Titre Original : Stranger Things
2016 – Etats Unis
Genre : Série
Durée : 8 épisodes d’environ 50 minutes
Réalisation : Matt Duffer, Ross Duffer, Shawn Levy
Musique : Kyle Dixon et Michael Stein
Scénario : Matt Duffer et Ross Duffer
Avec Winona Ryder, David Harbour, Finn Wolfhard, Millie Bobby Brown, Gaten Matarazzo, Caleb McLaughlin, Natalia Dyer, Charlie Heaton, Cara Buono et Matthew Modine
Synopsis : Le 6 novembre 1983, à Hawkins, dans l’Indiana. William « Will » Byers, un garçon de douze ans, est enlevé par une créature d’un autre monde. La ville devient à partir de cet événement le théâtre d’une série d’événements surnaturels. Sa mère Joyce, son frère aîné Jonathan, le chef de la police Jim Hopper et ses amis Michael « Mike » Wheeler, Lucas Sinclair et Dustin Henderson, essayent de le retrouver. Joyce est persuadée que Will est en vie et tente d’entrer en contact avec son fils, Jonathan enquête avec Nancy Wheeler, la sœur de Mike, sur la créature coupable de son enlèvement, et Hopper soupçonne que la disparition de Will ait un lien avec le laboratoire national de Hawkins, géré par le département de l’Énergie des États-Unis. Les amis de Will, quant à eux, seront aidés par la mystérieuse Onze, une jeune fille de douze ans dotée de pouvoirs psychiques.
Maintenant que la série est bouclée, que plus personne n’en parle déjà à peine un an après, mais que l’Angleterre via Arrow a fait l’effort (à soutenir) de sortir la série au format physique (en blu-ray et en 4K), il était temps que je laisse sa chance à la série Stranger Things. Sans pression, sans personne pour me bassiner comme à chaque série que c’était la meilleure série de tous les temps, sans pression pour en parler dans les salles de repos ou avec les potes à chaque épisode. Bref, juste, tenter la série, à mon rythme, voir avec un recul monstre ce que ça donne. Un recul monstre car la première saison de Stranger Things, elle date mine de rien de 2016 déjà. Alors, après avoir vu la saison 1, est-ce que je comprends l’engouement qu’il y a eu autour de Stranger Things ? Oui et non. Oui car évidemment, dire que la série est mauvaise serait être de mauvaise foi, mais pourquoi un tel engouement et pour cette série en particulier ? Peut-être car mine de rien, et clairement contre sa volonté, la série Stranger Things est sans doute le « produit » culturel qui a lancé la grosse vague de nostalgie sur le cinéma Américain. Attention, elle était déjà présente, après tout Star Wars 7 était sorti sur les écrans un an auparavant, les producteurs voyaient donc clairement déjà un filon, mais Stranger Things a précisé les choses, en orientant clairement cette vague de nostalgie sur les années 80. Mais en débarquant justement au début de la vague, on peut donc sans mal dire que la saison 1, soit la seule prévue à la base par les frères Duffer, a été fait avec honnêteté, et avec un réel amour pour ces années-là, dans les moindres petits détails. Et puis Stranger Things bénéficie d’un budget confortable, d’un casting plus que compétent et attachant, d’un travail minutieux pour reconstituer 1983 (même si voir une affiche de The Thing dans le sous-sol où se réunit des enfant de 12 ans me fait lever un sourcil, puisqu’ils n’avaient pas l’âge légal de voir le film, et que The Thing a été un four à sa sortie, ne devenant culte qu’après). Mais à côté, Stranger Things a aussi des défauts, quelques petites longueurs et maladresses, et doit surtout son gigantesque succès, finalement, à son timing. Au bon endroit (le streaming commençait enfin à vraiment percer) au bon moment (le début de la vague nostalgique).
