Titre Original : War Machine
2026 – Angleterre / Australie / Etats Unis
Genre : Action
Durée : 1h46
Réalisation : Patrick Hughes
Musique : Dmitri Golovko
Scénario : Patrick Hughes et James Beaufort
Avec Alan Ritchson, Stephan James, Blake Richardson, Dennis Quaid, Esai Morales, Jai Courtney, Alex King, Keiynan Lonsdale, Jack Patten, James Beaufort et Heather Burridge
Synopsis : Après la mort de son frère au combat, un ingénieur militaire rejoint les Rangers de l’armée américaine et participe à un exercice d’entraînement de routine au cours duquel son platoon et lui-même rencontrent une gigantesque machine meurtrière venue d’un autre monde.
Ne trainant pas sur les réseaux, me tenant très peu au courant des grosses news et ayant en prime un bloqueur de publicité automatique dans mon navigateur internet (vive Opera), je n’avais pas spécialement entendu parler de War Machine. C’est finalement en tombant un peu par hasard sur un ou deux avis positifs en parlant comme d’un actionneur typé années 80 que j’ai commencé à me renseigner, et à me dire que malgré le réalisateur à la barre, je devrais peut-être lui donner une chance. Et j’ai bien fait, car si dans les faits, War Machine n’est pas un grand film, il est un divertissement à l’ancienne qui fait plus que bien le boulot, et dont les défauts ne sont pas tous à amputer à son réalisateur. Ce réalisateur donc, c’est Patrick Hughes, et si je ne suis pas un spécialiste de sa filmographie, le peu que j’ai vu, notamment l’affreux Expendables 3, aura suffit pour que je me fasse une idée, surtout quand il restera par la suite dans le cinéma d’action. War Machine d’ailleurs reste totalement dans cette optique de cinéma d’action, mais est finalement un bien meilleur hommage à ce cinéma durant les années 80 que ne l’était, ironiquement, Expendables 3 et son casting de l’époque. Ici, pas d’abus de CGI, pas de gros bavardages inutiles malgré une assez longue première partie introduisant le héros, et pas de gros développement. D’ailleurs, chaque personnage n’aura pas un nom mais un numéro, puisque l’on suit une équipe de militaires durant l’entrainement pour devenir Rangers, sous l’œil affuté de quelques têtes connues (Dennis Quaid et Esai Morales). Basiquement, s’il fallait résumer en quelques mots War Machine, il suffirait de dire que c’est comme Dog Soldiers, mais avec une machine qui explose tout au lieu des loups-garous, tout simplement. Des militaires donc qui s’entrainement, ce qui permet de mettre en avant notre héros, 81 (Alan Ritchson), ainsi que quelques autres (Stephan James jouant 7, Blake Richardson joue 15), avant qu’il ne parte pour l’évaluation finale, mission sur le terrain, qui va mal tourner.
Et dès lors que notre équipe tombe sur la fameuse machine (de guerre), oubliez le scénario, oubliez tout développement, War Machine se transforme alors en course poursuite qui ne s’arrêtera que lors de sa scène finale teasant une potentielle suite (qui devrait arriver vu le carton du film). De la survie pure et simple. On pense à Dog Soldiers donc pour cette mission d’entrainement qui tourne mal avec l’irruption d’un ennemi mortel, mais aussi évidemment à Predator pour la survie pure et dure et la traque, mais si le Predator avait été changé par un Terminator. Simple, direct, efficace, et malgré pas mal de défauts, ça a l’odeur des gros budgets explosifs des années 80, avec des explosions réelles dans tous les coins, un ennemi qui refuse d’abandonner et de crever, et des pertes dans le casting à vitesse grand V, si possible avec corps explosés, démembrés, découpés, brûlés, sans reculer lorsqu’il faut montrer tout ça à l’écran. Et ça, c’est tout à l’honneur du film. A côté, évidemment, certains défauts évidents, certains clairement de son époque, comme cette photographie grisâtre qui semble être devenu la mode dès qu’un film à un gros budget, comme pour se donner un air adulte et mature (ça on le voit depuis le carton des films de Nolan). Alors ce n’est pas moche, mais à force de bouffer de cette photographie partout et tout le temps, on finit par penser que mêmes les étalonneurs ne savent plus ce qu’est la couleur dans un film. Et puis il y a des défauts que l’on ne pourra pas mettre sur l’équipe ou le réalisateur, mais clairement sur Netflix. Patrick Hughes aurait en effet révélé que le studio au N rouge aurait demandé à ce que la menace soit parfaitement identifié dès le départ dans le métrage, et en effet, avec ce journal télévisé vu par notre héros en fond dès l’ouverture, le doute n’est jamais autorisé ici. Et comme Netflix aurait misé une bonne partie de sa communication sur cet élément, et donc le mélange d’action et de science-fiction du film, le spectateur sait donc à quoi s’attendre en réalité avant même de lancer le film.
Ce qui est dommage, lorsque l’on pense à ce que le doute aurait pu permettre scénaristiquement, surtout à une époque où la moitié de la terre a envie de se faire la guerre et donc où la méfiance est partout. Mais non, le plan de Patrick Hughes a été donc annihilé dès le départ pour que tout soit clair, limpide, et que le spectateur, même s’il passe entre les mailles de la promo comme moi, n’ai jamais aucun doute dès que le film commence. Dommage, oui, mais pas franchement dommageable. War Machine aurait pu être une série B d’action qui lorgne vers la science-fiction seulement sur la fin, mais en l’état, il demeure une série B d’action couillue et explosive qui fait malgré tout bien plaisir à voir, qui ne recule pas devant quelques explosions, un peu de tripailles, et quelques scènes marquantes même si prévisibles dans leur déroulement ou dans l’issue (le passage de la rivière, la descente en rappel, la courte poursuite en voiture). Mais comme on ne lui demandait justement pas de réinventer la roue mais plutôt de nous divertir de manière explosive durant 1h40, la mission est accomplie, et Patrick Hughes, malgré le visuel gris de son film, s’applique et livre une copie propre et lisible surtout. En fait, si War Machine fonctionne aussi bien, c’est grâce à une donnée simple. Le film veut être comme à la belle époque, mais sans le cynisme qui pourrit le cinéma d’aujourd’hui, et sans la bienpensance qui l’accompagne souvent, et qui a finit par fatiguer une grande partie des cinéphiles (ou la totalité ?). La différence est là, quand un réalisateur fait tout péter car il en a envie, sans cocher aucune case, là le public se retrouve diverti.

Les plus
Rondement mené
Du cinéma à l’ancienne comme on aime
Ça explose, ça découpe, ça gicle
Les effets ont souvent de la gueule
Les moins
Oui, la photographie est un peu grise
Et oui, le film ne permet jamais de douter de la menace
En bref : War Machine, la dernière grosse production Netflix réalisée par Patrick Hughes, est une bonne surprise, en traitant son côté d’actionneur bourrin made in 80 avec sérieux et honnêteté. Pas parfait, mais parfois jouissif.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Nicely done and paced ♥ Old school cinema, like we love ♥ It explodes, it cuts, it bleeds, it feels good ♥ The effects are often good |
⊗ The cinematography is a bit grey, like always ⊗ And yes, you won’t have any doubts about the threat |
| War Machine, Netflix’s last big production directed by Patrick Hughes, is a good surprise. It’s like a good old 80s action flick done seriously and honestly. Not perfect of course, but often exciting. | |




















