mimic is maybe, in a way, the worst Del Toro, the more classical, but it’s far from a bad movie, it’s just a strong B movie with monsters.

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