Titre Original : Do-re-mi-fa musume no chi wa sawagu / ドレミファ娘の血は騒ぐ
1985 – Japon
Genre : Comédie absurde
Durée : 1h23
Réalisation : Kurosawa Kiyoshi
Musique : Sawaguchi Harumi et Tokyo Towers
Scénario : Kurosawa Kiyoshi et Manda Kunitoshi
Avec Dôguchi Yoriko, Itami Jûzô, Katô Kensô, Asô Usagi, Teruoka Sôzô, Kishino Yûichi, Katsuno Hiroshi et Kubota Shôko
Synopsis : La jeune Aki a quitté sa campagne natale pour se rendre dans une université de Tokyo où est inscrit Yoshioka, le garçon dont elle est amoureuse depuis le lycée. Sur le campus, elle rencontre une galerie d’étranges personnages : des intellectuels blasés, des étudiants obsédés par le sexe et un professeur de psychologie à la recherche d’une théorie sur la honte…
Aujourd’hui, les cinéphiles du monde entier connaissent Kurosawa Kiyoshi. Ses films font le tour des festivals, ont le droit à des sorties cinéma pour certaines, des sorties physiques pour d’autres. Pour autant, il faut bien l’avouer, à l’international, la grande filmographie de l’auteur n’a été qu’effleurée, puisque tout ce qui nous arrive ne semble, en général, ne découler que de l’après Cure, et donc l’après 1997. Alors que cela faisait déjà plus de 10 ans que Kurosawa se faisait la main, sur des téléfilms, des films de cinéma, du V-Cinema, bref, comme aujourd’hui, un peu tout ce qui lui tombait sous la main. Un jour sans doute, on pourra enfin voir par chez nous des œuvres pourtant assez fondatrice de son œuvre, thématiquement pour certaines, visuellement ou niveau atmosphère pour d’autres, comme certaines sagas policières de V-Cinema avec Aikawa Shô, ou bien le fameux Door 3, toujours inédit malgré la sortie un peu partout dans le monde des deux premiers opus, eux signés Takahashi Banmei. Ou pourquoi pas, pour voir les premiers pas du réalisateur dans une horreur plus visuelle et occidentale que Japonaise, son Sweet Home, tourné pour sortir en même temps que son penchant vidéoludique chez Capcom Oui, il y a des perles intéressantes dans les débuts de carrière du réalisateur. C’est pour cela que la sortie d’un des tout premiers métrages du réalisateur chez Carlotta avec Bumpkin Soup, aussi connu sous le nom de The Excitement of the Do Re Mi Fa Girl, fait plaisir, et reste une sortie importante. Tourné en 1985, il s’agît pour le coup vraiment de l’un des tout premiers films du réalisateur, alors débutant, qui n’avait alors été que l’assistant de Somai sur Sailor Suit and Machine Gun en 1981. Alors oui, on trouvera bien des traces d’autres métrages avant, même dans les années 70, mais pour les trouver, c’est mission impossible. Bumpkin Soup lui nous arrive, restauré, dans une magnifique copie. Malheureusement, si le film n’est pas dénudé de qualités, il demeure aussi assez bancal.
Kurosawa doit donc livrer, dans les faits, un pinku. Alors oui, parfois, ça parle un peu de sexualité, les femmes se dénudent un peu, pour respecter le cahier de charge. Mais Bumkin Soup prend souvent une autre tournure, et surtout, s’avère un film bien différent de ce que le réalisateur fera par la suite. On pourrait bien voir là, déjà, les prémices de certains éléments récurrents de son cinéma à venir, mais le ton lui est aux antipodes. Nous sommes là face à une comédie absurde, au ton résolument léger, se voulant même parfois fun. Si on le compare à ce qui a fait la réputation du réalisateur par la suite, c’est l’exact opposé. Aki arrive dans une université pour retrouver l’homme qu’elle aime, et va se retrouver face à l’adolescence des années 80, avec ses étudiants qui pensent au sexe, ses professeurs qui sont un brin perchés, ses engueulades, ses musiques. Et Bumpkin Soup est un film qui, si je ne l’ai pas franchement apprécié, était une expérience intéressante. Intéressante pour voir les débuts de Kurosawa certes, mais aussi car on peut y voir pas mal de choses intéressantes. Dans sa mise en scène déjà, la caméra se permettant beaucoup de choses, entre des plans qui semblent flotter, des vues subjectives, des travellings précis, et des moments cadrés de manière étrange, presque volontairement mal cadrées, comme pour souligner le mal être des personnages à ce moment de leur vie. Tout ça, techniquement parlant, c’est une réussite, surtout vu la galerie de personnages, quasiment tous plus perchés les uns que les autres, et le professeur de l’intrigue ne viendra pas relever le niveau, lui qui passe de longues minutes à débattre avec ses élèves pour qu’ils arrêtent de demander « pourquoi ? » et se focalisent plutôt sur la découverte, et dont la quête sera de comprendre ce qui fait honte, que l’on met finalement toujours en avant (car oui, si on a honte de quelque chose, on le cache, et si on le cache, en face de nous, on ne remarque que ça, ce geste pudique). Beaucoup de choses intéressantes donc, et on peut y ajouter le fait que le film arrive à surprendre, vu son niveau d’absurdité, on ne peut jamais prévoir ce qui va venir lors de la scène suivante.
