BELPHEGOR, LE FANTOME DU LOUVRE de Jean-Paul Salomé (2001)

BELPHEGOR, LE FANTOME DU LOUVRE

Titre Original : Belphégor, le fantôme du Louvre
2001 – France
Genre : Fantastique
Durée : 1h37
Réalisation : Jean-Paul Salomé
Musique : Bruno Coulais
Scénario : Jean-Paul Salomé, Danièle Thompson et Jérôme Tonnerre

Avec Sophie Marceau, Michel Serrault, Frédéric Diefenthal, Julie Christie, Jean-François Balmer, Patachou, Lionel Abelanski, Françoise Lépine, François Levantal et Jacques Martial

Synopsis : Dans le Paris de l’an 2000, une momie aux pouvoirs maléfiques donne naissance à un fantôme nommé Belphégor, dieu des Ammonites. Celui-ci, à la nuit tombée, hante le musée du Louvre, dont la Pyramide de Peï est devenue le symbole universel.

Je l’ai déjà dit, j’ai un faible pour les films maudits, mal-aimés (ou de merde, ouais). Belphégor, le film de 2001, je l’avais pourtant toujours évité, connaissant bien sa réputation, et ne connaissant finalement pas l’univers de Belphégor. Du coup, pas d’intérêt pour moi, pas de connaissances, et pas de possibilités de comparer. Et voilà qu’un bon jour de Mai 2026, après avoir découvert le pas très bon La Malédiction de la Momie de Russell Mulcahy (ouais je posterais ma review, bientôt), et en attendant de découvrir Le Réveil de la Momie (qui a été vu depuis), j’avais envie de momie. Pas question de me refaire encore La Momie de Stephen Sommers, ou La Malédiction des Pharaons de Terence Fisher. Et c’est là que Belphégor, Le Fantôme du Louvre, est arrivé devant mes yeux. Après tout, pourquoi pas, Sophie Marceau était à l’époque un de mes crush au cinéma (on ne juge pas), et surtout, voir comment la France tentait de mettre en avant un de ses icones, tout en tentant d’être ambitieux, puisque surfant clairement sur la mode des blockbusters de l’époque, et donc, le succès de La Momie de Stephen Sommers en 1999. Alors, en réalité, en sortant de la vision, on ne va pas mentir, Belphégor, ce n’était pas bon. Mais pourtant, on pourrait presque avoir un tout petit peu de sympathie pour lui, car de l’ambition, il en a à revendre. Bref, le timing est trop gros, et il est évident que le succès planétaire de La Momie a dû donner des idées aux producteurs. Jean-Paul Salomé était-il le candidat idéal pour mener l’entreprise à bien ? Etant donné qu’il réalise, coscénarise, et n’avait alors à son actif que de petits films pas bien folichons, et surtout beaucoup moins ambitieux, le doute est déjà là. Mais encore une fois, le doute est là, car Belphégor a des moyens derrière lui, a un casting prometteur, veut aller dans l’horreur (sage), a des CGI (moches mais utilisés avec parcimonie), et même dans l’équipe technique, on a quelques beaux noms, comme Bruno Coulais à la musique.

Et avec sa scène d’ouverture, on a presque envie d’y croire, et ce même si ça sent le studio pas bien grand pour représenter un tombeau, qui se limitera donc à une minuscule pièce. Car on a l’impression de retrouver le charme de ce genre de films, avec ces tombeaux, ces malédictions. La musique de Bruno Coulais va certes dans des thèmes clichés pour représenter l’Egypte, mais c’était l’époque. Et puis directement après, le film délocalise à Paris, et peut tourner véritablement au Louvre, ce qui était à cette époque là rare (voire une première). Et du coup, forcément, ça a un certain cachet. Lorsque le fameux esprit de Belphégor se matérialise (faisant disjoncter toute l’électricité), puis va prendre possession du corps de Lisa (Sophie Marceau donc), là aussi, même si c’est bancal visuellement (faut dire, un esprit en CGI de couleur orangée, avec un étalonnage constamment jaune pour le film, bref), on a envie d’être clément face à cette tentative du cinéma Français. Mais c’est en fait déjà là que tout s’écroule, assez violement. Car Belphégor échoue sur deux points qui vont lui être fatal. Le premier, évidemment, c’est la tension. Car il est bien ici question d’esprit, de fantôme, de possession, il y aura des morts, des éléments surnaturels… mais jamais le métrage n’arrive à instaurer la moindre tension. Le rythme joue, mais aussi finalement la mise en scène. Ce n’est jamais honteux, mais c’est en réalité souvent très lisse, et ça ne laisse jamais le temps entre deux scènes pour instaurer un suspense quelconque. Le fantôme apparaît, il se passe des trucs, puis on passe à la scène suivante, basta. Le film n’est pas aidé par son côté lisse, beaucoup trop propre. On aura beau avoir des morts, Belphégor ne tente jamais d’être un film trop frontal, trop visuel. Dommage, car on trouve bien malgré tout quelques belles images ci et là, au détour de quelques scènes.

