LE GRAND ALLIGATOR (Il Fume del Grande Caimano) de Sergio Martino (1979)

LE GRAND ALLIGATOR

Titre Original : Il Fume del Grande Caimano
1979 – Italie
Genre : Aventures
Durée : 1h29
Réalisation : Sergio Martino
Musique : Stelvio Cipriani
Scénario : Ernesto Gastaldi, Sergio Martino, George Eastman et Mara Maryl

Avec Barbara Bach, Claudio Cassinelli, Mel Ferrer, Romano Puppo, Lory Del Santo, Anny Papa, Bobby Rhodes, Geneve Hutton, Fabrizia Castagnoli, Enzo Fisichella, Silvia Collatina et Richard Johnson

Synopsis : La construction d’un complexe touristique dans une région vierge d’Afrique perturbe la vie des Kuma, peuple primitif habitant les lieux. Joshua, le riche promoteur, engage Daniel, photographe, pour illustrer le dépliant publicitaire du centre de vacances. Il se retrouve malgré lui au cœur d’un premier massacre. Une jeune touriste et un indigène sont sauvagement dévorés. Les Kuma y voient un signe de vengeance de leur Dieu, un alligator géant.

Croyez-le ou non, mais j’aime bien le cinéma de Sergio Martino de la fin des années 70. Cette partie de sa carrière divise souvent. Là où beaucoup plongeaient dans l’exploitation du film de zombies gore et fauchés, lui, il partait sur des films différents, mélangeant souvent le film vendu aux investisseurs, et donc qu’il a besoin pour se faire financer, avec du cinéma d’aventures plus classique. Ce qui donne certes des films fragiles, qui peuvent décevoir, mais qui s’avèrent pourtant être de sympathiques divertissements. C’était le cas par exemple du Continent des Hommes Poissons et de La Montagne du Dieu Cannibale, qui forment une trilogie thématique. Le Continent des Hommes Poissons justement, il pouvait décevoir avec l’attraction principale du film, si l’on en croit le titre, ratée, mais le côté film d’aventures lui fonctionnait bien. Et bien Le Grand Alligator, surfant clairement dans les faits sur la vague créée par Les Dents de la Mer, navigue dans les mêmes eaux. C’est bancal, parfois trop ambitieux pour son budget, résultant de quelques plans aux maquettes rudimentaires bien voyantes maintenant que l’on peut découvrir le film en HD, son alligator n’est pas si présent que ça, mais Sergio Martino nous sert surtout un petit film d’aventures, où il retrouve d’ailleurs encore Barbara Bach au casting, qui se suit avec plaisir et n’est jamais désagréable. Jamais grandiose, même sans doute un poil moins bon que son précédent film, mais sympathique comme tout. D’ailleurs, il n’y a pas que Barbara Bach que le réalisateur retrouve, puisqu’une partie du casting, mais aussi de l’équipe technique, est la même. Même directeur de la photo, même directeur artistique.

Alors, dans les faits, Le Grand Alligator s’inscrit vraiment dans le sillage des Dents de la Mer. Il y a bien une menace sous l’eau, qui suivant votre tolérance, sera bien un alligator comme l’indique le titre Français, ou un caïman suivant le titre Italien, puisque de toute façon, le film se déroule en Afrique, et que les alligators, ça se trouve en Amérique du Sud, voilà. Il y a aussi ce riche promoteur qui malgré le danger qui rode refuse de fermer son complexe touristique et refuse d’accepter le danger, car c’est mauvais pour son compte en banque. Et on a un héros qui, seul contre tous ou presque, va tenter de sauver la situation. Mais Martino ajoute à ce programme bel et bien là sa vision de l’aventure, avec la jungle, de belles cascades, des indigènes qui pourraient sortir tout droit d’un film de cannibales (même s’ils sont plus bavards, et au départ, pas méchants), et son alligator (ou caïman, crocodile, qu’importe) traité comme la divinité sanglante des indigènes. Et avec le savoir-faire indéniable du réalisateur, et bien ça marche, même si ça atteint parfois ses limites. Déjà, l’amateur de films d’attaques animales sortira déçu, ou du moins surpris, puisque la première attaque n’arrivera pas avant 25 minutes, preuve que Martino ne voulait pas simplement copier son modèle Américain, mais faire un film d’aventures à sa sauce. Si par la suite, le métrage se fait bien plus généreux avec son animal, notamment bien entendu son final, où quasiment l’intégralité du casting et des figurants y passent, la créature n’est pas seule responsable du bodycount. En effet, considéré comme une divinité vengeresse par les indigènes, ceux-ci se mettent également à attaquer les touristes, persuadés que c’est leur présence ici qui apporte malheur et destruction. Du coup, lors du très long final, l’eau est dangereuse, mais la terre ferme aussi. Mourir mangé ou transpercé par une flèche, il faut faire des choix.

Martino bien entendu n’a pas un grand budget, et ça se ressent. Il cache sa créature la majeure partie du temps, ce qui lui permet de se consacrer donc sur l’aspect aventures et fantaisie de son métrage, avec sa jungle et sa divinité. Pendant une bonne heure, la bête se cache sous l’eau, on ne verra qu’un œil, un croc ou un bout de queue de temps en temps. Sur le final, il se lâche totalement, donnant au public ce qu’il attend, même si ses limitations techniques deviennent alors parfois évidentes. Le montage essaye de camoufler au maximum les défauts de sa créature, alternant des plans larges et des plans très rapprochés, tandis que tout le monde y passe, mais l’alligator paraît néanmoins un brin statique, surtout dans les plans larges, où ses pattes ne bougent jamais, et sa gueule ne fait que s’ouvrir. Et puis il y a ses quelques maquettes, qui parfois ont un charme fou (le charme de son époque), mais qui parfois, sont bien trop rudimentaires pour être un minimum crédibles, comme ce plan large sur l’hôtel en feu, ou ce véhicule au fond de l’eau qui semble être un vulgaire jouet rebondissant sur son environnement. L’amateur passera outre, mais ces défauts sont là, ils sont évidents. Néanmoins, oui, encore une fois, Martino livre un divertissant film d’aventures, jamais trop sanglant (et même plutôt soft), mais bien mené, rythmé et fait avec sérieux. Un film souvent moqué, mais pourtant qui a tant à proposer.

Les plus

Un vrai film d’aventures
Le carnage final
Barbara Bach, très belle
Divertissant et jamais ennuyeux

Les moins

Un peu trop soft
Quelques maquettes rudimentaires

En bref : Le Grand Alligator par Martino est encore une fois un film d’aventures avant tout, fort plaisant, divertissant, malgré ses limites, dans le genre même, et avec son budget.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A real adventure flick
♥ The final carnage
♥ Barbara Bach, beautiful
♥ Entertaining and never boring
⊗ Maybe a bit too soft
⊗ Some miniatures are cheap
The Great Alligator River from Martino is once again an adventure film before anything else, entertaining, but with its limitation, in the genre itself, and with its budget.

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