ALIEN RESURRECTION de Jean-Pierre Jeunet (1997)

ALIEN RESURRECTION

Titre Original : Alien Resurrection
1997 – Etats Unis
Genre : Science Fiction
Durée : 1h49
Réalisation : Jean-Pierre Jeunet
Musique : John Fritzzell
Scénario : Joss Whedon

Avec Sigourney Weaver, Winona Ryder, Dominique Pinon, Ron Perlman, Gary Dourdan, Michael Wincott, Kim Flowers, Dan Hedaya, Brad Douriff, Raymond Cruz et Leland Orser

Synopsis : Deux cents ans après la mort de l’officier Ripley, une équipe de généticiens ressuscite la jeune femme en croisant son ADN avec celui d’un Alien. Le cauchemar reprend. A bord de la station Auriga, Ripley donne naissance à un fils qui lui est aussitôt enlevé. Prisonnière, elle s’efforce de renouer avec son lointain passé humain. Bientôt un autre vaisseau rejoint l’Auriga. Parmi l’équipage composé de brutes et de mercenaires, Ripley découvre une belle jeune femme, Call, avec laquelle elle ne tarde pas à se lier d’amitié.

Je m’en souviens comme si c’était hier ou presque, lorsque finalement, Alien Resurrection, que j’avais raté au cinéma, était sorti en VHS, et que l’on s’était empressé de l’acheter avec ma mère. Et je me souviens de la déception lors du visionnage. Alien Resurrection est par essence un film qui divise, un peu comme le fut Alien 3 juste avant lui. Car les deux métrages font des choix parfois radicaux. Mais là où j’avais adhéré, malgré le carnage de production, la vision nihiliste d’Alien 3, je n’ai jamais adhéré à la proposition grotesque de Jean-Pierre Jeunet. Il faut aussi signaler en réalité que je n’ai jamais vraiment apprécié le cinéma de Jeunet, avant Alien 4, mais aussi après, à l’exception finalement de son film portant sans doute le moins sa patte à l’époque, à savoir Un Long Dimanche de Fiançailles. Mais voilà, les années passent, les suites ou préquelles sortent, nous amenant de déceptions en déceptions, et on se dit toujours qu’un jour, on redonnera une chance à cet Alien Resurrection. Ce n’est pas comme si dans le coffret « intégral » Blu-Ray, les quatre premiers opus étaient là et que je n’avais pas la possibilité de le revoir. Mais la motivation n’était jamais là. Finalement, après avoir subit littéralement la série Alien Earth, j’ai redonné sa chance à Resurrection. Et avec le temps et un esprit plus critique et modéré, oui, j’y vois des qualités. Mais rien à faire, je n’y adhère toujours pas néanmoins. Il faut dire qu’autant il y a devant la caméra assez de noms pour me séduire, avec Sigourney Weaver qui revient en clone un brin différent, Winona Ryder en androïde, Ron Perlman et Dominique Pinon en mercenaires de l’espace, Brad Dourif en scientifique (forcément un peu fou). Mais derrière la caméra, pleins de noms qui ne sont pas pour moi, de Jean-Pierre Jeunet à la mise en scène à Joss Whedon au scénario. John Frizzell à la musique, alors qu’il débutait à l’époque, n’est pas non plus ma tasse de thé, tant le score musical, plutôt solide, semble plus passe partout qu’à l’époque, si on le compare à ce qu’on fait Goldsmith et Horner. Débutant à l’époque oui, mais avec une carrière qui monta vite (Le Pic de Dante, Souviens-toi l’été Dernier, Mrs Tingle, deux opus pour la saga Texas Chainsaw). Mais moins marquant, moins iconique.