Et puis il y a le second défaut, qui vient tout annihiler en réalité. Car avoir Sophie Marceau, Michel Serrault, Frédéric Diefenthal et Julie Christie au casting, c’est bien, il y a un peu de prestige quand même. Le souci, c’est qu’ils ont beau tout essayer, le film souffre de dialogues d’une nullité abyssale qui vient absolument tout détruire. Tout sonne faux, rien n’est naturel, et pire, à certains moments, ça fait plonger le film dans le ridicule le plus total, surtout dans les tentatives de Frédéric Diefenthal pour draguer Sophie Marceau, dans une lourdeur à côté de la plaque, à tel point que les dialogues semblent échappés d’un autre métrage, presque niais, absurde. Du coup, alors que l’héroïne perd pied, que le policier joué par Michel Serrault tente de mettre un terme à la malédiction, les dialogues enfoncent le tout et rendent certaines situations totalement ridicules, et le rire n’est pas loin. Surtout lors de la dernière partie, où l’on est à un moment à deux doigts de se retrouver devant un remake de L’Exorciste, avec Sophie Marceau enfermée dans une cellule capitonnée et marchant sur les murs. Un ratage facile à expliquer donc, peu étonnant quand on y pense un peu, mais malgré tout un peu triste, vu le budget (environ 16 millions d’euros) et l’équipe derrière, et son ambition. Mais, il faut aussi relativiser, car on pourrait aussi se rappeler qu’en 2001, année de la sortie du film, on produisait aussi Vidocq.

Les plus

Parfois quelques belles images
Un casting assez prestigieux
Le Louvre, un décor intéressant

Les moins

Des dialogues juste catastrophiques
Une tension absente
Des CGI très moyens
Des moments frisants le ridicule

En bref : 25 ans après, j’ai enfin vu Belphégor, et c’était fidèle à sa réputation, mais malgré tout très intéressant. Raté, très mal écrit, lisse et sans tension, mais clairement ambitieux.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A few nice images
♥ A prestigious cast
♥ The Louvre, an interesting location
⊗ The dialogues are beyond horrible
⊗ No suspens at all
⊗ Bad CGI
⊗ Some parts are simply ridiculous
25 years after its release, I saw Belphegor, and it was like its reputation, but still interesting. Not good, badly written, without tension, but ambitious.

2 réflexions sur « BELPHEGOR, LE FANTOME DU LOUVRE de Jean-Paul Salomé (2001) »

  1. Salut Rick ! Tu sais que le cinéma français n’attire généralement pas du tout mon attention, donc je t’avoue sans détour que je n’ai jamais vu ce fameux Belphégor. Mais je tenais tout de même à saluer ta chronique !

    C’est super intéressant de voir comment tu décortiques les ambitions de la production de l’époque pour tenter de surfer sur le succès de La Momie de 1999. C’est vraiment dommage que le film se prenne les pieds dans le tapis à cause d’une mise en scène trop lisse et de dialogues apparemment abyssaux qui gâchent un casting pourtant prestigieux. D’ailleurs, rassure-toi, on ne juge absolument pas les crushs de jeunesse sur Sophie Marceau !

    Ta description de la scène finale aux allures de sous-Exorciste m’a bien fait sourire. Merci pour ce sacrifice cinématographique et pour cette analyse très franche, au moins je sais que je ne rate rien ! À très vite sur ton blog.

    1. Coucou Olivier. Il n’y a pas de mal à ça hein, moi même je ne suis pas spécialement attiré par le cinéma Français, même si parfois certains noms m’attirent, devant la caméra (Ludivine Sagnier, Isabelle Adjani) et derrière (Gaspar Noé, Albert Dupontel, Quentin Dupieux), mais je ne cours pas derrière. D’ailleurs j’ai beau beaucoup aimer le cinéma de Dupieux, et avoir vu tout son début de carrière au cinéma, les deux derniers que j’ai vu remontent déjà, c’était LE DAIM et INCROYABLE MAIS VRAI. Mais tout ça, ce sont en réalité presque des anomalies dans le cinéma Français, tant celui qui est produit et financé par les régions et le CNC est surtout social, larmoyant, et très à gauche haha.
      J’ai justement revu depuis LA MOMIE, j’en ai pondu un texte (bon, qui sera en ligne une fois arrivé dans les M, je fais des tours alphabétiques dans tout ce que j’ai de côté, on arrive dans les B, on a le temps), et malgré quelques CGI vieillissants, ça tient toujours la route aujourd’hui, un bon petit film d’aventures comme on en fait quasi plus.
      Sophie Marceau, mine de rien, elle peut se vanter d’avoir tournée pour de grands réalisateurs (Zulawski par exemple), et d’avoir dans sa carrière des films cultes français, mais aussi des blockbusters US (son James Bond). Ce qui est assez rare pour les actrices de cette génération, à l’exception d’Adjani.
      Ca a beau ici être souvient risible, finalement je ne regrette pas la vision, car comme je le dis, ça reste intéressant à décortiquer, bien représentatif des essais de son époque en France.

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