Clive Barker’s Hellraiser Revival (2026 – Survival Horror – Playstation 5)

CLIVE BARKER’S HELLRAISER REVIVAL

Sortie : 8 Octobre 2026
Genre : Demons to some, Angels to others
Studio : Saber Interactive
Éditeur : Saber Interactive
Joué et testé sur : Playstation 5
Existe sur : PlayStation 5, PC, Xbox Series, Switch 2

Synopsis : Aidan Lynch, membre d’un gang de motards, et sa petite amie Sunny découvrent une boîte à énigmes surnaturelle appelée la Configuration de la Genèse. Lorsque Aidan blesse Sunny avec la boîte pendant l’acte sexuel, il invoque par inadvertance un groupe d’êtres extradimensionnels sadomasochistes appelés Cénobites. Leur chef, Pinhead, propose d’emmener Sunny en enfer. Elle accepte, ce qui amène Aidan à la suivre dans le but de la libérer des Cénobites et de leur culte fanatique, l’Église Écarlate.

Voir débarquer un jeu vidéo Hellraiser, c’était inespéré. Voir arriver un jeu totalement solo Hellraiser, c’était un rêve que l’on n’osait même pas faire. Que le tout débarque, en 2026, sans censure, et que le jeu soit bon, c’était quasiment mission impossible. Et pourtant, Saber Interactive l’a fait. Pinhead avait déjà fait un petit détour dans l’univers des jeux vidéo, mais c’était justement dans le jeu multijoueur asymétrique Dead by Daylight, donc peu intéressant en soit. Lors de l’annonce du jeu, en Juillet 2025, on avait peur, mais espoir malgré tout, car Clive Barker lui-même a participé au développement, supervisant l’histoire dès le départ, et que le jeu devait s’inscrire dans l’univers des deux premiers métrages de la franchise, et donc, dans ce qu’il existe de meilleur dans l’univers Hellraiser. Bon, l’annonce que le jeu sortirait aussi sur Switch 2, la console de Nintendo, faisait peur, tant on imaginait mal l’univers de Barker dans l’univers de Mario. Et pourtant, un ou deux mois avant la sortie finalement, en Septembre 2026, Saber Interactive lança sur Steam une démo comprenant les premiers pas dans le jeu, et comme beaucoup, je fus séduis, au point de précommander mon édition, évidemment. Et dès le 8 Octobre, je pouvais enfin déambuler dans la labyrinthe de Leviathan, entendre la voix de Doug Bradley reprenant son rôle, et tenter de survivre pendant 11 heures environ aux pires atrocités. Et on peut déjà le dire dès le départ, mais rarement un jeu vidéo n’aura été aussi loin, et donc, oui, l’univers de Clive Barker est totalement respecté. Le gore, le sexe, le BDSM, le labyrinthe, Leviathan, les visions infernales, les pactes qui tournent mal avec les cénobites, les boites ouvrant les portes du plaisir et de la souffrance, les cultes, tout est là, pour le plus grand plaisir des fans, quitte à froisser les âmes sensibles, ce qui explique sans doute le Metacritic assez tiède du titre, de seulement 69, à l’opposé des joueurs qui eux, adorent le titre et lui mette 8.3/10. Forcément, quand on tombe sur une review s’offusquant du contenu jugé trop graphique du titre ou d’un passage dans une boite pour adultes, on comprend que Hellraiser Revival n’est pas pour tous les publics… et que de faire tester le jeu par quelqu’un qui ne connait pas l’univers ou n’y sera pas sensible, ce n’est pas une bonne idée.