Sauf que tout ça, c’est souvent contrebalancé par leur opposé. C’est imprévisible car absurde, mais du coup, on reste souvent aux portes de cet univers, trop absurde pour vraiment être drôle, trop absurde pour vraiment être un film avec une intrigue simple qui se résume en quelques mots, si ce n’est les rencontres d’Akiko alors qu’elle recherche l’être aimé. Il y a bien des moments qui font mouche, qui parviennent à captiver malgré l’absurdité, comme ce passage chanté mi-parcours, où le film se change littéralement en comédie musicale, mais on se rend compte bien vite que l’on retient surtout des techniques, beaucoup de choses ayant attrait au langage visuel du film, plus qu’au reste, au film en lui-même et ce qu’il raconte. Le ton absurde du film lui donne clairement un côté léger, presque attachant, mais pas suffisant pour que l’on s’intéresse à cette quête de la honte ultime de la part du professeur, quête à laquelle finira par participer Aki. Les images sont travaillées, les scènes surprennent, entre les quelques dérives (ah l’expérience finale), les passages en mode documentaire VHS, ces personnages qui parlent face caméra, il y a également un côté très théâtral dans la façon dont les acteurs se déplacent dans le cadre, faisant du métrage un terrain d’expérimentation pour le réalisateur, mais également pour la jeune actrice Dôguchi Yoriko qui tenait là son tout premier rôle au cinéma, et s’exprime avec une sincérité presque touchante, mais c’est juste que l’assemblage de tous ces éléments ne prend jamais. Bumpkin Soup, malgré quelques rires, malgré ses idées, n’est jamais totalement intéressant, semble toujours vouloir aller plus loin sans trop savoir pourquoi. Est-ce que je regrette la découverte ? Non, du tout, car mine de rien, ça reste très court. Est-ce que je regrette mon achat ? Là par contre, un peu.

Les plus
Beaucoup d’idées visuelles intéressantes
Le passage chanté mi-parcours
Dôguchi Yoriko, mimi comme tout
Les moins
Le côté absurde beaucoup trop prononcé
Léger, un peu fou, mais jamais drôle
Pas toujours intéressant
En bref : Les débuts de Kurosawa au milieu des années 80 après quelques œuvres obscures et après avoir été l’assistant de Somai sont intéressantes, il expérimente beaucoup, mais au final, Bumpkin Soup est surtout un petit métrage pas toujours intéressant dans ce qu’il raconte, et une comédie pas franchement drôle en prime.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ So many interesting visual ideas ♥ The musical scene is great ♥ Dôguchi Yoriko is so cute |
⊗ Way too absurd ⊗ Light, a bit crazy, but never funny ⊗ Not always interesting |
| The first films of Kurosawa during the 80s, after a few unknown films and after being the assistant of Somai, well, those are interesting, he tried a lot of things, but in the end, Bumpkin Soup is mainly a little film, not always interesting, with an absurd story, and the comedic aspect doesn’t really work. | |





















Mouaip. Comme tu le sais, je n’ai pas aimé. Je crois ne pas être allé au bout d’ailleurs.
Je n’ai pas aimé non plus, je dis bien à la fin regretter un peu pour le coup mon achat, car du coup, il est dans ma collection maintenant, bien au chaud entre THE BRIDE WITH WHITE HAIR et A CERTAIN KILLER. Mais bien que ne l’ayant pas aimé, la vision a été intéressante sur certains points.