Alors attention, j’ai apprécié Stranger Things. Il y a assez de qualités, objectives et subjectives, pour faire passer un très bon moment à son public. Mais de quoi ça parle ? Quiconque a vu un film de Spielberg ou n’importe quel film des années 80 sait à quoi s’attendre. Une bande d’enfants, amis pour la vie, et un membre du groupe, Will, disparaît. Tout ça se déroule dans une petite ville Américaine classique, la petite banlieue comme Spielberg les appréciait, avec ses voisins sympathiques, ces petits tracas de la vie quotidienne, le tout avec une couche de musique synthé (géniale bande son, je ne peux le nier), et bien entendu, un labo caché du gouvernement qui fait des expériences pas bien et qui a amené tout le bordel qui va s’abattre sur la ville durant la saison (ou durant toute la série, au choix, nous verrons). Bande d’enfants, amitiés, complots, créatures, oui, on est clairement revenu à la bonne époque. Et il faut avouer que ça marche. Car la saison, dont les 8 épisodes sont finalement réalisés à 3 (les frères Duffer, les deux créateurs donc, et Shawn Levy, aussi producteur), tient la route visuellement. Car on retrouve clairement l’esprit des films auxquels la série rend hommage avec un visuel respectueux à 100%, des accessoires aux décors, en passant par les costumes, les coupes de cheveux, à la musique jusqu’à même certains plans de la série, et donc, dans la technique. Car cette bande de gamins qui recherche activement l’un des leurs est attachante, et que le casting, autant pour les enfants que les adultes, tient la route. C’est d’ailleurs assez étonnant pour le dire, mais oui, les enfants jouent très bien. Niveau adultes, même chose, avec Winona Ryder en mère paniquée et David Harbour en shérif qui va un peu trop fouiner. On notera même en bad guy la présence (anecdotique) de Matthew Modine (Full Metal Jacket).
Et car malgré ses défauts, la saison se regarde sans véritable accrocs, sympathique de bout en bout, et avec des enjeux qui augmentent considérablement passé la moitié de la série. On a donc dans un sens le parfait mix entre le verni de Spielberg (la banlieue Américaine, le bande des enfants, les créatures) et celui d’un Stephen King (le personnage de Eleven, avec des pouvoirs psychiques, le complot gouvernemental, on penserait presque à Firestarter des fois). Et puis, si certains CGI tiennent bien moins la route aujourd’hui, 10 ans après, il faut aussi avouer que la vision de l’upside down, ce monde miroir d’où viennent des créatures infernales, a quelque chose d’attractif, avec son look de Silent Hill végétal, avec tentacules, brume et j’en passe. Alors pourquoi malgré tout mon avis sur la série est modéré ? Les raisons sont en réalité simples, et il est aussi facile de comprendre pourquoi quelqu’un qui aurait découvert la série en 2016 en enchainant les 8 épisodes en 2 jours n’y verrait que de feu, prisonnier de la hype. Car malgré ses qualités, malgré sa nostalgie honnête, et malgré son capital divertissant indéniable (ce qui me fera voir la suite, donc non, inutile de me crier dessus), Stranger Things a malgré tout des défauts évidents, des maladresses, et un univers qu’il ne développe pas toujours. On pourrait parler de l’upside down, et oui, on s’y trouvera, notamment dans l’épisode final, mais en fait, le potentiel semble clairement retenu, on n’en saura pas tant que ça, et encore une fois, Stranger Things était, au départ, seulement conçu pour une saison unique, donc en fait, nous n’étions pas supposés en savoir plus par la suite. Mais là encore, ce n’est pas grave, ne pas en savoir assez est souvent moins grave qu’en savoir trop. Non, les deux gros défauts principaux pour moi, on les trouve ailleurs. Dans le rythme déjà.