Car vous vous en doutez donc, en tant que fan de la première heure, majoritairement des deux premiers films puisque pour moi, j’ai déjà un souci avec le troisième, Hellraiser Revival m’a totalement conquis, et les 11 heures passées dans l’aventure, alternant le monde réel et le monde des cénobites, furent des plus réussis, à tel point que le jeu sera très probablement l’un de mes jeux de l’année, et mon survival horror de l’année, bâtant à pleine couture Silent Hill Townfall. Le jeu nous propose d’incarner Aidan, un personnage certes, dans les faits, pas toujours intéressant, et uniquement caractérisé par son amour pour Sunny, sa copine qui dès l’ouverture du jeu, se fait embarquer par les cénobites après une scène de sexe assez osée (on rappelle que ça sort sur console, et pas que sur PC, et même chez Nintendo). Et en l’espace d’une cinématique seulement, déjà le ton est posé, mais surtout, une fois la manette en main, et donc une fois que le jeu peut se déplacer, le fan sera indéniablement sous le charme, quand bien même la première demi-heure du jeu fera plus office de walking simulator venant nous mettre du lore devant les yeux en explorant littéralement le labyrinthe. Et en quelques secondes donc, nous sommes sous le charme. Car Hellraiser Revival n’est pas le plus beau jeu du monde, mais sa direction artistique fidèle au film est à tomber par terre. Entre ses effets de lumières, ses effets de particules, les couloirs qui semblent sans fin du labyrinthe, les éléments qui viennent clairement rappeler les films sans pour autant venir nous taper lourdement sur l’épaule, le côté glauque du labyrinthe, les motifs rappelant la boite, qui elle se trouve déjà, dès cette ouverture, dans nos mains, et puis forcément, l’arrivée devant Leviathan, se tenant là, dans le ciel, majestueux, imposant, effrayant même. Et le labyrinthe, il n’est pas là juste pour l’ouverture, juste pour nous montrer que oui, c’est Hellraiser, et donc faire plaisir aux fans avant de s’éloigner de tout ça et devenir un bête jeu d’action, oh que non.

Hellraiser Revival est autant un jeu viscéral avec un gameplay certes, peu novateur et simple (un mélange entre Condemned et Bioshock, grossièrement), mais bel et bien présent, et un jeu narratif respectant totalement tout ce que Barker avait instauré avec le premier film Hellraiser, mais forcément également le second film réalisé par Tony Randell, mais qui va aussi amener quelques éléments venant des comics, eux aussi scénarisés par Barker, et amener son lot de nouvelles petites idées pour étendre l’univers et donc, pour amener sa pierre à l’édifice. Quel délice. Alors, revenons au départ. Hellraiser Revival est donc un survival horror, en vue subjective, se déroulant probablement après les événements des deux premiers films. Après avoir ouvert la nouvelle boite, le Genesis Configuration, Aidan, le protagoniste, se retrouve capturé par les membres de l’église écarlate, menés par Marlowe, un sadomasochiste un brin cinglé, et Bruno, un artiste tout aussi timbré, supplément mutilation, mais pour l’art. Le but sera donc dans un premier temps de fuir ce culte, et de retrouver votre petite amie, malheureusement capturée par les cénobites, ces créatures aux confins du plaisir et de la souffrance, ce qui veut donc dire, évidemment, que Sunny a déjà eu le droit de goûter aux plaisirs de l’autre monde. En terme de structure, Hellraiser Revival fait un choix plutôt intéressant, à savoir d’avoir une introduction d’environ une heure, dédiée à la fois au monde de Leviathan et à notre monde, pour poser les bases de son univers, avant de nous offrir une première moitié de jeu où si notre but est bien de sauver notre petite amie, nous sommes malgré tout la victime, celui qui va devoir fuir, survivre, avant une seconde partie où les rôles s’inversent, sans pour autant changer quoi que ce soit au gameplay du jeu, simple mais hyper efficace, et surtout viscéral.

Sans trop spoiler, disons que l’introduction fait exactement ce que l’on pouvait attendre d’un jeu Hellraiser. Nos déambulations dans cet enfer sont à la fois saisissantes et respectueuses des films et de l’univers de Barker, comme là pour nous rassurer pleinement en nous plongeant en territoire connu, avant une première déambulation, sans armes, sans vêtements d’ailleurs aussi, dans le monde réel et surtout dans les locaux de l’église écarlate, plaçant donc les éléments que les fans connaissent sans doute moins de l’univers, mais surtout faisant office de note d’intention sur les limites même du jeu. Et les limites semblent peu présentes. On déambule donc, accroupi, dans les couloirs de l’église, récupérant des objets à l’intérieur même de cadavres malmenés, découvrant les œuvres d’art malsaines de Bruno, tentant d’éviter autant que possible les ennemis, avant enfin de récupérer notre première arme de fortune et d’avoir devant nous des combats violents qui ne reculent devant pas grand-chose. L’on pourrait presque sentir l’odeur du sang repeignant les murs, ou d’autres substances, corporelles ou non, mêlées à la rouille, la luxure, le tout dans des lieux délabrés, jamais farouchement originaux (des sous-sols délabrés, une boite de nuit, des bois, un cimetière), mais parfaitement logiques dans le cadre de l’intrigue racontée.

