THE GIRL WHO LEAPT THROUGH TIME
Titre Original : 時をかける少女 / Toki o Kakeru Shōjo
1983 – Japon
Genre : Fantastique
Durée : 1h44
Réalisation : Obayashi Nobuhiko
Musique : Matsutoya Masataka
Scénario : Kenmotsu Wataru
Avec Harada Tomoyo, Irie Takako, Irie Wakaba, Ishii Kiyomi, Kishibe Ittoku, Kitamura Akiko, Masumoto Taizoh, Matsutouya Masataka, Naito Ken, Naito Makoto, Negishi Toshie, Ogawa Maiko, Oka Hiroe, Omi Toshinori, Takabayashi Yoichi et Takayanagi Ryôichi
Synopsis : Yoshiyama Kazuko, une lycéenne ordinaire, est accidentellement exposée à une étrange vapeur parfumée à la lavande dans le laboratoire scientifique de son école. Elle découvre peu de temps après qu’elle possède maintenant la capacité de se téléporter et de sauter dans le temps.
Obayashi Nobuhiko est un réalisateur important du cinéma Japonais, c’est un fait indéniable. De près ou de loin, tout le monde le connait, par des films comme Hausu (House) en 1977. Comme beaucoup de réalisateurs de cette époque, lorsque la Kadokawa se lance véritablement dans le cinéma, il travaillera pour eux. En 1981, il livrait par exemple School in the Crosshairs, aussi appelé The Aimed School, mettant en avant l’une des idoles du studio, la charmante et énergétique Yakushimaru Hiroko. Deux ans plus tard, et après deux autres métrages pour d’autres studios, il retourne un nouveau film pour la Kadokawa avec The Girl Who Leapt Through Time, adaptation du roman à succès des années 60. Beaucoup de changements ont lieu par rapport au roman, œuvre culte qui sera de nouveau adapté, que ce soit en série, en nouveau film, ou en film d’animation, plus tardivement. Son métrage, il fut le deuxième plus gros succès au box-office de l’année 1983, rien que ça. Et à la découverte, ou redécouverte plutôt du métrage, aucun doute possible, nous sommes bien là devant un métrage signé Obayashi, tant son style est parfaitement identifiable. Comme souvent, il s’amuse avec les couleurs, les formats, les plans contenant plusieurs couches et créé ainsi un monde qui n’a toujours appartenu qu’à lui et dans lequel le spectateur habitué à son cinéma se sent bien et aimerait vivre. Pour autant, malgré son sujet, il faut bien avouer que The Girl Who Leapt Through Time pourrait bien en décevoir plus d’un, Obayashi semblant bien plus souvent mettre l’accent sur des thèmes qui lui sont chers que sur son principe même de voyage dans le temps, qui sera bien présent, mais qui mettra un temps fou avant de véritablement avoir une grande importance dans le récit.
En gros, nous avons plus là une fresque sur l’adolescence, sur l’amitié et bien entendu, sur l’amour qu’un réel film de science-fiction. Le plus gros de son concept, il viendra, évidemment, au bout d’une heure de film quasiment. Pendant toute sa première partie donc, Obayashi dépeint le quotidien de la jeune Yoshiyama Kazuko, la très juste Harada Tomoyo à l’écran. Son quotidien au sein de sa famille avec sa mère et sa petite sœur notamment, au lycée où elle a une amitié forte avec deux jeunes hommes de sa classe. Rapidement, l’élément déclencheur se présente à la jeune femme, lorsqu’elle se retrouve avec ses amis de corvée de nettoyage après la fin de la matinée du samedi au lycée. Entendant du bruit dans une pièce pourtant fermée d’un cadenas, elle ira voir de quoi il retourne, et après avoir sentie une odeur de lavande, va s’évanouir. C’est à partir de là, au départ sans trop savoir pourquoi ou même si elle peut le contrôler, qu’elle va se retrouver à vivre plusieurs fois la même journée, à pouvoir donc voyager dans le temps. Mais oui, pendant quasiment toute la première heure, Obayashi filme, de manière appliquée et plutôt sobre, notre héroïne, son quotidien, ses questionnements, la manière dont elle va vivre les jours à venir, avec les tourments adolescents que cela implique, et bien entendu, une romance, douce. Et oui, pendant une bonne heure, le réalisateur s’y tient. Pas de sensationnel, pas d’effets spéciaux, pas réellement de science-fiction même, avec en prime, un rythme tenant bien plus du drame que du récit fantastique. Néanmoins, jamais il n’ennuie, le tout est bien rodé, Harada Tomoyo est très bonne dans le rôle, et on pourrait également souligner le très beau score musical signé Matsutoya Masataka, déjà à l’œuvre sur Scholl in the Crosshairs.
Et puis visuellement, ça a le charme fou de son époque, aidé par la très belle photographie de Sakamoto Yoshitaka, directeur de la photographie attitré d’Obayashi depuis Hausu en 1977, avec qui il traversera les années 80. Mais évidemment, au bout d’un moment, le métrage doit revenir à la base de son histoire, à son histoire de voyage dans le temps donc, pour la seconde moitié du métrage, et nous retrouvons là le Obayashi inventif que l’on connait, avec tous les effets de styles que l’on connait aujourd’hui et qui sont presque sa marque de fabrique dans le fond, marque de fabrique visuelle du moins. Aujourd’hui, oui, comme pour d’autres de ses métrages, le tout pourra paraitre quelque peu kitch pour le spectateur non habitué à l’œuvre du réalisateur, mais aussi au cinéma Japonais de ces années-là, ou tout simplement séduit par la proposition, rafraichissante, qui cependant n’en fait jamais des tonnes avec son récit et reste dans la simplicité. Une belle simplicité. Alors oui, The Girl Who Leapt Through Time est loin d’être mon œuvre préférée du réalisateur, mais il faut avouer que le métrage possède son charme, et traite son sujet avec sérieux, et en se refusant la plupart du temps le sensationnalisme pour être, malgré son sujet, un récit lent et mélancolique.

Les plus
Un pur Obayashi, dans le fond et la forme
La fraicheur du début des années 80
Harada Tomoyo, très bien dans son rôle
Très jolie musique
Les moins
Le rythme lent pourra surprendre voire rebuter
Le style Obayashi peut paraître kitch aujourd’hui
En bref : Obayashi livre avec The Girl Who Leapt Through Time un film qui a sa patte, autant dans le fond que dans la forme, et où les sentiments adolescents ont encore plus leur importance que son récit de voyage dans le temps. Doux et juste, même si son rythme et son visuel ne seront pas pour tous.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Clearly a film by Obayashi, both in themes and visuals ♥ The 80s’ look and feel ♥ Harada Tomoyo, pretty good in the lead ♥ Very beautiful music |
⊗ It’s slow, not everyone will like it ⊗ Obayashi’s style can look a bit cheap nowadays for some |
| Obayashi delivers with The Girl Who Leapt Though Time a film that looks like him, thematically and also visually, with teenager’s feelings are still very important in a story about time travel. Sweet, even if slow and the visuals won’t be for everyone. | |


















Cette fin… avec cette musique… Magnifique !