Alien Resurrection prend donc place longtemps après la trilogie originale, Ripley est morte, mais forcément, a été clonée, avec la reine Alien qui était dans son ventre. Comment ça ? Comment est-ce possible ? Pourquoi ? Je n’aurais la réponse qu’à la dernière question. La Weyland Yutani n’est plus, mais évidemment qu’une autre corporation sera là pour tenter ce qu’il ne faut pas tenter. Des mercenaires, des militaires, des aliens, une expérience qui s’échappe, et paf, tout ce bon monde doit fuir un vaisseau. On connait la formule. Mais le métrage change quelques données à côté comparé à nos habitudes, que ce soit dans son visuel ou dans son scénario. Le scénario signé Joss Whedon donc, je ne l’ai jamais apprécié. Je n’ai jamais apprécié cette histoire de clone prenant place des années après. Quitte à continuer l’histoire d’Alien 200 ans plus tard, autant repartir sur de nouvelles bases et laisser Ripley en paix, surtout que son arc narratif était bouclé. Oui, on me dira que cette Ripley est un peu différente, plus animale, mais je n’apprécie pas cette idée. Pour le reste, on est dans du classique, avec des personnages qui le sont tout autant, et une subtilité évidemment absente. Néanmoins, quelques belles idées se glissent à plusieurs endroits, notamment deux. La première est de faire des deux personnages les plus humains, émotionnellement parlant, les deux personnages le plus éloigné de ce qu’est un humain, avec Call (Winona Ryder) et Ripley (Sigourney Weaver). Le reste des personnages, il y a certes des gueules de cinéma, des acteurs que j’apprécie, mais les personnages eux ne m’intéressent pas vraiment. Dommage donc pour Ron Perlman en mercenaire grande gueule, Brad Dourif en scientifique un brin étrange et Dan Hedaya en général. Et puis le scénario devient rapidement grotesque, sans doute pour innover en dehors de sa structure très classique, mais ça ne fonctionne pas sur moi, notamment dans sa dernière partie, même si je comprends l’intention.

Niveau mise en scène, c’est un peu le même constat. On retrouve clairement la patte de Jean-Pierre Jeunet, son style visuel, d’ailleurs il a amené avec lui Pitof pour les effets visuels et Darius Khondji pour la photographie. Et oui, en soit, pour l’époque, les effets sont inventifs, les Aliens sont crédibles (bien que trop montrés à mon goût), et les CGI sont… vieillots. Oui, la photographie de Khondji est souvent belle. Mais mon souci, vraiment personnel, c’est que je n’aime pas le style de Jeunet. Et puis il y a l’humour du film, qui me sort toujours totalement de l’aventure, comme Dan Hedaya qui met des plombes à mourir, le temps de voir sa propre cervelle, ainsi que quelques moments improbables mais visuellement classes, et quelques dialogues vulgaires qui éloignent encore plus Ripley de ce qu’elle était autrefois. Et puis il y a sa dernière partie, qui a fortement divisée les fans. Forcément, je n’y adhère pas non plus, entre la révélation de la nouvelle reine Alien et le fameux ennemi final, trop Alien pour le côté émotionnel, mais trop humain pour son côté monstrueux, que je trouve tout simplement moche en réalité. Je parais sans doute méchant envers Alien Resurrection, mais que ce soit en 1997 (enfin, 1998 et l’achat de la VHS) ou début 2026 avec le beau Blu-Ray, il m’apparaît toujours bancal, parfois ridicule, comme le film de trop tentant de se raccrocher à une trilogie culte qui divisait déjà avec les choix radicaux du précédent. Impossible à considérer comme un réel mauvais film, tant il tente des choses, est rythmé, possède un style qui n’appartient qu’à lui, et continue donc les choix des studios d’avoir des réalisateurs très différents à chaque fois. Juste clairement pas un film pour moi.

Les plus

Des idées et choix radicaux
Quelques scènes fortes
Le casting, de belles gueules

Les moins

Beaucoup trop grotesque
Des idées moins glorieuses
L’humour ne marche pas
Je n’adhère pas du tout au style

En bref : Après une trilogie excellente, Alien continue avec ce Resurrection, continue avec un nouveau réalisateur, de nouvelles thématiques, mais aussi avec un ton bien plus grotesque, plus pulp. On y adhère, ou pas. Je n’y adhère pas.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Some radical ideas and choices
♥ A few strong scenes
♥ The cast with nice newcomers
⊗ Far too grotesque
⊗ Some less interesting ideas
⊗ The jokes never work on me
⊗ I don’t like the style of this film, and it’s personal here
After a great trilogy, Alien continues with Resurrection, a new director, new themes, but also a new tone, more grotesque, pulp. You like it, or not. I don’t really like it.

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