Saber Interactive, et Clive Barker par extension, livrent une histoire qui parlera aux fans, qui semblera dans le fond peu originale aux connaisseurs (des tarés, du plaisir, des limites à dépasser, une boite, les cénobites, et forcément un pacte à passer avec eux), mais bien menée, qui sait quand relancer l’intérêt ou rabattre ses cartes, tout en livrant des moments qui viennent clairement étendre le lore de la saga Hellraiser, que ce soit via nos interactions avec différents cénobites, tous issus du premier film (l’on se fera poursuivre dans le labyrinthe par le Chatterer, l’on parlera souvent avec la femme cénobite, Pinhead sera là pour passer un pacte avec nous), via le culte que l’on rencontre et leur utilisation déviante de la boite, et même lors de la dernière partie du jeu, qui ouvre de nombreuses potes, et donnent déjà envie d’avoir une suite, c’est dire. L’histoire est un pur plaisir, mais le reste n’est donc pas en reste. Le gameplay se divise en deux catégories, puisque l’on explorera à la fois le labyrinthe, et le monde réel. Dans le labyrinthe, on explore (l’on peut trouver, parfois bien cachés, des mécanismes qui vont venir augmenter notre vie, ou notre barre de souffrance, nous permettant d’utiliser la boite lorsque l’on inflige des dégâts aux ennemis), notre seule arme est la boite, on résout quelques énigmes environnementales, et on tente justement de survivre à cet environnement, que ce soit des pièges mortels (oui, une larme géante dans la tête et c’est game over, logique), ou les cénobites pour quelques séquences de poursuites rondement menées. Le bruit des dents qui claquent de Chatterer pourront en traumatiser certains. Le labyrinthe, on s’y retrouve souvent pour relier deux lieux du monde réel, pour faire avancer l’intrigue, ou développer un minimum la psychologie de notre avatar et apprendre donc son passé. Et puis il y a Leviathan, toujours présent, là, tout en haut, comme une menace qui attend, et qui parfois, qu’il faudra éviter, comme dans le second film Hellraiser.

La partie dans le monde réel se rapproche beaucoup plus par contre d’un jeu d’action horrifique classique mélangeant donc Bioshock et Condemned. Condemned évidemment pour l’aspect combat désespéré pour la survie, avec ce qui nous tombe sous la main, que ce soit des haches, couteaux, bouts de bois. Et nos armes cassent. Des armes à feu rejoignent peu à peu notre inventaire, limité, mais mieux vaut sauver nos balles pour les boss. Là où le jeu se rapproche de Bioshock, c’est que l’on peut donc équiper un pistolet dans notre main droite, et la boite dans notre main gauche, qui nous permettra d’utiliser la télékinésie pour lancer des objets tranchants, ou alors récupérer des flammes pour les lancer à la gueule de nos ennemis, jusqu’à une ultime attaque qui a tout son sens dans l’univers Hellraiser, et qui s’avérera souvent dévastatrice. Le gameplay est simple, voire simpliste, avec juste un seul bouton pour attaquer, et un bouton pour esquiver, qu’importe la direction. Rien pour parer, pas de grosses subtilités, mais qu’importe, ça fonctionne et ajoute justement au côté viscéral voulu par les développeurs. Pour nous aider évidemment, le joueur pourra récupérer des objets, pour crafter, que ce soit des objets de soin, des munitions, ou de quoi ouvrir les serrures. Et si sur le papier, cela fait penser à Resident Evil 4, oui, Hellraiser Revival nous offre à plusieurs endroits un marchand, pour vendre des trésors trouvés ci et là dans les locaux de l’église, acheter de nouvelles armes ou améliorations, mais si on pense au jeu de Capcom, Saber Interactive à l’inteligence de donner du sens à tout ça, et à l’incorporer dans l’univers même qu’il met en image. Et ça, c’est fort, et donc très appréciable.