Alors attention, la série n’est jamais ennuyeuse, sinon je ne l’aurais pas terminé. Non, mais Stranger Things hérite forcément, en s’étirant sur huit épisodes, d’une narration de série. A savoir, des twists en fin d’épisodes, pleins de personnages à développer, et donc, forcément, un début qui prend son temps. Qui prend en réalité trop son temps. Car les trois premiers épisodes, oui ils sont là pour placer l’univers et les personnages, mais ça reste à mon goût un peu trop lent. Quand un événement déterminant arrive à la fin de l’épisode 2, avec l’une des seules morts de la saison d’ailleurs, au fond, je me suis surtout dit que si Stranger Things avait été un long métrage… cet événement aurait été à la fin de l’introduction pour vraiment lancer l’intrigue pleinement, et donc au bout de 20 minutes de film… pas au bout de 1h45 et 2 épisodes. Un souci que l’on peut sans doute mettre sur le dos de beaucoup de séries cependant. Peut-être d’ailleurs que ce défaut là m’a dérangé à cause du second défaut. Stranger Things a beaucoup de personnages à mettre en avant. Pas Will, enlevé au bout de 10 minutes et ne revenant sur tardivement donc. Mais il y a sa bande d’amis, Mike, Dustin et Lucas, la mère de Will, Joyce, mais aussi son grand frère Jonathan, le shérif Hopper, Nancy qui va finir par venir aider Jonathan, et son petit ami Steve qui va amener quelques souci. Et bien entendu, il y a Eleven, douée de pouvoirs, qui va rejoindre la bande de gamins. Un gros casting, pour des personnages variés, et qui ont pour la plupart d’excellents acteurs il faut avouer. Certains groupes fonctionnent, comme le groupe des enfants, totalement crédible et donc attachant. Le duo formé par Nancy et Jonathan fonctionne également surtout qu’il est un moteur qui va faire avancer l’intrigue.
Mais à côté, j’émettrais de grosses réserves sur certains personnages, surtout quand au final, leur développement va de pair avec le rythme de la série. Joyce par exemple. Winona Ryder est très bien, cela fait plaisir de la voir, mais elle ne semble jamais évoluer d’un poil pendant 8 épisodes, n’étant que la mère hystérique qui a perdu son enfant, paraît folle aux yeux des autres, sans jamais prendre de recul sur la situation ou justement sur ses paroles pour convaincre les autres rapidement. Matthew Modine joue le grand méchant du gouvernement, et en soit, pourquoi pas, mais il est dommage donc qu’il ne soit là que pour apparaître 1 minute dans chaque épisode et juste dire une ligne ou deux de texte avant de disparaître, et ce jusqu’au dernier épisode. Quant à Eleven, là aussi il y a un hic pour moi. L’idée de l’enfant qui a des pouvoirs, rien de neuf, King le fait dans quasi chaque roman à force, mais la série traine sur 8 épisodes ses révélations, nous donnant flashback après flashback, à chaque épisode, faisant presque monter la sauce, faisant espérer de grosses révélations finales… qui ne viendront pas, car non, Eleven a juste des pouvoirs et peur vaincre le monstre, point. Soit quelque chose qu’on avait comprit et dont on ne se doutait depuis le début, mais que la série décide de faire trainer, éparpillant ses flashbacks plus que de raisons, et pas pour grand-chose. Dommage pourtant, car aucun de ces 3 personnages n’est mauvais en soit. Enfin, encore une fois, ça ne m’aura pas fait détester la série, Stranger Things, cette saison 1, reste très sympathique, bien rodée, techniquement propre. Mais sans l’engouement du moment et avec donc un grand recul, oui, c’est perfectible.

Les plus
L’ambiance années 80
La musique est excellente
Un très bon casting
Un rythme bien géré sur la seconde moitié
L’upside down, un concept simple mais bon
Les moins
Un peu longuet au démarrage
Certains personnages peu exploités
Un côté qui stagne parfois
En bref : Découvert 10 ans après sa sortie, cette saison 1 de Stranger Things m’apparaît comme un bon moment, fait avec le cœur, porté en plus par un casting convaincant, enfants comme ados comme adultes. C’est envoutant grâce à la musique, très sympathique à suivre, mais parfois maladroit dans le traitement de certains personnages et ayant du mal à démarrer.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ The 80s atmosphere ♥ The soundtrack is excellent ♥ A very good cast ♥ A good pacing during the second half ♥ The upside down, a simple but great concept |
⊗ A bit too slow during the first episodes ⊗ Some characters not properly developped ⊗ Sometimes it’s almost afraid to move forward |
| Discovered 10 years after its release, this first season of Stranger Things appears, to me, as a good moment, done with heart, with a great cast, kids and adults. It’s entertaining thanks to the soundtrack, easy to follow, even if some development are not perfect for some characters, and a bit slow at first. | |






