Les ennemis eux forcément, ne seront pas les plus variés du monde. Beaucoup de membres du culte, habillés en cuir, armés, parfois d’armes de fortune, parfois de pistolets ou de fusils, mais là aussi, ça garde du sens dans l’univers du jeu. Mais ce ne sera pas tout, puisque l’on croisera aussi de nombreuses créatures infernales, parfois bien dangereuses, notamment lors d’une scène qui rappelle elle aussi le fameux quatrième opus de Capcom (petite cabane, fenêtre à barricader, et survivre). Il n’y a aucun mal à emprunter au meilleur, surtout quand ça parvient à le justifier, et que tout ce qui se déroule sous nos yeux, narrativement ou mécaniquement, trouve du sens. Surtout quand le rythme de l’aventure est parfaitement bien géré, alternant intrigue, combats, survie pure, quelques petites énigmes, et donc deux univers bien différents, bien que parfois la frontière entre les deux mondes devienne de plus en plus trouble, notamment dans la seconde partie, mais là aussi, tout est logique narrativement. Hellraiser Revival est donc un jeu qui fonctionne, fait pour le fan, par des fans, assurément. Evidemment, à sa sortie, on note quelques bugs, rien d’étonnant, mais pour une production qui est loin d’un triple A, c’est plutôt propre, avec déjà plusieurs patchs déployés. Pour ma part en tout cas, aucun bug bloquant (à l’exception des bugs bloquant des trophées, rien de catastrophique donc), aucun ennemi bloqué dans un mur comme j’ai pu le voir chez d’autres, mais plus des petits défauts de sons, retard d’affichages, ou bien tout simplement quelques lignes de sous titres passant en Anglais. Rien de catastrophique en soit.

Hellraiser Revival donc, jeu parfait ? Non, évidemment, et bien qu’ayant passé probablement un des meilleurs moments de ma vie sur un jeu à License, et oui, le fait que je sois fan d’Hellraiser joue forcément pas mal et fait pencher la balance, il y a bien quelques défauts à signaler. Pas le contenu mature, bien évidemment, on se lance dans Hellraiser Revival en sachant à quoi s’attendre, ou en se renseignant un minimum, et de toute façon la promo n’a jamais menti sur le contenu du titre. J’en parlais déjà brièvement, mais Aidan, le personnage que l’on incarne, n’est pas par exemple le personnage le plus excitant qui soit, tant sa seule et unique motivation est de ramener sa copine à la vie. Limité donc niveau psychologie, surtout quand quelques flashbacks nous montrent ladite relation entre les deux, et qu’à part du sexe et de la souffrance, on ne voit pas vraiment grand-chose ayant attrait au grand amour (même dans l’univers SM de la saga). De même, si le gameplay simple fonctionne parfaitement, autant en combats qu’en poursuite ou en énigmes environnementales, il faut signaler que le jeu contient plusieurs combats de boss, contre des humains, mais aussi quelques créatures infernales, et que ces combats sont loin d’être les meilleurs moments du titre. Soit car les ennemis sont finalement trop simples mais demandent énormément de ressources (Bruno), soit car tout simplement faisant appel à des mécaniques trop simples, ou du bourrinage (Charlotte). J’aurais bien aimé affronter la sœur de la miséricorde par contre. Dommage donc que dans la dernière ligne droite menant au boss final, le jeu se sente obligé d’accumuler les affrontements contre de gros ennemis, sorte de mini boss, et ce jusqu’à un boss final décevant. Heureusement, ne signant pas la fin de l’intrigue, et donc ne nous abandonnant pas sur ces notes. Non, malgré ses petits défauts, Hellraiser Revival était exactement ce que j’attendais et voulais de lui. Et donc, une indéniable réussite. Moralité, entre Resident Evil Requiem, Fatal Frame 2 Remake, Silent Hill Townfall même si un poil décevant, et quelques jeux indépendants, 2026 fut une excellente année pour le survival horror, et pour les licences.

Les plus

Un respect total de la mythologie Hellraiser
Les cénobites
Déambuler dans le labyrinthe
Le contenu mature, avec sexe et gore
Un gameplay simple mais souvent viscéral
Une intrigue que l’on a plaisir à suivre
Quelques moments marquants
Des mécaniques déjà vues, mais bien intégrées
Une sublime direction artistique

Les moins

Des combats de boss moins prenants
Aidan, un personnage un peu vide
Quelques bugs

En bref : Hellraiser Revival est une surprise inespérée, et tout ce que l’on pouvait espérer d’un jeu Hellraiser. Ça ne modère ni son propos, ni son contenu, ça y va à fond, c’est glauque, respectueux, ça étend en prime l’univers. Que demander de plus ?

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